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Un think tank américain se penche sur l’organisation des élections marocaines de 2015

Le National Democratic Institute a organisé, le 18 et le 19 septembre, une première rencontre avec des politiques, des ONG et des fonctionnaires de l’Intérieur sur la réforme du processus électoral. Au menu : critiques et suggestions.  

Un think tank américain se penche sur l’organisation des élections marocaines de 2015
Reda Zaireg
Le 24 septembre 2014 à 17h55 | Modifié 24 septembre 2014 à 17h55

Le think-tank américain National Democratic Institute (NDI) a organisé les 18 et 19 septembre à Rabat deux journées afin de faire un tour d'horizon des principales revendications des acteurs politiques et associatifs. D’ores et déjà, le NDI prévoit une autre réunion en octobre qui débouchera sur la publication d’un mémorandum.

Driss Yazami, président du CNDH, a demandé "l'élargissement de l'accès aux élections" pour les personnes hospitalisées, les nomades, les naturalisés (qui ne peuvent voter que 5 ans après leur naturalisation), les MRE, etc.

M. Yazami a, également, déclaré que "le découpage électoral doit tenir compte de l'éloignement de certaines communes, et faire preuve de discrimination positive", et a annoncé que le CNDH prépare un mémorandum pour l'amendement de la loi 30.11 relative à l'observation des élections. 

L'une des interventions fortes de cette première journée est celle de Milouda Hazib, chef du groupe parlementaire du PAM. Elle a fustigé "l'absence de démocratie interne dans les partis politiques", ainsi que "l'absence de critères objectifs pour les promotions au sein des partis", en soulignant que ce sont majoritairement les femmes qui en font les frais.

"Dans les années 1970, on riait des femmes qui ambitionnaient de devenir parlementaires", a-t-elle ajouté, notant que même si le Maroc compte, aujourd'hui, 63 députées, "on n'a pas pu créer des personnalités politiques femmes, charismatiques. Il y a une volonté de n'en faire qu'une façade".

Elle a aussi consacré une partie de son intervention à la relation électeur-élu qui, selon elle, "est une relation utilitaire qui favorise les notables", portant donc un coup à la pratique politique. Elle estime que "s'il n'y a pas de pression qui vienne de l'intérieur des partis, il ne peut pas y avoir de changement".

Notabilité, absence de programme politique, manque de communication

La deuxième journée de la rencontre a été consacrée aux tables rondes, dont une sur l'administration des élections. Tayeb Bouaichi, président de la commission des élections au ministère de l'Intérieur, a présenté le projet de loi sur la révision des listes électorales.

Bouhaj Sahib, cadre au parlement marocain, a souligné que "le débat politique au Maroc est bipolaire. Il se déroule entre l'Etat et le corps politique", alors qu'il y a plusieurs autres acteurs impliqués. Il a, également, suggéré que "le découpage électoral corresponde au découpage culturel", afin d'aller de pair avec la régionalisation. Il s'est, ensuite, consacré à la question de la décrédibilisation du processus électoral, en indiquant que les partis ne participant aux élections y ont contribué en avançant, comme raison de leur non-participation, le manque de transparence et d'indépendance du processus.

Un participant de Tata a critiqué "l'absence de programme chez les candidats des régions rurales. On n'a donc pas sur quoi les juger s'ils ne font pas leur travail correctement".

Abdeljalil Bakkar, président de l'association Initiative Urbainea, de son coté, proposé "la simplification des procédures et du vocabulaire électoral. Il faut vulgariser, pour que les électeurs puissent pleinement comprendre le processus, et y participer en connaissance de cause". Il a, également, reproché aux partis politiques "leur manque de communication, lorsqu'ils négocient avec l'Etat ou entre eux, et arrivent à des accords", ce silence ne favorisant pas la création d'un climat de confiance entre les partis et les électeurs.

Abdellah Saibari, secrétaire général de la jeunesse USFPa, quant à lui, souligné que dans le processus électoral, "il y a eu des accumulations négatives, depuis 1956. A partir des années 1990, la pratique s'est démocratisée, mais le ministère de l'Intérieur garde, toujours, une marge de manœuvre importante". Il a, également, abordé la question du financement des campagnes électorales, estimant qu'il faut "repenser cette question, car les militants des partis ne peuvent plus financer, à eux seuls, une campagne".


 

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Reda Zaireg
Le 24 septembre 2014 à 17h55

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