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La pédagogie, talon d'Achille de l'école marocaine

Invité du forum de la MAP, le ministre de l’Education nationale Rachid Belmokhtar, a exposé les orientations de son département, ainsi que les différentes remarques, avis et recommandations tirées du débat national sur le système éducatif. L’occasion également de répondre à différentes questions en relation avec le sujet.  

La pédagogie, talon d'Achille de l'école marocaine
Amine Belghazi
Le 23 septembre 2014 à 15h38 | Modifié 23 septembre 2014 à 15h38

La rentrée scolaire 2014-2015 a apporté son lot de nouveautés notamment avec l’extension de l’expérience du baccalauréat option langue française à 45 établissements scolaires à l'échelle nationale, en y intégrant des établissements scolaires de niveau moyen, et contrairement à la première expérience qui n’a concerné que les meilleurs lycées. L'objectif est d’évaluer la possibilité de généralisation à l’ensemble des établissements du royaume.

Une autre nouveauté concerne le lancement du baccalauréat professionnel, avec la mise en place de passerelles qui permettent aux bacheliers de poursuivre leurs études dans le cycle de l’enseignement supérieur.

Plus crucial que ces réformes, il faut d’abord diagnostiquer le système éducatif marocain. C’est la raison pour laquelle le ministère a lancé un large débat national qui a vu la participation de 102.000 acteurs issus de différents milieux, dont 7% d’étudiants. Ce débat a impliqué quelques 6.000 écoles dont 48% se trouvent en milieu rural, et 15% d’écoles privées. Le ministre de l’Education assure que les rapports des différents établissements seront disponibles à partir du 25 septembre sur le site officiel du ministère.

Le diagnostic révèle de graves anomalies. "Arrivés à la troisième année de collège, le niveau des étudiants reste faible. Beaucoup d’entre eux ne savent ni lire, ni écrire. A titre d’illustration, seuls 3,6 étudiants sur 25, maîtrisent la langue arabe au bout de 9 ans d’études", a déclaré le ministre. L’objectif est d’arriver, au bout des 4 premières années passées à l’école primaire, à lire, à écrire et à parler les langues. D’où l’importance et l’urgence de revoir le système pédagogique.

Sur ce point, le ministre préconise d’ajouter à l’enseignement classique, une série d’activités ludiques qui permettent à la fois de réduire la quantité des manuels scolaires, tout en augmentant la qualité de l’enseignement. Le changement des curricula figure parmi les principales occupations de M. Belmokhtar, "nous procéderons par décomposition des profils et des objectifs à atteindre, tout en prenant en compte l’âge de l’enfant et sa capacité d’accumulation." Concrètement, il faut doter les étudiants d’outils pour l’apprentissage. Une autre priorité réside dans le renforcement des compétences des enseignants, à travers une formation adaptée, prenant en considération les différentes mutations technologiques.

Pourtant, le changement des programmes et des curricula ne peut intervenir sans la concrétisation de certains objectifs. "On ne peut pas réformer en profondeur tant que l’étudiant n’arrive ni à lire, ni à écrire, au terme de plusieurs années d’apprentissage", a déclaré le ministre. On peut donc légitimement craindre que le serpent de l’illettrisme se morde la queue. Comment changer un système dont on attend le changement ?

Concernant la question de la langue amazighe qui a été écartée lors de cette rentrée scolaire, le ministre a renvoyé la patate chaude au Conseil supérieur de l’éducation de la formation et de la recherche scientifique. "Cette question est actuellement en débat au conseil. C’est à lui d’émettre son avis sur l’adoption de la langue amazighe dans l’enseignement. Dès qu’il aura tranché, il ne nous restera plus qu’à suivre leurs recommandations", répond le ministre.

En tout, 4 principaux dysfonctionnements ont été identifiés. Il s’agit du choix pédagogique, de la gouvernance, des ressources humaines et de l’offre scolaire.

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Amine Belghazi
Le 23 septembre 2014 à 15h38

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