Air France s'enlise dans la grève des pilotes
Avec seulement quatre avions sur dix au décollage mercredi, le bras de fer entre Air France et ses pilotes ne semblait pas en voie de perdre de son intensité au troisième jour d'une grève que le Premier ministre demande maintenant "d'arrêter".
Une première assemblée générale de pilotes a débuté peu après 13 heures dans un hôtel à Roissy, avec plus de 250 pilotes, selon le SNPL, premier syndicat de pilotes. Cette réunion "d'information", a priori sans vote, vise à "montrer à la direction" que les grévistes "ne lâcheront pas", selon Julien Duboz, porte-parole du Spaf (deuxième syndicat). Elle fait suite à une nouvelle réunion de négociation avec la direction dans la matinée.
Depuis lundi, la grève est massivement suivie, par 60% des pilotes selon la direction (75% selon le SNPL AF Alpa). Autant de grévistes se sont déclarés pour jeudi, selon la compagnie, malgré l'appel de Manuel Valls à arrêter le mouvement. "Il faut arrêter cette grève" qui "n'est pas comprise", a réagi le Premier ministre peu après que son ministre de l’Économie Emmanuel Macron eut appelé l'entreprise "à quelques concessions".
Le préavis reconductible du SNPL court jusqu'au 22 septembre, ceux du Spaf (deuxième syndicat) et Alter (non représentatif) jusqu'au 20. A l'origine du conflit, les projets de développement de Transavia, la filiale low cost d'Air France, tant en France qu'en Europe: les syndicats affirment être pour mais s'opposent aux "conditions" proposées.
Défendant leurs conditions de travail, plutôt avantageuses, ils disent craindre à terme un transfert d'activité d'Air France vers sa filiale low cost. C'est un "projet de développement", "je ne comprends pas pourquoi tout le monde ne veut pas s'y associer", a dit mercredi le PDG d'Air France-KLM Alexandre de Juniac lors d'une visite à Roissy. "J'ai fait des propositions qui me semblent raisonnables", a-t-il estimé, regrettant depuis n'avoir "pas vu le début d'une évolution".
(Avec AFP)
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