Des associations appellent à se mobiliser en faveur des Subsahariens au Maroc
Les derniers meurtres de Subsahariens provoquent la colère des associations de défense des droits de l’homme qui appellent à manifester jeudi 11 septembre à Rabat. Elles demandent l’arrêt des crimes racistes et des expulsions.
Le meurtre du ressortissant sénégalais Charles Ndour n’a pas cessé de défrayer la chronique. Et pour cause, le jeune âgé de 26 ans a été victime d’un crime odieux, tué à l’arme blanche le 30 août dernier à Tanger. Plusieurs autres personnes ont été blessées, agressées par des dizaines d’assaillants. Mais leur calvaire ne s’arrêtera pas là.
Deux jours plus tard, un cortège composé d’un nombre important de migrants est sorti dans la rue afin de manifester sa peine et son indignation. La réponse des autorités ne s’est pas faite attendre : 26 des manifestants ont été arrêtés et jugés en moins de 72 heures. Ils ont écopé d’un mois de prison avec sursis et d’une amende de 1.000 DH.
Mais, au lieu d’être libérés, 20 des condamnés ont été expulsés par avion, tandis que les six autres ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur détention dans les sous-sols de l’aéroport Mohammed V de Casablanca. Ils ont finalement été libérés.
Ces agissements rompent avec le discours sur les nouvelles orientations du gouvernement en matière de migration, et rappelle des pratiques que l’on croyait révolues, surtout après l’annonce de la nouvelle approche humanitaire dans la gestion de la question migratoire, et la campagne de régularisation des sans-papiers lancée en janvier dernier.
Pourtant, l’année 2013 s’est soldée par la mort de 6 migrants subsahariens, victimes d’agressions racistes ou de bavures policières, parmi lesquels :
-Moussa Seck ressortissant sénégalais victime d’une chute de 4 étages lors d’une intervention policière,
-Alain Toussaint, Congolais mort après des suites d’une chute d’un fourgon de police en mouvement,
-ou encore Ismaïla Faye décédé à la gare El Kamra après une rixe avec un passager.
A ce triste constat, s’ajoutent les déportations massives et les expulsions, ainsi que le retard important de la campagne exceptionnelle de régularisation.
Cette sortie, prévue jeudi 11 septembre à 18h00 devant le Parlement de Rabat, sera donc l’occasion de dénoncer la multiplication récente des crimes racistes dans différents endroits du royaume.
Selon Lucile Dumas, membre d’Attac Maroc en charge de la question migratoire, « nous organisons cette manifestation afin de dénoncer la banalisation de ces crimes racistes et le traitement réservé aux migrants par les autorités marocaines, dont les arrestations et les expulsions. »
Et d’ajouter : « nous demandons au Maroc de mettre en œuvre la nouvelle politique migratoire sur laquelle il ne cesse de communiquer. Il est grand temps d’en appliquer les dispositions. »
Conscients que la question migratoire est à analyser à plusieurs niveaux, les membres d’Attac Maroc dénoncent également les pressions exercées par l’Union Européenne sur le Maroc. Ces pressions poussent le royaume à jouer le rôle de gendarme de l’Europe. « Il faut que l’Europe cesse d’exporter ces problèmes de migration vers les pays africains. C’est à l’Europe d’assumer ce rôle, pas au Maroc » s’indigne Mme Dumas.
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