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Au Maroc, le combat pour la survie de “l'or rouge” de l'agar-agar

"Toujours plus de plongeurs, toujours aussi peu d'algue rouge...", grimace Attibari, sur une plage d'El Jadida. Le Maroc, confronté à la raréfaction de cet "or rouge" de plus en plus convoité et à la précarité des familles qui en vivent, a pris des mesures drastiques. Mais le combat sera long.  

Au Maroc, le combat pour la survie de “l'or rouge” de l'agar-agar
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Le 9 septembre 2014 à 14h16 | Modifié 9 septembre 2014 à 14h16

Récoltée durant les trois mois d'été sur une petite partie de la côte Atlantique, cette plante permet la fabrication d'"agar agar", un gélifiant végétal qui a connu un développement important ces dernières années, en Europe notamment, au point d'entraîner une surexploitation massive, tout particulièrement dans la région d'El Jadida.

Sur la plage de Sidi Bouzid, tandis que les vacanciers profitent du soleil de fin d'été, Attibari Lemkhanter enfile ses vieilles chaussures en plastique et une combinaison sommairement recousue."Dans les années 1990 et 2000, on faisait jusqu'à 500 kilos d'algue rouge par jour. Mais depuis la plante est en voie de disparition", avance ce quinquagénaire.

Le Maroc a longtemps fait figure de premier producteur mondial d'agar agar, avant d’être dépassé par la Chine et le Chili, en 2006. Ce produit gélifiant est utilisé en cuisine et dans l'industrie agroalimentaire pour faire des gelées, confitures, glaces et bonbons. Il est préféré à la gélatine d'origine animale par les végétariens, les adeptes de religions interdisant la consommation de porc, et en raison de la défiance née de la crise de la vache folle dans les années 1990.

Sur la côte rocheuse d'El Jadida, ils sont nombreux - des milliers sans doute - à céder à la fièvre de la collecte de l'"or rouge". A l'aide de matériels de plongée souvent obsolètes, ces récoltes sont périlleuses: il faut parfois descendre jusqu'à 20-25 mètres pour constituer son maigre butin quotidien. "Beaucoup de personnes viennent à El Jadida en pensant que c'est un eldorado. Il n'est pas rare d'assister à des noyades de jeunes inexpérimentés", relève Attibari.

Après six à huit heures passées à bord de sa modeste barque, ce père de famille ramène son stock sur la terre ferme pour tenter de le vendre au meilleur prix. Depuis 2010, un "prix de référence" pour le récoltant a été fixé à 3,25 dirhams (30 centimes d'euros) le kilo, dans le cadre du "plan d'aménagement" de la filière décrété en urgence par le gouvernement.

"Plus qu'à mendier"

Car les autorités marocaines ont dû intervenir pour assurer la survie de l'algue, victime de surexploitation. En 2009, tandis que la récolte culminait à 14.000 tonnes, l'Institut national de recherche halieutique (INRH) avait "tiré la sonnette d'alarme", rappelle la secrétaire générale du ministère de la Pêche maritime, Zakia Driouich.

Engagées dans un vaste programme de valorisation du secteur halieutique, les autorités ont instauré des quotas ainsi que des périodes de repos biologique. "Si nous avions laissé la situation telle qu'elle était, il n'y aurait plus d'algue rouge", assure à l'AFP Mme Driouich, selon qui "l'INRH a observé dès 2011 un retour de 30% de la masse d'algue rouge".

Désormais, le quota total est fixé à 6.040 tonnes, dont 20% destiné à l'exportation. En raison de la hausse de la demande et de la baisse de l'offre, le prix de l'algue à l'export est passé "de 12 à 30 dirhams le kilo", fait valoir la responsable. D'après elle, il atteint même "plus de 200 dirhams pour l'agar agar".

Environ 80% de l'algue rouge est transformé en agar agar à Kenitra, l'unique usine de transformation du pays, au nord de Rabat. La quasi-totalité sera ensuite vendue à l'étranger.

Le secteur, dont le chiffre d'affaires avoisine les 350 millions de dirhams, "mérite d'être soutenu, plaide Zakia Driouich. Mais l'exploitation était totalement anarchique et il reste beaucoup de travail pour organiser la profession."

Déjà, le ministère a commencé à délivrer des courtes formations et des licences. Des équipements aux normes ont été remis à plus de 250 plongeurs. Insuffisant, rétorque Attibari, qui pointe l'extrême précarité du métier. "Si on tombe malade et qu'on se retrouve dans l'incapacité de plonger, il ne nous reste plus qu'à mendier", clame-t-il. Sur la plage de Sidi Bouzid, en plus des plongeurs, des dizaines de femmes et leurs enfants continuent également de collecter les algues rejetées par la mer.

(Avec AFP) 

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Le 9 septembre 2014 à 14h16

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