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ECONOMIE

Le Financial Times fait l’éloge de Casablanca Finance City

Le quotidien économique de référence se penche sur le cas de Casablanca Finance City, hub marocain prometteur. Il en dévoile, témoignages à l’appui, les points positifs et semble miser sur le potentiel de ce pôle.  

Le Financial Times fait l’éloge de Casablanca Finance City
Houda Outarahout-M.
Le 14 juillet 2014 à 16h29 | Modifié 14 juillet 2014 à 16h29

Casablanca sera-t-elle la nouvelle grande concurrente de Johannesburg ou de l’île Maurice, les deux principales places financières africaines ? Le Financial Times (FT), média de référence en économie et finance, semble le croire et flaire indiscutablement le potentiel de Casablanca Finance City (CFC), ce hub marocain lancé en 2010 qui poursuit l’objectif de devenir le centre financier du nord et de l’ouest africain.

Malgré certains retards entravant l’installation physique des firmes étrangères, le FT souligne que le CFC a réalisé de nombreux progrès et se targue de réussites notables, consacrées entre autres par le Global Financial Centres Index. Cet indice fiable répertoriant les places financières mondiales, inclut pour la première fois depuis mars dernier la place casablancaise dans ses prestigieuses colonnes, et lui accorde le 62e rang mondial mais également la seconde place en Afrique.

Ce titre, gage de crédibilité, s’est accompagné progressivement de l’installation de près d’une cinquantaine d’entreprises attirées par les promesses de ce hub. Ainsi depuis les quatre années qui ont suivi son lancement, le CFC a accueilli de grands noms tels que BNP Paribas, AIG ou Boston Consulting Group, mais également un certain nombre de gestionnaires d’actifs ayant obtenu le statut CFC tels que Invest AD, Onyx Wealth Managment et Silk Invest. Ces experts ont été séduits par le potentiel francophone de cette Afrique du nord et de l’ouest, au même titre que par les infrastructures proposées par CFC.

 Pour Saïd Ibrahimi, directeur général de CFC Authority, ce hub a été créé « pour fournir aux entreprises internationales une plate-forme stable leur permettant d’accéder au potentiel inexploité que l’Afrique a à offrir, mais aussi pour construire un écosystème d’affaires global pour le nord, l’ouest et le centre de l’Afrique ». La vision continentale est en effet au cœur de la réflexion de CFC, qui exige « une vocation africaine » pour accorder le précieux statut CFC aux institutions financières, aux multinationales et aux fournisseurs de services.

Si pour l’heure près de la moitié des candidats sont issus d’Europe, que 14% viennent des Etats-Unis, 7% du Golfe et que le près de 30% proviennent d’Afrique, ils bénéficient tous des avantages concédés par le statut CFC, à l’instar des incitations fiscales, des facilités de procédures de visa, de la libre gestion des actifs en devises étrangères. Outre ces commodités, le Maroc dispose de liens historiques et culturels avec l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Des relations de longue date qui favorisent la coopération sud-sud, souligne le FT.

« Le Maroc ne dispose pas des mêmes ressources que les pays voisins, mais bénéficie d’une stabilité » indique Youssef Lahlou, senior manager de Silk Invest, qui y voit le point d’orgue du développement des firmes marocaines (ex : Attijariwafa Bank) dans les pays limitrophes. Joseph Rohm, gestionnaire du portefeuille pour Investec African, rejoint son précédent homologue, et rappelle à quel point « les entreprises marocaines ont une stratégie de croissance accélérée en Afrique de l’ouest ». Cette expansion vers le sud n’est nullement anodine puisqu’elle renforce la position du Maroc en tant que hub régional.

Johannesburg et l’île Maurice, les deux centres financiers africains, n’offrent pas le même accès à cette Afrique de l’Ouest francophone. « Un centre financier régional dans le nord du continent prend alors tout son sens. D’autant qu’existe une longue affinité culturelle entre le Maroc et l’Afrique de l’Ouest » déclare Joseph Rohm.  

Onyx Wealth Managment, la société suisse de gestion d’actifs a également fait le choix du CFC pour ses liens avec l’Afrique francophone. « Nous allons commencer par le Maroc et irons vers le Sud quand nous y verrons les opportunités » explique Philippe Natalizzi, associé au sein de la firme. Et d’ajouter : « nous espérons apporter une architecture ouverte qui n’existe pas à l’heure actuelle, dans la mesure où les banques locales ne proposent que leurs produits ».

Pour cet expert d’Onyx, le hub casablancais présente toutefois certains « inconvénients ». « Casablanca n’est pas aussi sophistiquée que les centres financiers en Europe. Mais ils y travaillent dur, et nous pensons qu’il est plus judicieux d’y être plus tôt que tard », tempère Philippe Natalizzi. Un optimisme qui semble encouragé par les grandes ambitions de Saïd Ibrahimi pour le CFC.

« Le but premier de toute place financière en Afrique devrait se charger de rendre le flux des affaires aussi simple, prévisible et fiable à l’instar de transactions en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon ». Pour le FT, cet objectif semble encore loin d’être rempli mais dépend amplement désormais des efforts fournis pour le développement de ce hub. « Les structures appropriées sont mises en place, indique Saïd Ibrahimi, une grande partie dépendra désormais de la livraison et du soutien que le gouvernement nous apportera ».

Le directeur général de CFC Authority est indiscutablement conscient des défis à relever et signale sans ambages que « les investisseurs en Afrique ont rencontré des problèmes en terme de logistique, de stabilité mais également en matière de gouvernance et d’infrastructures ». Toutefois, selon Saïd Ibrahimi, les pays africains prennent de plus en plus conscience de ces lacunes. CFC existe pour appuyer et accompagner ces changements et devenir, selon les termes de Youssef Lahlou, « la principale porte d’entrée pour l’Afrique subsaharienne ».


 

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Houda Outarahout-M.
Le 14 juillet 2014 à 16h29

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