Le drame des effondrements de Casa vu par la Protection civile
Agir plus vite et sans arrêt! C’est ce que demandent une bonne partie de citoyens aux secouristes opérant sur les lieux du drame. Une attente qui peut paraître légitime de prime abord. Mais la rapidité va-t-elle de pair avec l’efficacité dans pareil sinistre? Pas si sur, selon la version de la protection civile.
Sur les réseaux sociaux, les internautes crient au scandale. Dans leur colère face au drame, au nombre croissant des morts et au désarroi des victimes et de leurs familles, ils se lâchent. "Cela fait plus de trois jours que les éléments de la protection civile s’activent sur place. Et ils n’ont toujours pas réussi à sortir toutes les victimes des décombres. Qu’en serait-il s’il s’agissait d’un tremblement de terre? Nous aurions tous rendu l’âme". Ce genre de commentaires foisonne sur le net.
Nous sommes lundi 14 juillet et l’opération de secourisme n’est pas encore terminée. Cette situation serait-elle symptomatique d’un quelconque laxisme? Le mode opératoire des sapeurs pompiers souffrirait-il d’une déficience en moyens techniques et humains ou répondrait-il plutôt aux règles requises en matière de prudence et de gestion de risque?
"Ce n’est pas une mince affaire. Le facteur temps est certes crucial, mais il faut le gérer en tenant compte de plusieurs paramètres qui conditionnent le succès de l’opération de secourisme", lance d’emblée un responsable à la Protection civile.
Et d’expliquer, "il faut y aller doucement, s’arrêter de temps à autre pour procéder aux opérations d’étaiements. Sinon, tout va s’écrouler sur la tête des secouristes. C’est une responsabilité qu’il ne faudra pas négliger. Il nous est également interdit de recourir dès le début aux trax et autres moyens lourds, certes rapides, mais très dangereux pour les victimes encore en vie sous les décombres. Agir autrement est une faute professionnelle grave".
Quid des moyens techniques dont ils disposent?
"Contrairement aux idées reçues, nous sommes très bien équipés. Prenons le cas des télémètres laser. Ce matériel est capable de mesurer toute inclinaison des structures menaçant ruine et de déterminer le degré de stabilité des cloisons. Si elles bougent de quelques millimètres, le signal est donné aux éléments de la protection civile pour évacuer les lieux. Nous disposons aussi de caméras de détection infrarouge nous permettant de déterminer où se trouvent exactement les victimes ainsi que de vibraphones 3D capables de détecter des bruits de très faible intensité émanant d’une victime sous les décombres et ce jusqu’à 40 m de profondeur et dans un rayon de 60 m. En outre, une équipe médicale est sur place pour apporter les soins nécessaires avant l’intervention des brancardiers", selon la même source.
En plus des moyens de recherche technique, d’autres biologiques sont mis à contribution. Des chiens labradors formés à cet effet prêtent main forte depuis le début de l’opération de secourisme. Et là aussi, le besoin de s’arrêter s’impose pour leur permettre de travailler dans de bonnes conditions. "C’est une question d’odorat. Il faut donc s’arrêter pendant une quinzaine de minutes et aérer les lieux afin de permettre aux chiens de se concentrer sur les odeurs dégagées par les victimes", poursuit-il.
Notre interlocuteur qui a requis l’anonymat déplore le manque frappant de culture de balisage. A qui incombe la faute? "Les gens ne respectent ni le balisage ni le périmètre de sécurité. Certains le font de bonne foi en pensant donner un coup de main, mais ils ne sont pas formés en la matière et peuvent provoquer le pire chez des victimes vulnérables ou présentant des cas d’hémorragie interne par exemple".
Selon le bilan officiel de dimanche soir, 23 personnes ont trouvé la mort dans l’effondrement des trois immeubles du quartier Bourgogne. Une soixantaine de personnes ont pu être sauvées.
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