Permis de conduire: le remplacement impossible
Le ministère des Transports dit avoir tout prévu. Il multiplie les communiqués impérieux: il faut remplacer les anciens permis papier par les nouveaux électroniques. Mais le système multiplie les loupés, c'est tout sauf simple, l'interface informatique a des bugs et le numéro de téléphone ne semble pas répondre.
Sur le papier si j’ose dire, le ministère de l'Equipement, du transport et de la logistique a tout prévu: une vingtaine d’agences réparties sur le territoire national pour renouveler au minimum quelques dizaines de milliers de permis de conduire ; une prise de rendez-vous automatisée sur Internet ; la concession de cette opération exigeant organisation, rigueur et technologies ayant été confiée à L’OPERATEUR national de référence, M2M. Sauf que ça ne marche pas.
Et si vous ne disposez pas de beaucoup de temps libre, de solides épaules, d’un sang-froid à toute épreuve, vous n’arriverez jamais à remplacer le document en question.
M2M, concessionnaire de l’opération, a créé un site dédié. Essayez de prendre rendez-vous. Vous verrez que tous les formulaires que vous remplissez sont rejetés. Bien entendu, après la lecture de cet article, il se peut que les responsables du site ou du ministère réparent les bugs. Mais ce que nous relatons, c'est du vécu.
Essayez d’appeler au téléphone pour prendre RDV. Il suffit théoriquement d’appeler le 0890 600 535, au modeste tarif de 6.72 DH ttc/min depuis un poste fixe. Après cinq tentatives et une vingtaine de minutes d’attente, aucun résultat, mais le compteur de la durée de l’appel lui s’est bien déclenché. Bref, c’est compliqué, c’est cher et ça rapporte gros à M2M.
Je me déplace sur place pour prendre le rdv. Après tout, avec deux agences pour une petite bourgade comme Casa, ce n’est pas très compliqué. Je trouve l’agence reconnaissable de loin aux dizaines de quidams attroupés et aux hurlements, vociférations et cris. Au bout de quelques dizaines de minutes, un préposé vérifie mon dossier et me donne rdv, qu’il inscrit sur un bout de papier sans en tête.
J’arrive le jour du rdv : deux cents personnes au moins sont agglutinées. Après quelques dizaines de minutes et deux ou trois bousculades, me voici devant un préposé qui exige le petit bout de papier sur lequel figure mon heure de rdv. Ensuite, il exige de nouvelles photocopies, car j’ai oublié de vous dire qu’entre les communiqués du ministère, le site Assiaqa Card et le préposé, il y a comme de légers différends.
Mais il n’y a pas de quoi fouetter un chat, re photocopies, et entre temps, la foule a grossi. Impossible d’accéder.
Le dernier communiqué du ministère, en date du 21 mai, insistait sur le respect de l’échéancier et se concluait en ces termes: “ ces délais sont définitifs et ne peuvent être prorogés et il appartient aux personnes concernées d'assumer leur responsabilité en cas de non-renouvellement de leur permis pendant lesdits délais“.
Et si le ministère assumait ses responsabilités?
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