Du papier à la réalité: le Solar Decathlon invente la maison de demain
«Passer du papier à la réalité»: le Solar Décathlon offre à Romain, l’un des 800 jeunes architectes et ingénieurs du monde entier, l’opportunité de bâtir à taille réelle la maison de demain, écologique et autosuffisante... pour un résultat époustouflant.
Il n’aura fallu que onze jours pour les fabriquer, et leurs silhouettes mêlant verre, céramique, bois brut, surfaces végétales et panneaux solaires se dressent fièrement sur le site des Mortemets, aux confins des jardins du château de Versailles, à la veille de l’inauguration de la manifestation par la ministre du Logement, Sylvia Pinel.
Casque de chantier vissé sur la tête, fébriles, filles et garçons d’une vingtaine d’années travaillent d’arrache-pied pour finir dans les temps, sous peine d’être disqualifiés : le Solar Decathlon est une compétition universitaire internationale, où s’affrontent 20 équipes venues de 17 pays (Allemagne, Suisse, Roumanie, Etats-Unis, Japon, Thaïlande, Costa Rica, Mexique, Chili...)
Leur défi: construire un prototype d’habitat fonctionnel, dont le soleil est la seule source d’énergie.
«En France on dit souvent: Les architectes sont fous, les ingénieurs sont chiants. Là on travaille tous ensemble sur du concret, on trouve des compromis entre l’esthétique et la réalité constructive», se réjouit le Nantais Romain Buchet, qui comme ses co-équipiers, a peu dormi pour boucler le chantier.
Baptisé Phileas, son projet imagine la réhabilitation de Cap 44, un bâtiment industriel du 19e siècle aujourd’hui désaffecté, au bord de la Loire, que les Nantais voient comme «une verrue dans le paysage».
Des cultures maraîchères sous une vaste verrière posée sur le toit, des logements le long d’une passerelle conçue comme une grande percée vers le fleuve, la scénographie du projet est présentée au fil de la visite du module prototype.
«Pas la petite maison dans la prairie»
Car du 28 juin au 14 juillet, la manifestation ouvre gratuitement ses portes, et les jeunes concepteurs feront office de guides.
Notés sur 10 critères - architecture, ingénierie et construction, bilan énergétique, innovation, durabilité- par un jury que présidera le navigateur Michel Desjoyeaux, ils devront aussi briller par leur capacité à parler de leur projet.
«Il ne s’agit pas de construire La petite maison dans la prairie en pleine nature, comme on le ferait aux Etats-Unis, mais d’inventer l’habitat collectif de demain et de réhabiliter la ville», explique l’un des responsables, Vincent Jacques Le Seigneur.
De fait chaque projet s’enracine fortement dans une culture et un patrimoine architectural particuliers, pour répondre aux problématiques et aux besoins sociaux d’un pays.
Ainsi le projet néerlandais The Skin prévoit-il de réhabiliter les petites maisons de briques, véritables passoires énergétiques, construites aux Pays-Bas pendant les Trente Glorieuses. Il y en aurait 1,4 million.
Pour un coût minimal et des travaux réalisables sans reloger les habitants, elles sont «relookées, recouvertes d’une seconde peau qui fait office de bouclier thermique», avec une serre solaire et un toit végétal, explique l’un des concepteurs, George Xexakis.
Comme nombre de PME et de grandes entreprises partenaires à qui ces projets innovants offrent une superbe vitrine - elles y invitent d’ailleurs leurs clients à découvrir leur savoir-faire-, la société néerlandaise Nobutec a fabriqué la structure adaptable, qui pourrait être rapidement commercialisée.
Un peu plus loin, un projet franco-chilien, la Casa Fenix, est le fruit d’une réflexion sur les lacunes de l’hébergement d’urgence. «Après un tremblement de terre, les familles sont souvent relogées dans du provisoire qui dure des années», rapporte Pierre Maudet. Antisismique et faite de poutres de bois fixées par des boulons vissés à la pince, elle se monte «comme un meuble Ikea», dit Pierre, en différents modules qui forment une petite maison durable.
Inspirée de l’architecture traditionnelle thaïlandaise, la maison Adaptive House, elle, est construite sur pilotis afin de résister aux inondations, tandis que l’habitat suisse Your, aux finitions très design, mutualise les pièces d’habitation «pour réduire la consommation d’espace qui a grimpé à 45 m2 par personne», explique l’un de ses concepteurs, Hanspeter Burgi.
à lire aussi
Article : Catastrophes naturelles : le nouveau système que prépare l’État pour mieux alerter les citoyens
Ouverte ce mercredi 24 juin 2026 à Casablanca, la consultation nationale sur les systèmes d'alerte précoce dresse le bilan d'un dispositif en pleine mutation. Face à la recrudescence des phénomènes extrêmes, le Maroc mise sur la haute technologie, l'intelligence artificielle et une couverture cartographique totale pour protéger ses populations et sécuriser ses infrastructures vitales.
Article : ASMEX : comment Sonia Mezzour a gagné une élection bien plus disputée que prévu
Après plusieurs semaines de tensions autour de ses statuts et de son processus électoral, l’ASMEX a finalement tenu, mardi 23 juin, son assemblée générale élective dans un climat apaisé. Sonia Mezzour a été élue présidente au terme d’un scrutin serré. Elle prend la tête d’une association appelée à tourner la page des crispations internes et à ouvrir rapidement le chantier de sa gouvernance.
Article : Énergie : le bureau de l’ONUDI au Maroc certifié ISO 50001, une première mondiale pour l’organisation
Le site de Rabat couvre désormais près de 40% de ses besoins électriques grâce au solaire, après l’installation de panneaux photovoltaïques, le passage à l’éclairage LED et la modernisation de la climatisation. Selon l’agence onusienne, ces mesures ont permis de réduire de 25% la consommation globale et de plus de 60% les émissions de carbone.
Article : Le Grand Stade Hassan II primé aux Architizer A+Awards 2026
Le futur fleuron sportif marocain a reçu le prix du jury dans la catégorie des projets sportifs non encore construits.
Article : Logistique : Colis.ma s’étend au Sénégal et lance son premier corridor en Afrique de l’Ouest
Spécialisée dans les échanges entre le Maroc et l’Europe, Colis.ma poursuit son développement avec l’ouverture d’un corridor logistique vers le Sénégal, première étape de son expansion sur le continent africain.
Article : Enquête. Le scandale silencieux des avoirs en déshérence : pour un dirham rendu aux héritiers, deux partent au Trésor
Chaque année, des millions de dirhams oubliés par leurs propriétaires ou leurs héritiers glissent discrètement vers les caisses de l'État. Au Maroc, la loi organise le transfert des avoirs en déshérence mais impose peu d'obligations pour retrouver leurs bénéficiaires. Enquête sur une zone peu explorée du système financier dont l'ampleur réelle demeure inconnue.