Nouzha Skalli: “Nabil Benabdellah ne m’a jamais pardonné ma candidature“
A l’issue du vote du samedi 21 juin qui a renouvelé les membres du bureau politique du PPS, Nezha Skalli n’a pas été réélue. Elle dénonce des “fraudes“ entrainant son éviction et révèle les raisons de son recours auprès de la commission de contrôle du parti.
Dans un entretien téléphonique avec notre rédaction, Nouzha Skalli revient sur les conditions de l’élection des membres du bureau politique du PPS qui ont entraîné son exclusion de cette instance.
Les raisons de la rupture
En préambule, elle affirme que le SG du PPS, Nabil Benabdellah ne lui a jamais pardonné de s’être portée candidate contre lui lors de l’élection du secrétaire général ayant eu lieu le 1e juin dernier.
L’ex-membre du bureau politique avance que pour la dissuader de se présenter à cette fonction qu’il briguait, il n’avait pas hésité à envoyer plusieurs émissaires lui enjoignant de retirer sa candidature.
Elle assure qu’il avait très mal pris la chose et que leur rupture date de ce jour même si au bout du compte, elle avait fini par lui laisser le champ libre en se retirant de la course au secrétariat général.
Nouzha Skalli déclare que faisant fi de toute considération démocratique, ce dernier se considère comme étant le seul habilité à diriger le PPS et qu’elle a fait les frais de son ostracisme belliqueux.
La députée pense aussi que son discours féministe le gêne car son éviction programmée est un appel du coude opportuniste de Nabil Benabdellah au chef du gouvernement.
Ce qu’elle considère comme une éjection est un acte politique calculé qui obéit à une volonté de rapprochement avec un parti (PJD) et son secrétaire général qui place la question féminine au second plan de ses priorités.
Elle en veut pour preuve l’absence de réaction de Benabdellah après les déclarations polémiques de Benkirane sur la place de la femme dans la société marocaine.
Joint par notre rédaction, Nabil Benabdellah refuse de commenter les allégations de Nouzha Skalli et déclare qu’il faut que son ex-collègue du bureau politique apprenne à respecter les règles de la démocratie même si elles doivent être douloureuses.
Une éviction programmée ?
A l’appui de ses dires, Nouzha Skalli assure que les événements du week-end dernier prouvent s’il en était besoin que Benabdellah avait projeté très tôt de la punir en organisant son expulsion du BP.
Revenant sur le déroulé des élections de samedi soir, elle déclare que le dépouillement des votes dans les 20 bureaux de vote s’est achevé samedi soir à 22 heures 30.
Elle poursuit que ce n’est qu’à 5 heures 30 du dimanche matin que le secrétaire général a présenté lui-même les résultats du scrutin en ordonnant aux membres habilités à cette tâche de se reposer.
Devant ce scénario inhabituel, Nouzha Skalli se dit persuadée qu’entre la fin du scrutin et l’annonce des résultats, “des manipulations électorales orchestrées par le SG ont eu lieu pour maquiller les résultats“.
La méthode utilisée a été la perfusion de voix pour aider ses amis à intégrer le BP et exclure les membres de l'ancienne équipe constituant un frein à sa volonté hégémonique de contrôler l’appareil du parti.
Pour illustrer sa thèse, elle assure que selon ses supporters, il a été demandé avant la tenue du scrutin aux dirigeants du parti de faire pression sur les militants afin qu’ils ne votent pas pour elle. L’objectif étant d’orienter les résultats finaux du scrutin selon les désidératas de Nabil Benabdellah.
L’ancienne ministre de la famille demande à voir les résultats complets par bureau de vote et la liste des vrais élus en se disant sûre qu’au mépris de toutes les règles de transparence, ces derniers ne seront jamais publiés.
Certaine d’avoir été élue même si les premiers estimations l’ont classée 36e sur les 35 membres élus du BP, elle dénonce une injustice flagrante l’ayant exclue de l’organe décisionnel du parti qu’elle a toujours servi loyalement et où elle assure compter de nombreux soutiens.
Le dépôt de sa plainte auprès de la commission de contrôle politique du parti qui remet en cause les résultats du scrutin est un acte citoyen avec une signification politique traduisant son inquiétude sur l’avenir du PPS, dit-elle.
Nouzha Skalli assure que même si sa plainte n’aboutissait pas, elle n’envisage pas un instant de quitter de sitôt les rangs du parti du livre.
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