Standard & Poor’s améliore la note du Maroc de perspective négative à stable
"Les perspectives sur le Maroc sont révisées à stables, vu la réduction du déficit budgétaire et des comptes extérieurs". C’est ainsi que les analystes financiers de S&P titrent ce vendredi 16 mai 2014 leur plus récente note d’analyse sur les comptes du pays.
Selon S&P, "les déficits budgétaires et extérieurs du Maroc continueront à s’améliorer, soutenus par les plans de consolidation du gouvernement et les réformes, ainsi qu’un environnement extérieur plus favorable".
"En conséquence, ajoute S&P, nous révisons notre perspective sur le Maroc de négative à stable". Pour S&P la note à long terme du Maroc est BBB-. Et A-3 à court terme, aussi bien pour la dette en devise qu’en dirhams, avec perspective stable.
Détaillant son argumentation de l’amélioration de la note du Maroc, S&P estime que la nouvelle évaluation "reflète notre point de vue que les réformes orientées vers la croissance vont continuer et que les importants besoins de financements du Maroc seront satisfaits grâce aux investissements directs étrangers (IDE) et l’accès aux marchés des capitaux du secteur public et des grandes entreprises privées".
Les notations des agences de notation financière (rating) dont les trois principales sont S&P, Moody’s et Fitch sont réalisés à la demande des pays et des grandes entreprises qui souhaitent avoir accès aux marchés des capitaux.
Un fardeau de la dette publique modéré
S&P dans sa note publiée ce 16 mai 2004 – date-anniversaire des funestes attentats de Casablanca du 16 mai 2003- s’attend à ce que "les équilibres budgétaires tendront à s’améliorer au cours des deux à trois prochaines années", aussi longtemps que "nos hypothèses sur la croissance marocaine et la croissance de la zone euro tiennent", précise tout de même S&P qui insiste sur les bonnes tendances macroéconomiques et politiques marocaines. "Les notations du Maroc sont supportées par les perspectives de croissance, une charge de la dette publique modéré et une stabilité politique et sociale".
Selon S&P, la notation marocaine demeure contrainte par les bas niveaux de revenus moyens et les besoins sociaux, et une relativement importante vulnérabilité à l’environnement extérieur. L’agence londonienne souligne, outre les efforts publics pour améliorer la croissance et la compétitivité, ceux réalisés pour la productivité et la baisse des subventions publiques.
Politiquement, S&P parie également sur un gouvernement de coalition mené par le PJD et soutenu par le RNI qui restera au pouvoir jusqu’à la fin de la législature en 2016. L’agence note que la facture des subventions publiques a baissé de 2 points de PIB en 2013 passant de 6,5 à 4,5%, notamment grâce à la baisse drastique de subventions sur l’énergie. Après un déficit budgétaire de 7,3% en 2012 et 5,4% en 2013, S&P table sur un chiffre de 5,2% en 2014 et 4% en 2017. "Pour obtenir de meilleures performances, note S&P, il faudrait les porter sur la masse salariale publique qui constitue 13% du PIB".
Pessimisme autour de la masse salariale publique
S&P met également le doigt sur quelques faiblesses des comptes publics: la faiblesse de l’assiette fiscale et la situation de la CMR qui enregistrera son premier déficit en 2015 et qui, citant le FMI, "épuisera ses réserves en 2021" dans sept ans. L’agence anglaise se montre en revanche pessimiste sur les possibilités de progrès en matière de masse salariale publique.
Sur l’équilibre de la balance des comptes courants, S&P fait quelques remarques pertinentes notant que les efforts actuellement faits sur la réduction des subventions aux produits énergétiques sont effacés par la facture du blé importé. S&P note également que les exportations des industries automobile, aéronautique et électronique commencent à rapporter au pays plus que les exportations de produits textiles.
S&P note également que sur les cinq milliards de dollars promis au Maroc par les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sur la période 2012-2017, équivalent à 5% du PIB officiel marocain, 600 millions de dollars ont déjà été déposés chez Bank al Maghrib, tandis que Rabat s’attend à un milliard supplémentaire en 2014 [en réalité, des montants nettement supérieurs ont été débloqués, cf nos informations]. Les réserves de changes du Maroc se montent aujourd’hui à 16% de son PIB note S&P, environ 4 mois et demi d’importations, contre 27% du PIB en 2007, la "dernière bonne année" avant la crise économique qui a frappé la zone euro. Enfin, toujours côté finances, S&P note qu’en cas de choc extérieur, le Maroc peut recourir à la facilité de 6,2 milliards de dollars accordée par le FMI.
Enfin sur les années 2015, 2016 et 2017, S&P prévoit un PIB marocain de 123, 131 et 140 milliards de dollars, un PIB/habitant passant de 3.649 dollars à 3.827 puis 4.046 dollars, ceci grâce à un taux de croissance de 4,2% en 2015, puis 4,5% en 2016 et 5% en 2017.
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