Entre 2005 et 2012, les protestations en progression exponentielle au Maroc
Selon une étude du sociologue Abderrahmane Rachik, les mouvements sociaux n’ont cessé de prendre de l’ampleur lors de la dernière décennie, et ils gagnent de plus en plus les petites villes et l’espace rural.
Commandée par l’ONG Forum des alternatives Maroc (FMAS), une récente étude réalisée par le sociologue Abderrahmane Rachik montre l’évolution de la contestation de rue au royaume. Ainsi, on est passé de quelque 700 manifestations enregistrées dans tout le pays en 2005 à plus de 17.000 en 2012. L’évolution, explique l’étude, a connu une croissance régulière pour s’accélérer avec le déclenchement des protestations du mouvement du 20 février, début 2011.
Par ailleurs, un changement de la configuration des luttes sociales a été observé par le sociologue. Ainsi, nous ne sommes plus face à une lutte syndicale que celle-ci soit le fait de syndicats étudiants ou d’organisations ouvrières. “La politique massive du logement social engagée en faveur des habitants des bidonvilles, à partir de 2004, la réalisation de réseaux routiers, l’électrification des zones rurales, l’INDH, le RAMED stimulent les revendications sociales qui étaient jadis ponctuelles et isolées” poursuit l’étude.
En outre, M. Rachik explique que de nouveaux motifs de protestation voient le jour, avec l’ouverture politique, mais également avec l’implication de plus en plus claire de l’Etat et le déclenchement de politiques publiques. A l’exception des luttes pour de meilleures conditions de travail ou contre le chômage des diplômés, la protestation contre la marginalisation prend de plus en plus d’ampleur.
Celle-ci a représenté en 2012 6% des activités protestataires. Le rejet des réformes politiques, la solidarité avec les victimes d’injustices, les revendications liées au droit au logement et à l’insécurité sont dans les mêmes proportions.
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