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ECONOMIE

Risque politique, le Maroc très bien classé en Afrique et zone Mena

AON, leader mondial dans la gestion des risques, publie la carte 2014 des risques politiques dans le monde. Le Maroc apparait comme l’un des pays d’Afrique les moins risqués. Certains signaux demeurent toutefois sous surveillance. C’est bien, mais peut mieux faire.  

Risque politique, le Maroc très bien classé en Afrique et zone Mena
Mélanie Xuereb
Le 18 avril 2014 à 17h21 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

AON évalue les risques politiques dans 163 pays à travers le monde. Les risques analysés sont au nombre de 8 :

·         Transferts de devises,

·         Changements législatifs,

·         Interférence politique dans l’économie locale,

·         Instabilité et violence politiques,

·         Non-paiement de la dette souveraine,

·         Rupture de la chaîne d’approvisionnement,

·         Vulnérabilité du secteur bancaire,

·         Capacité du gouvernement local à stimuler l’économie et freins au commerce.

En fonction du niveau de risque qu’ils présentent, les pays sont classés selon 6 niveaux de risque :

·         Faible ;

·         Moyen-faible ;

·         Moyen ;

·         Moyen-élevé ;

·         Elevé ;

·         Très élevé.

Le cas du Maroc

Le Maroc est classé parmi les pays à risque moyen, soit au même niveau de risque que quelques pays, la Namibie, la Zambie, le Mozambique, l’Afrique du Sud, l’Ouganda ou encore le Ghana. Sur le continent africain, seul le Botswana présente un risque moins élevé, de niveau moyen-faible.

En Afrique du Nord, le Maroc est loi devant tous les autres pays. La Tunisie est classée oyen-élevé (tout comme la Russie, le Burkina, le Nigéria, le Sénégal ou le Pakistan). Dans la catégorie risque élevé, on retrouve l’Algérie et la Libye, ainsi que l’Egypte, la RCA et l’Ethiopie.

Au sein de la région Mena le Maroc se situe au même niveau de risque que l’Arabie Saoudite et derrière la Qatar, les Emirats Arabes Unis, Oman, le Koweit et Barhain, dont le niveau de risque est moyen –faible.

Le classement du Maroc en risque moyen se justifie, selon AON, par un risque significatif dans 7 des 8 domaines sous surveillance :

·         Transferts de devises : ce qui est pointé du doigt ici par AON ce sont les contrôles exercés sur les changes et les mesures de restrictions sur le compte en capital mises en place par la Banque Centrale.

Si la libéralisation progressive du compte de capital amorcée avec le récent assouplissement de la législation sur les comptes en devise se confirme, ce risque pourrait s’atténuer, voire disparaître de la liste des risques significatifs ;

·         Changements législatifs : Ce risque comprend des mesures de l'efficacité du gouvernement, la primauté du droit, les droits de propriété plus larges et la qualité de la réglementation. Cette icône des risques a été ajoutée cette année pour le Maroc comme pour 16 autres pays dans le monde ;

·         Instabilité et violence politiques : Selon la carte 2014 spécifique aux risques liés au terrorisme et à la violence politique, le Maroc présente un niveau de risque moyen dans cette catégorie. Ce sont d’une part les risques liés au terrorisme et au sabotage et d’autre part ceux liés aux grèves et émeutes qui sont jugés significatifs;

·         Non-paiement de la dette souveraine : Ce risque mesure à la fois la capacité et la volonté du pays de rembourser sa dette, et tient compte de la politique fiscale, des risques politiques et de la primauté du droit.

Il faut cependant souligner ici que selon l’analyse de soutenabilité de la dette publique du FMI et de la Banque mondiale, un défaut de paiement sur la dette souveraine est largement improbable. C’est donc davantage ici le déficit budgétaire qui est sanctionné.

Mais là encore, si le gouvernement tient ses engagements et ramène le déficit budgétaire à 3% du PIB d’ici 2017, ce risque pourrait s’atténuer ;

·         Rupture de la chaîne d’approvisionnement : les experts d’AON estiment que la circulation des biens et services est exposée au risque d’instabilité politique, sociale, économique ou environnementale.

Ce risque est, semble-t-il, davantage lié à d’éventuelles difficultés que pourraient rencontrer les entreprises dans l’importation de leurs intrants du fait de la relative faiblesse des réserves de change ;

·         Vulnérabilité du secteur bancaire : le secteur bancaire marocain a fait preuve de résilience face aux perturbations engendrées par la crise financière mondiale et la récente réforme de la loi bancaire vise à renforcer cette résilience. C’est donc davantage la frilosité du système bancaire à financer l’économie en général et les entreprises en particulier qui est ici mis en exergue ;

·         Capacité du gouvernement local à stimuler l’économie: ce risque renvoie directement à l’incapacité du gouvernement à mettre en place une politique budgétaire crédible apte à stimuler l’économie et à renforcer la confiance des investisseurs. Ce risque fait écho au récent constat fait par le CESE de la faible contribution des politiques sectorielles à la croissance.

Le risque politique du Maroc est resté stable par rapport à l’analyse de l’en dernier et une icône supplémentaire de risque a même été ajoutée. Les efforts de réformes du gouvernement n’ont donc semble-t-il pas été suffisants pour convaincre les experts d’AON de relever leur évaluation.

Le Maroc doit continuer les réformes pour convaincre.

Les cartes sont consultables sur le site AON.

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Mélanie Xuereb
Le 18 avril 2014 à 17h21

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