Le New York Times célèbre les esthètes de Tanger
Sous la plume d’Andrew O’Hagan, le magazine du quotidien new-yorkais a publié ce week-end un long reportage sur les esthètes de Tanger, une dizaine de figures américaines et européennes qui ont choisi de vivre dans la cité du nord du Maroc depuis plusieurs années.
Décrite comme un lieu où « l’excentricité est célébrée, où les exilés fiscaux et les étrangers s’épanouissent sous le soleil de la mi-journée », Tanger y est également racontée comme « un lieu de l’esprit », un lieu entre l’Atlantique et la Méditerranée, entre l’Europe et l’Afrique. « En effet, écrit Andrew O’Hagan, c’est peut-être la recherche de la nouveauté dans un vieux port » qui a amené ces gens-là.
Outre un long descriptif de « l’esprit de Tanger » et des éléments sur l’attraction de pour des peintres français tels que Delacroix et Matisse, des écrivains américains tels Paul Bowles, Tennessee Williams et William Burroughs ou encore des personnalités comme Yves Saint Laurent, l’article zoome sur des esthètes qui ont choisi de vivre à Tanger depuis 20, 30 ou 40 ans. Pour eux, « une vie consacrée à la beauté atteint son plein épanouissement dans ce concentré nord-africain d’histoire et d’hédonisme ».
Outre les personnalités citées dans l’article du journal américain, Tanger reste aussi la ville –ou une des villes- d’inspiration du couturier Kenzo et du décorateur, aujourd’hui décédé, Alberto Pinto, du mécène et homme d’affaires Pierre Bergé qui y a racheté la fameuse Librairie des Colonnes, de l’actrice française Mireille Darc et plus récemment du chanteur français Christophe.
Cette communauté d’expatriés relativement privilégiés a son église anglicane Saint-Andrew’s près du Grand Socco, son hôtel Villa de France aux portes de la médina, ses cocktail-parties à la Vieille Montagne et à la casbah, sa Casa d’Italia pour les plats de pâtes le soir et le Mirage ou l’Océan pour les déjeuners au soleil des grands jours.
Dans le New York Times, le botaniste et romancier italien Umberto Pasti parle de sa maison, de ses plantes et de ses antiquités. « La vie est facile ici mais vous luttez constamment contre les pressions, les riches étrangers qui se comportent comme des cochons », juge-t-il. M. Pasti n’est plus très à l’aise avec les changements urbains que vit Tanger. « Je vais à Milan pour me détendre » indique-t-il au New York Times. Esthétisme, snobisme ?
Le portrait d’un ancien de la maison de décoration londonienne, Colefax &Fawler, Mickey Raymond, est également dressé. De maison de vacances, son pied-à-terre du quartier du Marshan est devenu sa résidence principale au fil des ans, « à cause de ses amis », indique-t-il.
Un autre Britannique, le réputé antiquaire Christopher Gibbs, raconte comment « la simplicité » de Tanger a contribué à son sens esthétique. « Ici on peut tout relever avec un petit bouquet de fleurs et une pièce de broderie », apprécie Gibbs qui souligne qu’à Tanger on peut toujours sentir « l’ancien monde toujours présent ».
De longues descriptions sont également consacrées aux couples Gipi de Richemont Salvy et Laure Welfing, Lawrence et Anthea Mynott, au poète Francisco de Corcuera ou à l’Américaine Blanca Hamri, veuve du peintre Mohamed Hamri.
Originaire de New York, Blanca a rencontré son mari sur les bords du détroit. « Je me suis arrêté au Maroc par accident » raconte-t-elle au reporter du New York Times, « et je suis tombé amoureuse du lieu aussitôt arrivée ». C’était il y a plus de 40 ans. Blanca, une figure respectée de la communauté américaine de Tanger a longuement travaillé à l’American School de Tanger et sa fille n’est autre que Sanaa Hamri qui poursuit une carrière dans le monde de la musique et de la production audiovisuelle à Los Angeles depuis la fin de ses études.
L’article du New York Times, mis en ligne le 11 avril dernier et paru dans la version papier du magazine dimanche 13 avril est un hymne à un certain art de vivre tangérois et aux côtés « monde ancien, projection moderne et vie de bohème » caractéristiques de la ville du Nord aujourd’hui.
Richement illustré, l’article du New York Times contient une vidéo et des contenus interactifs décrivant avec beaucoup de détails les intérieurs et les choix esthétiques des personnes interviewées.
A Tanger, les collections de la Fondation Lorin et de la Légation américaine au cœur de la médina, celle du musée de la Kasbah, les murs de l’hôtel El Minzah ou les tombes du cimetière de l’église Saint-Andrew’s figurent parmi les endroits qui témoignent d’un passé qui a beaucoup façonné la personnalité présente de Tanger.
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