La CGEM appelle à l’industrialisation des PME
Le patronat a présenté vendredi les conclusions de l’étude sur “les leviers de la compétitivité des entreprises marocaines“. Les patrons sont formels, le processus d’industrialisation du tissu économique doit passer à l’étape supérieure.
A quelques jours des assises de l’Industrie, fixées pour mardi 1er avril, durant lesquelles Moulay Hafid Elalamy, ministre du commerce et l’industrie, exposera la stratégie industrielle pour la période 2014-2020, la CGEM anticipe et expose ce vendredi 28 avril, son étude intitulée “les leviers de la compétitivité des entreprises marocaines“. Encore plus, le leitmotiv des deux présentations consiste en «l’accélération du processus mis en place»…
Miriem Bensalah, présidente de la confédération patronale plante d’emblée le décor: «nous ne sommes pas l’Exécutif mais une force de proposition. Nous sommes le miroir de ce qui se passe dans l’économie nationale, un outil de mesure, de suivi et de contrôle».
Elle revient sur les raisons ayant motivé cette étude réalisée par le cabinet Valyans. Un document de 700 pages, ayant nécessité huit mois de travail auprès des douze fédérations professionnelles de la CGEM. «Nous avons fait de la compétitivité un axe nodal de notre programme. C’est une urgence. Et elle passe par une vision économique forte en rendant à l’industrialisation sa place et notamment l’industrialisation de la PME», explique Mme Bensalah.
A son tour, Mohamed Fikrat, président de la commission «Investissements, compétitivité et émergence industrielle», au sein de la CGEM apporte ses arguments. Il précise: «par leviers, il faut entendre, une capitalisation sur les acquis, des potentialités qui sont nécessaires pour activer encore plus de croissance et ce rapidement». Le même intervenant indique que l’examen des success stories marocaines et étrangères a également servi de base de travail.
Les analystes de Valyans sont partis de deux constats. Le 1er relève que les exportations marocaines se concentrent essentiellement vers l’Union Européenne, à hauteur de 75% : un marché actuellement en perte de vitesse. Le second constat souligne le faible degré de diversification des produits exportés: ils sont de faible valeur ajoutée et concentrés sur le même type.
L’étude se propose donc de poser les grandes orientations pour l’augmentation de la qualité et ce dans la durée. Elles ont été traduites en une centaine de mesures dont 29 sont estimées prioritaires. « L’ensemble des mesures contenues dans cette étude ont été élaborées selon deux critères: leur impact sur la compétitivité et la facilité de leur mise en œuvre en fonction du coût de leur application», martèlent tour à tour Miriem Bensalah et Mohamed Fikrat.
La majorité d’entre elles exigent des décisions devant être prises par l’Exécutif. Parmi les principales recommandations émises par la CGEM, on retrouve un impératif, celui de mettre l’industrie au cœur de la stratégie de développement du pays.
Dans son corollaire, il est exigé l’utilisation de l’outil fiscal pour attirer l’investissement vers l’industrie. La fiscalité ne peut être considérée uniquement comme un moyen visant l’équilibre budgétaire mais un instrument au service de l’économie et de l’industrialisation.
Toujours côté investissement, il est souligné l’amélioration de l’accès au financement bancaire notamment pour les PME. Les investissements doivent également se renforcer dans des solutions d’efficacité énergétique afin de réduire la facture énergétique des entreprises.
Par ailleurs, le patronat revendique son implication en amont des politiques publiques, dans la conception même des politiques économiques. Il prône également la poursuite du dialogue social.
Et enfin, le renforcement de la notoriété et l’attractivité du label «made in Morocco» à travers une distribution et un marketing efficaces, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
>Les mesures prioritaires
Sur un ensemble de 100 mesures identifiées pour améliorer la compétitivité des entreprises nationales, 29 ont été retenues comme prioritaires.
Il s'agit notamment de placer l'industrie au cœur de la stratégie nationale de développement, le développement de la compensation industrielle nationale comme outil au service de l'industrialisation du pays, l'encouragement à l'émergence de "champions régionaux" en Afrique dans les secteurs ciblés, outre le renforcement du rôle de la commande publique comme levier de développement des entreprises nationales.
L'étude prône aussi une meilleure visibilité sur la commande publique afin de permettre aux entreprises/investisseurs locaux d'y répondre au mieux et de planifier leur développement, la facilitation de l'accès au foncier pour les industriels, le renforcement des lignes de fret maritime à l'international et l'amélioration de la qualité des services d'import-export notamment au niveau portuaire (coordination entre les différents prestataires, délais de réalisation des opérations).
Il est également question de l'élimination des distorsions de droits de douane entre les matières premières servant à l'export, le renforcement de l'investissement dans les solutions d'efficacité énergétique, l'utilisation de l'outil fiscal pour rendre attractif l'investissement dans l'industrie, l'accélération du remboursement par l'Etat des crédits de TVA et l'amélioration de la neutralité fiscale en la matière.
Utiliser les leviers administratifs et réglementaires pour améliorer les conditions de marché, se donner les moyens d'intervenir efficacement et d'être une force de proposition dans la conception des politiques économiques, améliorer le dialogue social au sein de l'entreprise et mettre à niveau les organisations (compétences des dirigeants, accès au financement) pour améliorer les performances des entreprises et le potentiel de développement de ces structures, figurent aussi parmi les leviers de la compétitivité des entreprises nationales identifiés par le patronat.
A cela s'ajoute également la valorisation de l'offre Maroc pour développer les débouchés sur les marchés national et international, l'amélioration, en partenariat avec l'Etat, de l'offre des formations initiale et continue en vue de gagner en productivité sur le long terme, ainsi que la promotion de l'innovation au sens large pour permettre une montée en gamme de l'industrie.
Par ailleurs, le développement d'un partenariat gagnant-gagnant avec l'Etat et le renforcement de l'engagement des entreprises sont nécessaires, selon l'étude, pour porter les mesures proposées, le but étant de bâtir un modèle de développement socio-économique marocain clair, fort et partagé.
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