Lahcen Haddad : «Les tarifs restent chers pour les touristes locaux»
Au cours d’une conférence, organisée hier 18 mars à Rabat par le ministère du Tourisme, Lahcen Haddad a passé en revue les principaux indicateurs touristiques de 2013 ainsi que les réalisations inscrites dans le cadre de la Vision 2020. Voici les grandes lignes.
« Notre activité touristique avance malgré la crise ! » C’est ainsi qu’il a ouvert le bal. Il en veut pour preuve le nombre de touristes, MRE compris, ayant foulé le sol marocain au cours de l’année écoulé : 10 millions. La barre symbolique a été enfin atteinte et il n’en est pas peu fier : « Nous avons pu renforcer l’attractivité de nos marchés émetteurs et séduire de nouveaux pays », fanfaronne-t-il.
Quid des recettes ? Pourquoi baissent-elles à mesure que les arrivées et les nuitées grimpent ? Pour Lahcen Haddad, ce recul n’est que l’effet de la crise économique qui frappe nos marchés traditionnels, la France, l’Espagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne… La pression qu’exercent les tour-opérateurs, avec leurcourse vers le « toujours-moins », n’est pas sans impacter l’activité des hôteliers.
Répondant à une question de Médias 24 à propos des estimations de la Confédération nationale du tourisme, annoncées quelques semaines avant la publication du bilan du ministère et qui faisaient ressortir 59 MM de DH au lieu de 57, Lahcen Haddad précise que toute communication sur les chiffres reste la chasse gardée de son département et l’Observatoire du tourisme. « Nous sommes en train de voir avec l’Office des changes pour voir s’il y a eu des erreurs. » Voilà qui est clair !
Pour ce qui est des objectifs 2020, le ministre annonce que nous avons atteint 200 000 lits, capacité qu’il aspire à doubler à terme. Le nombre d’emplois ? 500 000, objectif que l’on veut doubler. Les recettes ? On espère atteindre 140 MM de DH en 2020. Lahcen Haddad revient aussi sur les contrats-programmes régionaux qui ont été tous signés, à l’exception de celui de Rabat, dont la concrétisation aura lieu prochainement.
Bref, le bilan, hormis ce recul des recettes, est positif selon le ministre. « C’est en grande partie grâce à nos efforts de promotion qu’on a pu atteindre ces résultats », souligne-t-il. Le Maroc a participé quelque 80 salons internationaux en 2013.
Le tourisme local, le parent pauvre de la stratégie touristique, a été abordé aussi, quoique brièvement. « Les tarifs, concède-t-il, restent chers pour les touristes locaux car ils ne passent pas, contrairement aux touristes étrangers, par des agences de voyages, qui disposent d’un pouvoir de négociation. » En fait de solution, le ministre annonce l’état d’avancement des programmes Kounouz Biladi, dont l’opportunité ne fait pas l’unanimité des professionnels, et Biladi avec ses stations d’Imi Ouadar, à Agadir, qui accueillera ses premiers clients l’été prochain, d’Ifrane, déjà opérationnelle, ou encore celle de Benslimane.
« La tendance haussière des arrivées et des nuitées va se poursuivre en 2014 », promet-il. Surtout grâce à nos marchés classiques, mais aussi à ceux qui découvrent la destination, comme la Pologne, la Russie les pays du Golfe. La chine et la Turquie, deux à fort potentiel, sont dans le viseur de l’ONMT et du département du Tourisme. « Nous sommes en train d’étudier l’opportunité d’installer une délégation à Pékin ou à Shanghai. »
La diversification du produit constitue aussi un levier sur lequel le Maroc peut jouer pour tirer l’activité vers le haut. « Le tourisme culturel représente 80 % de l’activité », soutient Lahcen Haddad. « Il faudrait diversifier le produit culturel et faire émerger le plan Azur. »
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