Besoin en eau à l’horizon 2030 : Les pistes pour faire face
Pour répondre à l’augmentation des besoins en eau du pays, soit 16,7 milliards de m3 en 2030, la ministre de l’Energie propose de multiplier les barrages et les usines de dessalement d’eau de mer.
Selon les projections avancées par le gouvernement, le royaume verra ses besoins en eau atteindre l’important volume de 16,7 milliards de m3 à l’horizon 2030. Un défi de taille pour le Maroc qui n’en consomme actuellement que 13,7 milliards.
Si le pari semble complexe, il est toutefois réalisable. Afin de combler ce fossé, de multiples mesures techniques, administratives et juridiques devront être mises en place.
La préservation des ressources existantes
Mobilisée dans le cadre d’un séminaire portant sur « La femme et la recherche scientifique », ce samedi 8 mars à Tétouan, Charafat Afilal, ministre de l’Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, souligne que le pari à relever consiste essentiellement en la préservation des ressources hydriques, dans un pays qui a connu pendant les 35 précédentes années d’importantes périodes de sécheresse et de massives exploitations des nappes phréatiques.
Selon la ministre chargée des questions liées à l’eau, le royaume a en effet observé des déficits de précipitations de plus de 40% dans certaines zones quand d’autres régions ont enregistré des déficits de plus de 60% concernant les eaux de surface. Elle ajoute par ailleurs que les efforts déployés par l’Etat en matière de valorisation des ressources disponibles n’ont pas atteint les résultats optimums : l’efficience des réseaux de distribution n’excède pas les 70% en matière d’eau potable, et seulement 60% en terme des eaux d’irrigation.
640 millions de m3 d’eaux usées déversés dans la nature
La ministre évoque également un point qui fâche en abordant la question sensible de la pollution des ressources hydrauliques. Charafat Afilal signale en effet que 640 millions de m3 d’eaux usées sont déversés dans la nature chaque année alors que seuls 25% de ces volumes d’eaux polluées sont traités. Un constat accablant auquel s’ajoute les problématiques de la pollution due aux pesticides, aux activités industrielles mais également les questions de l’érosion des sols des bassins hydrauliques et l’envasement des barrages qui entrainent la déperdition de 70 millions de m3 par an.
Face à ces défis primordiaux, le Maroc applique une stratégie nationale visant à renforcer les acquis et résoudre les dysfonctionnements enregistrés, en améliorant la valorisation des ressources, réduisant la pollution et accompagnant le développement économique selon les règles de la gouvernance, signale par ailleurs la ministre. Elle indique de plus que la politique gouvernementale s’attèlera à de meilleurs gestion et développement de l’offre en eau, en s’adaptant aux changements climatiques d’une part puis en poursuivant la réforme du cadre juridique et administratif relatif à la gestion de cette ressource. La ministre explique de plus qu’un accent particulier sera porté sur les aptitudes des ressources humaines chargées des problématiques hydrauliques.
De nouveaux barrages et des unités de dessalement
Selon la MAP, la stratégie enclenchée par le gouvernement entend également recueillir 2,5 milliards de m3 d’eau par an grâce à la réalisation de 59 barrages, dont 28 de grande capacité. Ces projets nécessiteront une enveloppe de 11,5 milliards de DH, à laquelle s’ajouteront les sommes requises à la construction de plusieurs petits barrages (1,7 milliards de DH), ainsi que celles indispensables à la mise en place du projet de transfert des eaux des bassins du nord vers les régions déficitaires. Ce dernier chantier dont le coût est estimé à près de 2,5 milliards de DH, devrait permettre l'acheminement de 800 millions de m3 d'eau par an.
Ces projets, mus par le souhait d’améliorer la gestion des ressources hydrauliques, devraient permettre une économie annuelle de 2,4 milliards de m3 d’eau destinée à l’irrigation et près de 120 millions de m3 d’eau potable, via une plus grande efficacité des réseaux de distribution. En mettant parallèlement en place des unités de dessalement des eaux d’une capacité globale de 400 millions de m3 annuelle, en assurant le traitement de près de 300 millions de m3 d’eaux usées puis en généralisant la collecte des précipitations, les objectifs d’économies des ressources seront atteints, afin ainsi de garantir la réponse aux besoins accrus dans les années à venir.
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