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Education : Anfass apporte sa pierre à l’édifice

L’association Anfass a récemment publié un document salutaire sur l’école marocaine. L'étude dresse un diagnostic sans concessions et développe une réflexion sur les raisons de l’échec du système éducatif.  

Education : Anfass apporte sa pierre à l’édifice
H.M
Le 4 février 2014 à 18h17 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

« La question de l’école publique a été au cœur du débat politico-sociétal du Maroc contemporain. D’abord, sous l’ère du protectorat (…), ensuite, à l’aube de l’indépendance, sous forme de lutte entre pouvoir et opposition pour recruter l’élite, et enfin depuis environ 15 ans, où toutes les composantes de la société s’indignent de la « faillite » du système éducatif marocain », lit-on en préambule de ce rapport intitulé "Ecole marocaine : Quel système éducatif pour quel projet de société ?" En 1999, une commission d’expert a été nommée pour préparer la Charte de la réforme. Mais «  les objectifs n’ont pas été atteint, pire encore, la situation s’est aggravée », estime le fondateur d’Anfass, Mounir Bensalah, militant et blogueur, auteur de « Réseaux sociaux et révolutions arabes ».

Diagnostic de l’école marocaine

Force est de constater que le débat est relancé et largement médiatisé depuis quelques mois. Le système éducatif étant encore plus « malade », comme nous le rappelle nombre de rapport et d’étude, à l’instar du dernier rapport accablant de l’UNESCO.

Et ce n’est pas faute des moyens, loin de là, puisque le Maroc dépense beaucoup en éducation. « En 2005, on dépensait pour chaque élève, 23% du PIB par habitant, contre 13,3% en moyenne des pays arabes, 12% en Turquie, 18% en Finlande et en Corée du Sud », rappelle Anfass.

En 2008, le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur a été de 11% au Maroc, contre 48% au Liban. Plus frappant, le taux élevé de déperdition scolaire. « Sur 100 élèves accédant à la première année du primaire, seuls 13 obtiennent le baccalauréat », ajoute l’association. Pour autant, quelques points positifs sont à souligner. « Le taux de scolarisation au primaire a atteint 94% en 2007, le taux d'analphabétisme de la population âgée de plus de 10 ans au Maroc est passé de 43% en 2004 à 28 %. Le taux d'alphabétisation des jeunes entre 15 et 24 ans au Maroc en 2012 est de 84,6%, contre 58% en 1994 ».

Recommandations en 4 axes

Première recommandation : L’Etat doit placer l’école marocaine au centre du projet de société, basé sur les valeurs du progrès, du respect des droits fondamentaux, de la culture de la différence. « L’école est le noyau du projet de société », déclare Mounir Bensalah. Pour lui, l’école marocaine se doit de transmettre, en plus de l’apprentissage, les valeurs du vivre-en-commun.

L’égalité des chances est la seconde recommandation fournie par l’association, qui estime que l’école marocaine fait perdurer les inégalités sociales en ne garantissant pas l’égalité des chances : « aucune mixité sociale, absence de vision d’ascension sociale, inégalité dans l’accès à la culture et aux sciences ».  

Le troisième axe est lié au facteur démographique : Le Maroc vit en 2014 une année de transition démographique, ce qui constitue selon Anfass une opportunité historique inégalée. « Toutes les nations ayant connu un essor socio-économique en ont profité. Le Maroc a d’énormes potentialités et doit accompagner ses jeunes vers la société du savoir, en favorisant la recherche scientifique, la création culturelle et artistique ».

En dernier lieu, la création de richesse. L’école marocaine doit contribuer grandement et en profondeur à l’essor économique du Maroc. Pour ce faire, il faut optimiser l’apport des citoyens et élever le niveau de la valeur ajoutée locale. D’abord, par l’employabilité, en orientant dès le bas âge tout en s’opposant à l’inadéquation des cursus des jeunes diplômés avec le marché de l’emploi, ensuite par la gestion des passerelles entre toutes les filières, enfin par le recyclage, en permettant  à tous les citoyens de pouvoir revenir vers les écoles/universités pour parfaire ou approfondir ses études.

Actions à mener en urgence

Anfass préconise l’application de certaines mesures pour instaurer la confiance dans le système éducatif :

-Traduire l’engagement des autorités publiques à réformer le système éducatif par des actions concrètes.

-Associer la société civile, les syndicats… dans le processus d’installation du Conseil Supérieur de l’Enseignement.

-Instaurer une charte de citoyenneté, où tous (citoyens, entreprises, ONG, syndicats, enseignants, …) s’engagent à participer à l’effort de réforme du système éducatif.

-Instaurer des incitations fiscales aux ménages qui investissent dans l’enseignement de leurs enfants dans des établissements labélisés.

-Octroyer des aides directes aux ménages nécessiteux en contrepartie de la scolarisation de leurs enfants et en fonction des résultats qu’ils obtiennent, en remplacement, total ou partiel, du système actuel de compensation.

-Lancer une campagne médiatique afin d’inciter les citoyens et les groupes à signer la charte de citoyenneté pour faire adhérer les citoyens et les acteurs à la stratégie de rendre l’école au centre du projet de société.

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Tags : coronavirus
H.M
Le 4 février 2014 à 18h17

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