De nouveaux moyens pour la lutte contre la mortalité maternelle et infantile
Le ministère de la Santé veut rattraper le retard en matière de santé de la mère et de l’enfant. Son plan d’action vise à améliorer les conditions d’accouchement, de mieux suivre les femmes enceintes et ayant accouché, ainsi que les nouveau-nés.
Le ministère de la Santé veut en venir à bout de la mortalité maternelle et infantile à travers l’accélération du programme de lutte. A cet effet, un atelier de sensibilisation destiné aux journalistes a été organisé à Casablanca le 16 janvier 2013. L’occasion aussi de faire le bilan d’étape du plan d’action 2012-2016.
L’objectif est d’accélérer la réduction de la mortalité néonatale et maternelle. En effet, le ministère souhaite rattraper le retard enregistré dans d’autres secteurs en ce qui concerne les objectifs du millénaire.
Le plan 2012-2016 repose sur la consolidation des acquis, le renforcement de la gestion de proximité et le ciblage des actions pour le milieu rural et les zones couvertes. Décliné en 51 mesures regroupées en 10 axes d’intervention (4 axes pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle et 6 pour la mortalité néonatale), ces mesures essaient de porter la mortalité maternelle à 50 cas pour 100.000 naissances vivantes au lieu de 112 enregistrés en 2011. A ce propos, les derniers chiffres indiquent qu’en 2012, la mortalité maternelle a baissé à 100 décès pour 100.000 naissances vivantes.
Concernant la mortalité néonatale, le ministère cible une proportion de 12 décès pour 1.000 naissances en 2016, au lieu de 19 enregistrés en 2011. Les mêmes chiffres montrent que 71% des décès concernent des enfants dont l’âge est compris entre 0 et 1 mois, 23% décèdent avant leur première année, et 6% ne souffleront pas leur cinquième bougie.
La lutte contre la mortalité infantile et maternelle passe essentiellement par l’amélioration des services et soins de santé. Ainsi, le ministère de la Santé, toujours soucieux d’atteindre les objectifs du millénaire, espère atteindre un taux d’accouchements en milieu surveillé de 90%, et de porter les accouchements surveillés en milieu rural de 55% (enregistré en 2011) à 75% à l’échéance 2016.
Quatre axes prioritaires pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle
Concrètement, pour accélérer la lutte contre les mortalités maternelles et néonatales, le ministère dresse une série d’axes. Il s’agit de consolider la politique d’exemption des soins obstétricaux et néonatals d’urgence, à travers l’extension de la gratuité d’une part, la réalisation gratuite du bilan biologique standard de la grossesse, ainsi que la garantie du transfert entre les structures de soins, conformément à une récente circulaire ministérielle.
L’amélioration de la qualité de prise en charge des complications obstétricales fait aussi partie des axes de la lutte. Parmi les mesures figure l’amélioration de la disponibilité du sang à travers la normalisation du circuit, ou encore assurer la disponibilité des médicaments vitaux et veiller au respect des gardes résidentielles au niveau de toutes les maternités hospitalières. Une autre mesure consiste en l’organisation annuelle d’un concours qualité pour les maternités hospitalières.
Le troisième axe et non des moindres contribuera au renforcement de la responsabilité de proximité sur la surveillance de la grossesse et de l’accouchement, par l’acquisition de 57 ambulances équipées de modules d’accouchement, mais aussi par la formation des médecins généralistes en matière de consultation prénatale et consultation post-natale, soins obstétricaux et néonatals d’urgence.
Un autre axe est adopté pour l’accélération de la lutte contre la mortalité maternelle. Il s’agit de l’amélioration du pilotage régional du programme, en décentralisant notamment le processus d’audit des centres de santé, ou encore l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action régional de réduction de la mortalité maternelle.
Six axes pour réduire la mortalité néonatale
Le premier axe permettra de mettre à niveau les structures d’accouchement, via l’équipement des salles d’accouchement et l’installation de distributeurs de solutions hydro-alcooliques à proximité des zones de soins. Autres mesures, le ministère veut assurer la surveillance de la dynamique de l’accouchement, et faciliter la transition néonatale à la vie extra-utérine, en dotant les salles de naissance ou d’accouchement de chariots d’urgences néonatales.
Par ailleurs, l’axe sur l’organisation et le renforcement de l’offre de soins en néonatologie débouchera sur la publication d’un décret sur la santé périnatale, censé réglementer l’organisation des soins. De plus, la création des unités Kangourou permettra d’améliorer la prise en charge des nouveaux nés prématurés et de faible poids.
Le ministère de la Santé entend aussi renfoncer la surveillance néonatale pendant le post-partum. Il instaurera le dépistage néonatal de l’hypothyroïdie. Une autre mesure consiste à organiser des visites à domicile en milieu rural, en coordination avec les relais communautaires, avant le 8e jour du post-partum en faveur des femmes ayant accouché en milieu surveillé ou à domicile.
Le quatrième axe a trait à l’amélioration de la qualité de prise en charge du nouveau-né. Pour ce faire, un guide de bonnes pratiques cliniques de prise en charge néonatale sera élaboré à destination des professionnels de la santé. Ces derniers seront dans l’obligation de passer un stage de maintien des compétences professionnelles des unités de néonatologie de 2 semaines tous les 2 ans. Une autre formation sera dispensée au profit des professionnels de la naissance, en secourisme néonatal.
Le volet système d’information est pris en compte dans l’accélération de la lutte contre la mortalité infantile, une mesure unique en son genre permettra de réaliser des études sur les décès néonatals survenus entre la sortie de la structure d’accouchement et le 7e jour de vie du nouveau-né.
Le sixième axe consiste à adopter des mesures d’accompagnement, en mettant en œuvre un plan de communication autour du plan d’action en collaboration avec les associations de la société civile. Parallèlement, le ministère veut impliquer les ONG spécialisées dans la protection de l’enfance dans la prise en charge des nouveau-nés abandonnés.
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