Tan Tan: course contre la montre pour sauver le bateau échoué
Le bateau échoué lundi soir à l’entrée du port de Tan Tan n’est pas remis à flots. Les opérations de secours se succèdent, sans succès. Selon des témoins, l’embarcation risque de basculer sous l’effet des vagues, du vent et de la marée haute.
Motus, du côté de l’Agence nationale des ports.
Voilà ce qui arrive lorsqu’on renonce au dragage. Un bateau s’est échoué, lundi dernier, à l’entrée du port de Tan Tan. A bord, l’équipage composé du capitaine et de 17 marins attendent une solution urgente. En effet, avec la tempête qui s’annonce et les marées hautes, le risque de renversement du navire est réel.
A ce stade, deux remorqueurs ont tenté en vain de sortir le bateau. Il s’agit d’un premier engin arrivé de Tarfaya et d’un deuxième appartenant à la société Somagec d’Agadir. Le poids de l’embarcation et la charge importante du fret (près de 5.000 tonnes de fioul) ont avorté les tentatives de sauvetage. Les deux opérations se sont soldées par une rupture du câblage destiné à tirer le bateau, comme a pu en témoigner Mohamed Jaro, membre de l’AMDH, présent sur place.
Un troisième remorqueur est actuellement en route de Mohammedia en direction de Tan Tan, il s’agit d’un appareil mis à disposition par la société Marsa Maroc, nous a indiqué Fatima Zahra Hrar, directrice de la communication du groupe.
Du côté de l’Agence nationale des ports, aucune information ni communication officielle. Ni au niveau de la direction générale, ni au niveau de la capitainerie du port de Tan Tan. D’ailleurs, la seule information que nous retiendrons sort de la bouche de la dame au standard manifestement paniquée : «avec ce qui se passe actuellement, personne n’a le temps de vous accorder un entretien!»
A bord du navire, l’équipage attend également depuis mardi l’arrivé d’un remorqueur espagnol en provenance des Iles Canaries. Mais, à l’heure où nous rédigeons ces lignes, le père Noël n’était toujours pas passé. Mohamed Jaro commente: «l’engin espagnol ne devrait pas tarder à arriver, car les pêcheurs espagnols ont beaucoup à perde si le fioul venait à s’échapper du bateau. Cela aura des incidences graves sur les ressources maritimes de toute la région. »
D’ailleurs, selon les estimations des experts, si dans l’état où il se trouve, le bateau dépasse les 48 heures, il y a de gros risques qu’il chavire et coule, à cause des mouvements des marées et les forts courants à l’entrée du port.
L’histoire a failli se reproduire en cette matinée du mercredi 25 décembre.
Un deuxième bateau, le Andalib, appartenant à l’Omnium marocain de la pêche était à deux doigts de subir le même sort, à l’entrée du même port. Il a finalement été redressé par l’équipage.
En cause, le manquement du port de Tan Tan à son obligation de dragage du sable… visiblement, la direction est trop timide pour draguer !
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