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ECONOMIE

Casablanca Finance City, un rêve marocain

Casablanca Finance City, qui est opérationnelle, avance selon les objectifs fixés. Trois nouvelles sociétés bénéficieront de ce label d’ici la fin de la semaine, portant le total à 33. Le point avec Saïd Ibrihimi, DG.

Casablanca Finance City, un rêve marocain
N. E.
Le 18 décembre 2013 à 18h28 | Modifié 18 décembre 2013 à 18h28

C’est une question qui revient. «Quand est ce que Casablanca Finance City sera opérationnelle?». Saïd Ibrahimi, Directeur Général du Moroccan Financial Board, société chargée de la promotion institutionnelle et du pilotage de Casablanca Finance City, y répond avec un sourire amusé: «Mais CFC est déjà opérationnelle!!!!».

La question fut encore posée ce 17 décembre,  lors des mardis de l’Essec, une soirée réussie, didactique et sympathique, instructive aussi. Saïd Ibrahimi a expliqué la confusion qui est à l’origine de cette interrogation légitime: la place financière n’est pas obligatoirement un ensemble de tours regroupées dans le même quartier. CFC est opérationnelle, 30 sociétés ont obtenu leur statut et cette fin de semaine, elles seront 33, parmi lesquelles Wendel justement, la société d’investissement devenue récemment actionnaire de Saham. Ces sociétés sont implantées à Casa et sont opérationnelles. Elles sont déjà parmi nous.

La partie immobilière, c'est-à-dire les tours de bureaux, les salles de marchés, le quartier entier de 100 hectares gagnés sur l'ancien aérodrome d'Anfa, sera opérationnelle dans sa première tranche vers 2016 ou 2017 au plus tard.

La seconde confusion qui entoure ce concept inédit au Maroc, c’est que Casablanca Finance City, contrairement à ce que son nom peut laisser supposer, n’est pas seulement une place financière. C’est plutôt une capitale d’affaires, un éco système de business, financier ou pas, qui rayonne à l’échelle régionale.

Ruée vers l’Afrique, fenêtre d’opportunité

Au commencement, une fenêtre d’opportunité: l’Afrique. La stratégie marocaine en direction de l’Afrique, et particulièrement l’Afrique centrale, de l’Ouest et du Nord, est bien connue. Le Maroc a ses champions nationaux, il est devenu le premier investisseur africain dans la région de l’ouest africain. Investir et être un hub, c’est bien. Devenir LA place financière de la région, c’est mieux.

Les places financières les plus en vue sont connues: Johannesbourg et Maurice très certainement,  Lagos dans un avenir proche.

Les prétendants sont nombreux mais parmi ces derniers, il y a eu des morts et des blessés. Le Caire a été éreinté dans ses prétentions par les secousses politiques et les violences jihadistes. Idem pour  Tunis où les clignotants sont au rouge dans les domaines les plus importants. Dakar et Abidjan n’ont vraiment ni la taille, ni l’infrastructure.

Par élimination, mais aussi par ses atouts intrinsèques, Casablanca est la mieux placée.

Mais il faut faire vite, insiste Amine Tazi de McKinsey, c’est un impératif stratégique. Le Maroc doit y croire, ajoute-t-il. Il explique que l’Afrique attire énormément d’investissements et que la consolidation de la dynamique de croissance et des besoins de financement provoque une migration des centres régionaux de décision vers le continent.

Le challenge consiste à attirer à Casa, les sièges régionaux, les sociétés de gestion, les sociétés financières, et tout ce qui gravite autour, pour en faire une sorte de nœud où convergent et d’où partent les décisions, les investissements, les flux financiers, où se font les analyses, les réflexions, pour tout ce qui concerne l’Afrique de l’ouest, centrale et l’Afrique du Nord.

L’intérêt est évident: 15.000 à 25.000 emplois directs (Ibrahimi dixit),  30.000 à 50.000 emplois indirects, un centre d’affaires de niveau international pour le Maroc, un rayonnement pour notre pays et enfin une locomotive pour tirer la pratique des affaires et leur environnement vers les meilleurs standards internationaux. CFC, c’est un dessein, une ambition pour le Maroc à l’échelle de la région.

Ce qui vaut pour CFC doit valoir pour le Maroc

Tout cela est bien beau mais pose des questions qui dépassent largement le cadre du business.

En effet, CFC va être une locomotive qui va tirer le Maroc et ses pratiques vers les standards internationaux. Une sorte de «poil à gratter» selon l’expression de Saïd Ibrahimi, qui sait de quoi il parle car il a déployé des trésors de persuasion pour obtenir quelques améliorations nécessaires au projet. Quelques améliorations et beaucoup de promesses. Car pour avoir les sièges régionaux des grands groupes, pour accueillir les sociétés de gestion et éventuellement les fonds d’investissement internationaux, il y a un certain nombre de préalables. On ne déménage pas facilement d’un environnement performant et huilé vers un environnement disons moins développé.

Par exemple, le contrôle des changes nécessite de la souplesse et de la célérité. Les sociétés ayant le statut CFC bénéficieront de procédures particulières, de facilités et d’avantages. Les cadres employés par ces sociétés obtiendront leurs cartes de séjour selon une procédure accélérée. Une société pourra être créée, sur place, en 48 heures.

Avec méthode et humour, Saïd Ibrahimi explique que le Maroc doit faire des efforts sur tous les critères qui comptent en matière d’attractivité de Casa, en se comparant non pas à ce qu’il est aujourd’hui mais aux places concurrentes.

En plus de l’environnement des affaires, des efforts sont à faire en matière d’infrastructure et de cadre réglementaire général pour dynamiser par exemple la bourse.

-Si vous rêviez, M. Ibrahimi, comment serait CFC en 2020 ? interroge un modérateur.

-Vous comparez Casa à Singapour, mais arriverez-vous à transformer les Casablancais en singapouriens? renchérit l’autre…

En 2020, répond M. Ibrahimi qui joue le jeu, CFC aura intégré le top 35 du Global Financial Centres Index (il ne figure pas du tout actuellement), comptera 10.000 salariés, l’éco-système tournera bien, avec une intéressante densité d’entreprises implantées, la bourse aura une capitalisation de 2.000 milliards de dollars et 40% des titres traités seront africains.

On se surprend à rêver: un îlot d’affaires de 100 hectares dont la moitié de verdure, des tours à l’architecture moderne et aboutie, une concentration de savoir-faire et de capitaux dans les domaines de la finance, du droit, des affaires, de l’ingénierie… Des rues propres, une circulation fluide, la sécurité, des procédures souples, une administration désarmée qui est là pour aider les entrepreneurs, un délai de 48 heures pour créer une société…

CFC, c’est en fait le Maroc que nous aurions aimé avoir. Celui où les responsables disent ce qu’ils vont faire et font ce qu’ils ont dit. Celui de la rationalité, de la concordance entre la parole et l’action, où il ne suffit pas d’adhérer aux réformes mais où les réformes s’accélèrent. En d’autres termes, le jour où les Singapouriens rêveront de devenir des Casablancais.

CFC interpelle le Maroc car il s’agit presque de l’îlot du Maroc utopique. CFC montre la difficulté à faire vite et à faire bien, montre les réticences aux réformes, l’inertie naturelle chez les responsables (pas tous, heureusement), à avancer dans une direction lorsque l’on sait que c’est utile, possible, nécessaire, stratégique.

Si c’est possible à CFC, pourquoi cela ne serait pas possible pour tout le Maroc?

Il faut rêver pour CFC. Et pour tout le Maroc.

 

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N. E.
Le 18 décembre 2013 à 18h28

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