Pétrole: la Chine se prépare à lancer son propre marché à terme
La Chine, premier pays consommateur mondial d’énergie, a réalisé un nouveau pas vers le lancement de son propre marché à terme dédié au pétrole, potentiellement ouvert aux investisseurs étrangers, a-t-on appris vendredi.
Les autorités et l’opérateur de la place boursière de Shanghai ont mis en place une entreprise destinée à organiser ce futur marché à terme, qui sera installé dans la zone franche de Shanghai lancée voici deux mois, ont rapporté des médias et responsables politiques.
«Nous allons lancer (ce marché) dès que nous obtiendrons l’autorisation» du gouvernement, a indiqué lors d’une conférence Yang Maijun, dirigeant du Shanghai Futures Exchange --un des principaux investisseurs de la nouvelle société, Shanghai International Energy Exchange Corp.
Le choix d’établir ce marché dans la zone franche, et donc en-dehors de la place financière shanghaïenne actuelle, suggère que les investisseurs étrangers pourraient être autorisés à y prendre part -- avec l’ambition à terme de bousculer la domination de Singapour dans le négoce énergétique en Asie.
Il s’agira de la cinquième place en Chine permettant l’échange de contrats à terme, selon le journal Shanghai Daily, mais aucun des marchés existants ne proposent des contrats sur l’or noir.
Les contrats à terme sont un instrument financier permettant de livrer ou de prendre réception d’une marchandise à une date donnée et à un prix prédéfini. Les contrats de référence pour le pétrole brut concernent le Brent de la mer du Nord coté à Londres et le brut texan WTI échangé à New York.
«Nous espérons établir (à Shanghai) une nouvelle place (...) qui attirera une large participation d’investisseurs étrangers, et accroîtra l’influence de la Chine dans le système international de fixation des prix du brut», a souligné M. Yang.
La Chine est le deuxième pays consommateur de pétrole dans le monde après les Etats-Unis, avec une demande de 9,81 millions de barils par jour en 2012 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) -- soit un dixième de la consommation mondiale.
Un cadre de la zone franche --directeur adjoint du comité de direction--, Wang Xinling a précisé à l’occasion de la même conférence que d’autres contrats énergétiques pourraient y être échangés à l’avenir.
Pékin s’était par ailleurs engagé en septembre à ouvrir davantage les marchés chinois des contrats à terme. Actuellement, les investisseurs étrangers sont autorisés à négocier des actions sur les places boursières à travers un strict système de quotas, mais ne sont pas autorisés à acheter ou vendre directement des contrats à terme portant sur des matières premières.
(Par AFP)
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