Liban: Au moins 23 morts dans un double attentat contre l'ambassade d'Iran à Beyrouth
Un double attentat suicide revendiqué par un groupe lié à Al-Qaïda a visé mardi l'ambassade d'Iran à Beyrouth faisant au moins 23 morts, dans la première attaque contre la République islamique depuis le début du conflit en Syrie.
Soutien indéfectible du président syrien Bachar al-Assad, l'Iran a dépêché des experts militaires et encouragé le Hezbollah libanais ainsi que des miliciens chiites irakiens à aider le régime dans sa guerre contre les rebelles, lui permettant de remporter des victoires sur le terrain. Washington et Londres ont fait des gestes envers l'Iran après l'attaque, dans le cadre du rapprochement amorcé après l'élection du président iranien Hassan Rohani qui a permis de débloquer les négociations sur le nucléaire reprenant mercredi à Genève.
Le secrétaire d'Etat John Kerry a condamné « avec force les attentats terroristes insensés et abjects », dans un très rare communiqué de Washington soutenant Téhéran. Et le Premier ministre David Cameron a appelé M Rohani dans une démarche inédite depuis plus de 10 ans. L'Iran et le puissant mouvement armé chiite du Hezbollah ont accusé Israël de la double attaque suicide, la première du genre au Liban depuis l'assassinat en 2005 de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri à Beyrouth. Avant l'attentat de 2005 et ceux de mardi, le dernier double attentat commis par des kamikazes au Liban remontait à il y a 30 ans, en pleine guerre civile, quand deux attentats quasi-simultanés attribués à l'Iran et au Hezbollah qu'il a créé et financé ont tué 58 parachutistes français et 241 soldats américains. Selon l'armée libanaise, deux kamikazes ont commis les attentats devant l'ambassade à Bir-Hassan, un quartier résidentiel du sud de Beyrouth à majorité chiite et bastion du Hezbollah.
Habitants affolés, corps calcinés
« Les explosions se sont produites à 09H40 (07H40 GMT) de manière presque concomitante. La première est due à un kamikaze qui conduisait une moto, la deuxième à un autre kamikaze, conduisant un 4x4 », a précisé l'armée dans un communiqué. Au moins 23 personnes ont été tuées et 146 blessées, a affirmé le ministre libanais de la Santé, Ali Hassan Khalil. Le conseiller culturel de l'ambassade, cheikh Ibrahim Ansari, a succombé à ses blessures en fin d'après-midi, a appris l'AFP de source hospitalière. Mais les autorités iraniennes n'ont pas confirmé son décès.
Un gardien de l'ambassade, de nationalité iranienne, figure parmi les morts, selon les médias iraniens. Hormis le poste du gardien qui a été dévasté, le bâtiment de la chancellerie n'a pas été endommagé. Les façades d'immeubles voisins ont été pulvérisées et des dizaines de motos et de voitures calcinées.
Condamnations à l'étranger
Des images télévisées ont montré des habitants affolés, tentant de secourir des blessés, des corps calcinés et des voitures en feu. Un groupe jihadiste considéré comme lié au réseau sunnite Al-Qaïda a revendiqué l'attentat sur Twitter. « Il s'agit d'une double attaque pour laquelle deux de nos héros, des sunnites du Liban, sont tombés en martyrs », écrit Sirajeddine Zreikat, un responsable des Brigades Abdallah Azzam, du nom du fondateur d'Al-Qaïda. Le groupe a prévenu que les attentats se poursuivraient au Liban tant que le Hezbollah continuerait de combattre en Syrie aux côtés du régime.
La banlieue sud de Beyrouth a été frappée en juillet et août par deux attentats à la voiture piégée dont le deuxième a fait 27 morts et a été revendiqué par un groupuscule inconnu qui avait dit riposter aussi à l'engagement du Hezbollah en Syrie. Le chef du parti chiite, Hassan Nasrallah, avait accusé des « extrémistes » et affirmé qu'il poursuivrait le combat en Syrie.
Bir-Hassan abrite, outre l'ambassade d'Iran, de nombreuses ambassades arabes ainsi que des bâtiments de l'ONU. Les mesures imposées par le Hezbollah dans son fief de la banlieue sud y sont de ce fait moins draconiennes. Le président libanais Michel Sleimane a promis à son homologue iranien de tout faire « pour identifier les coupables ». Le régime syrien a pointé du doigt les monarchies pétrolières du Golfe qu'il accuse de financer et d'armer les rebelles qui veulent sa chute.A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné « fermement » l'attentat et appelé « toutes les parties libanaises à préserver l'unité nationale face aux tentatives pour déstabiliser le pays » divisé entre partisans et détracteurs du régime syrien. Moscou et l'Union européenne ont aussi condamné l'attaque, en appelant à la retenue. Ce double attentat est intervenu avant un match éliminatoire pour la Coupe d'Asie remporté à Beyrouth par l'Iran 4 à 1 face au Liban, devant des gradins vides pour des raisons de sécurité.
(Avec AFP)
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