Baisse des prix des médicaments: le CRPOS out!
La décision de la baisse de 50 à 80% du prix de 1.000 médicaments ne fait pas l’unanimité au sein des professionnels, loin de là. Entre le ministère de tutelle, les industriels, le syndicat et le Conseil des pharmaciens l’accord semble inatteignable. Décryptage.
Le Conseil régional des pharmaciens d’officine du sud tire la sonnette d’alarme ; toute baisse des prix des médicaments conduira, inéluctablement, à la fermeture de nombreuses pharmacies au Maroc.
En cause, l’absence de mesures de compensation à destination des pharmaciens d’officines, la marge nette sur les ventes oscillant entre 8 et 10%, dans le meilleur des cas, selon la profession. «Nous sommes prêts à distribuer les médicaments gratuitement si l’Etat nous assure un compensation», nous confie Amine Tahri, pharmacien et membre du CRPOS. Le bât blesse au niveau de l’élaboration du projet, «le Conseil a été écarté de la table des négociations», rapporte notre source.
Le président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, Mounir Tadlaoui, dit le contraire. Selon lui, «le Conseil a amendé le projet de baisse des prix des médicaments. Il était partie prenante lors des pourparlers en 2012 et 2013. Une première étape consistait à baisser les prix de plus de 300 médicaments, et la deuxième phase aussi», et fustige «le CRPOS, dans sa formation actuelle, n’a aucune légitimité car les élections organisées en mars manquaient de transparence.»
Par ailleurs, le Conseil dénonce, dans la pratique, des atteintes au monopole des pharmaciens, notamment en ce qui concerne la vente de certains médicaments pour les traitements lourds et coûteux.
En effet, les médicaments servant aux traitements du cancer ou de l’hépatite sont vendus directement aux patients par les laboratoires pharmaceutiques, court-circuitant ainsi le dernier maillon de la chaîne de distribution. Même chose en ce qui concerne les médicaments vendus par les vétérinaires.
Quels médicaments seront concernés par la baisse des prix? Pour le moment, la liste n’est pas définitive. Mais Abdelghani El Guermai, président fondateur de l’Association marocaine de l'industrie pharmaceutique, nous apprend que les prix sont en cours de révision ; « des calculs sont actuellement en train d’être faits pour ramener les prix des médicaments à la moyenne du benchmark.» En effet, différentes études comparatives ont été élaborées au cours des dernières années. Ce benchmark sert de référence aux prochaines baisses des prix.
Ainsi, si un produit est estimé surévalué, il sera ramené à la moyenne. Mais qu’en est-il des produits sous-évalués ? Le président de l’AMIP nous annonce qu’il y aura, dans une deuxième phase, une réévaluation inverse du processus pour ramener ces produits sous-évalués à la moyenne.
Effet accordéon donc qui ne sera certainement pas sans incidences sur l’industrie pharmaceutique marocaine. «L’arrêt de la fabrication de certains médicaments par les industriels est un risque à prendre au sérieux lors de la baisse des prix. Il y aura sûrement des médicaments qui ne seront plus fabriqués localement. Cela signifie que le Maroc sera contraint d’importer des médicaments de l’étranger. A des prix plus compétitifs !» prévient A. El Guermai.
Le Conseil régional des pharmaciens d’officines du sud reste donc la seule épine sous le pied du ministère de la Santé qui s’apprête, dès l’établissement de la liste définitive, à appliquer la baisse des prix.
A ce propos, le Conseil du gouvernement a adopté jeudi 7 novembre, le projet de loi 115-13. Un projet qui prévoit la dissolution des Conseils régionaux nord et sud, et la formation d’une délégation chargée de la préparation et de l’organisation de nouvelles élections des membres des deux conseils. La raison est que, selon le ministre de la Santé, El Houcine El Ouardi, «la situation des conseils nord et sud présente, depuis un moment, une entrave au bon fonctionnement du Conseil national dans son ensemble», selon le communiqué du Conseil de gouvernement.
À découvrir
à lire aussi
Article : Croisières : Celestyal ajoute Casablanca et Tanger à ses itinéraires d’hiver
Le programme “Mediterranean Odyssey” prévoit deux départs de Barcelone, les 5 et 19 décembre 2026, pour un circuit de 14 nuits à bord du Discovery, entre Malaga, Gibraltar, Cadix, Lisbonne, Valence, Palma de Majorque et Sète.
Article : Maroc-Allemagne : avant son 30e anniversaire, l’AHK renouvelle ses instances
À Casablanca, l’assemblée générale du 29 juin a confirmé Mehdi El Boury à la présidence de la Chambre. La direction générale passe, depuis le 1er juillet, de Katharina Felgenhauer à Silke Kunstreich, tandis que l’ancien président Mazen Sowan est nommé président d’honneur.
Article : Jeunesse : coup d’envoi des colonies de vacances 2026 à Bouznika
Organisée sous le thème “Les colonies éducatives, une nouvelle vision pour construire la vie”, l’édition 2026 du programme national de camping doit bénéficier à 210.000 enfants et jeunes, avec un dispositif élargi aux séjours fixes, de proximité, thématiques et itinérants.
Article : Maroc-Canada : Ouahbi reconduit son onze-type, Halhal remplace Riad en défense
À Houston, es Lions de l’Atlas s’appuieront sur leurs cadres pour tenter de poursuivre leur parcours face au pays coorganisateur.
Article : Pharmaciens : Mohamed Lahbabi réélu à la tête de la CSPM pour un troisième mandat
Lors de sa troisième assemblée générale nationale, tenue le 1er juillet à Rabat, l’organisation professionnelle a adopté ses rapports moral et financier, modifié ses statuts et renouvelé son bureau national autour d’un mot d’ordre : unité, mobilisation et défense des acquis de la profession.
Article : Législatives 2026 : à gauche, l’idée d’un pacte pour redonner du sens au scrutin
Réunis le 30 juin à Rabat par la Fondation Abderrahim Bouabid, Mohamed Achaari, Nabil Benabdellah et Abdessalam El Aziz ont plaidé pour des engagements préalables sur les libertés, les conflits d’intérêts et les services publics, afin de faire de 2026 autre chose qu’une simple course aux sièges.