USFP-Istiqlal: Nous nous sommes tant aimés
L’Istiqlal et l’USFP scellent une nouvelle alliance. Leurs leaders l’ont annoncé au cours d’une conférence de presse tenu au siège de l’Istiqlal jeudi à Rabat. Ce mariage de raison devrait déboucher sur un front anti-Benkirane qui se profile à l’horizon immédiat.
Après une analyse féroce de la situation politique, économique et sociale, Driss Lachgar et Hamid Chabat ont convenu de la nécessité de créer l’unité entre leurs partis pour apporter des solutions à la crise. Ce pacte serait une réaction à «l’absence de dialogue du gouvernement Benkirane et à la propension de ce dernier à prendre des décisions de manière unilatérale ». Ainsi, «la tyrannie qu’il exercerait en tant que chef du gouvernement» aurait présidé à leur choix de le contrer par l’union.
Les deux secrétaires généraux ont par conséquent décidé de rendre public un communiqué commun qui officialise leur coordination politique tout en sauvegardant leur autonomie et présente un programme de travail basé sur 15 points tourné vers l’avenir.
Les réformes proposées découleront des propositions édictées par deux commissions conjointes chargées d’apporter des solutions appropriées. La première sera chargée des réformes politiques, économiques et sociales tandis qu’une deuxième s’intéressera à la question de l’intégrité territoriale et des frontières entre le Maroc et l’Algérie.
Apparemment, ce pacte a gommé les différends qui existaient auparavant entre les nouveaux partenaires. L’Istiqlal a décidé d’aller de l’avant en partageant désormais les positions progressistes de son partenaire USFP sur des sujets qui fâchaient jusqu’alors comme la peine de mort, l’avortement et le mariage des filles mineures
Il faut croire qu’une même approche prédomine sur des questions aussi diverses que la relance économique, l’application de la nouvelle constitution, la place des jeunes et des femmes, la protection des libertés individuelles…
Le lancement d’une caravane nationale est prévu à partir du 11 janvier pour lever les troupes des deux alliés et les sensibiliser à leur démarche dans toutes les villes, villages et zones rurales du Royaume. Cette date n’a pas été choisie au hasard car elle constitue un symbole historique marquant la présentation du manifeste de l’indépendance en 1944.
La rentrée politique s’annonce chargée sous le signe d’une opposition en ordre de bataille qui a mis de côté les querelles du passé. Leur cheval de bataille étant bien évidemment de préparer l’alternance au Chef du gouvernement et du PJD taxé de «parti obscurantiste et rétrograde».
Dans son langage châtié, Hamid Chabat poursuit sur sa lancée en assénant que «ce gouvernement est dirigé par des barbus qui n’a pas d’avenir car sa politique est basée sur la hausse des prix et sur rien d’autre».
Il précise que cette nouvelle «plate-forme d’actions concrètes constitue un message d’espoir et de confiance adressé à tous les Marocains» et se veut une «force de proposition pour contrer efficacement l’exécutif».
Driss Lachgar n’est pas en reste sur le volet des critiques adressées au gouvernement mais en termes moins véhéments. Très optimiste, il considère que le PJD a fait son temps et assure que «la nouvelle alliance PI-USFP ne craint pas d’aller aux élections à n’importe quel moment car notre machine de guerre commune est désormais en branle».
Cette nouvelle union sonne donc comme une réponse à la «politique d’improvisation du gouvernement». Les deux partis en question veulent faire en sorte de devenir une alternative crédible en mesure de faire face à la crise économique et sociale que traverse le Maroc.
Malki : un acte de foi en l’avenir
Joint par Médias 24, Habib El Malki nous déclare que ce mariage politique est un acte de foi en l’avenir car les Marocains ont besoin d’être rassurés en cette période de profonde incertitude. Pour lui, la leçon à tirer de l’histoire est que l’union PI-Istiqlal a toujours fait des merveilles. S’il se refuse à tirer sur une ambulance, il précise quand même que le gouvernement actuel est accidentel.
Si Hamid Chabat et Driss Lachgar se félicitent de ce nouveau rapprochement, il faut tout de même préciser que les courants d’opposition intra PI-USFP dénoncent son manque d’utilité par un lapidaire ce n’est ni le premier et encore moins le dernier du genre», et ce dans une déclaration à Médias 24.
Le tout est de savoir si le pacte signé se traduira par des résultats concrets au niveau des urnes car au final, seule compte la légitimité procurée par le vote des électeurs.
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