Syrie: Assad refuse les ingérences étrangères à la conférence de Genève-2
Le président Bachar al-Assad a insisté mercredi auprès de l'émissaire international pour la Syrie sur son refus de toute ingérence en faveur de l'opposition lors de la conférence de Genève-2 destinée à trouver une solution au conflit qui ravage le pays.
Au même moment, quelque 800 civils, en majorité des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont été évacués de Mouadamiyat al-Cham, une banlieue au sud-ouest de Damas tenue par les rebelles et assiégée depuis un an par l'armée. « Le peuple syrien est la seule partie à avoir le droit de décider de l'avenir de son pays. Toute solution ou accord doit avoir l'aval des Syriens et refléter leur volonté loin des ingérences extérieures », a dit M. Assad au cours d'une brève rencontre à Damas avec Lakhdar Brahimi, selon l'agence officielle Sana.
Le régime estime que la coalition de l'opposition et les rebelles sont manipulés par des pays étrangers. « La réussite de n'importe quelle solution politique passe par l'arrêt du soutien aux groupes terroristes, par une pression sur les pays qui facilitent le passage des terroristes, qui leur offrent argent, armes et soutien logistique », a-t-il ajouté.
Bachar al-Assad qualifie de « terroristes » les insurgés et accuse l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ainsi que des pays occidentaux de fournir des armes et des fonds à ses ennemis.
Toujours selon Sana, M. Brahimi a de son côté souligné que « les efforts déployés en vue de la tenue de la conférence de Genève se concentr(aient) sur la façon de permettre aux Syriens de se réunir et de se mettre d'accord le plus tôt possible sur une solution à la crise ».
M. Brahimi, qui n'était pas venu depuis décembre 2012 à Damas en raison d'une brouille avec le chef de l'Etat, a été reçu mercredi pendant moins d'une heure seulement.
L'émissaire, en tournée dans la région depuis le 19 octobre, devrait rencontrer jeudi des opposants de l'intérieur avant de se rendre vendredi à Beyrouth. Il n'a pas été reçu jusqu'à présent par l'Arabie Saoudite, hostile à la conférence de paix de Genève, espérée pour fin novembre, car selon elle, elle donne la part belle au régime de Damas et permet à son ennemi, l'Iran, de participer aux discussions.
M. Brahimi a cependant exprimé l'espoir de voir l'Arabie saoudite y participer. Sa porte-parole Khawla Matar a insisté sur le fait qu'il « apprécie le rôle du royaume saoudien pour faire avancer le processus de paix et espère qu'il participera à la conférence ».
Ces déclarations font suite à des propos attribués à M. Brahimi par la presse libanaise, critiquant « le rôle saoudien qui entrave une solution politique » en Syrie, où le conflit a fait plus de 115.000 morts depuis mars 2011.
Mardi, avant un entretien avec le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, il avait assuré que la conférence de paix devait être l'occasion pour les Syriens de décider de leur avenir. « La conférence de Genève est une rencontre entre les parties syriennes et ce sont elles, et pas moi, qui vont fixer la phase transitoire et la suite », avait-t-il déclaré aux journalistes.
La mission de M. Brahimi est extrêmement délicate car chacun de ses propos est jugé par les camps adverses. « M. Brahimi a failli à sa mission », qui est « de travailler à une solution politique pour mettre fin au régime despotique afin de rétablir la liberté et la justice en Syrie », a ainsi assuré dans un communiqué lundi soir la Coalition de l'opposition.
Sur le terrain, 800 civils ont été évacués de Mouadamiyat al-Cham. Le 12 octobre 3.000 civils avaient déjà été évacués de cette ville. Une attaque chimique meurtrière avait été perpétrée le 21 août faisant des centaines de morts dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham. L'opposition et les pays occidentaux en avaient fait porter la responsabilité au régime syrien.
Alors que la situation humanitaire et sanitaire se dégrade de jour en jour, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé mardi dix cas de poliomyélite touchant des enfants syriens, dans le nord-est de la Syrie.
Les enfants victimes de paralysie aiguë dans la région de Deir el-Ezzor ont tous moins de deux ans et n'étaient pas vaccinés.
(Par AFP)
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