Les charges de la compensation baisseront de 7 milliards de DH en 2014
L’envolée de la charge de compensation a représenté la somme astronomique de 55 milliards de DH en 2012. Cela n’a pas manqué d’impacter négativement les finances publiques en creusant le déficit budgétaire.
Cette descente aux «enfers macroéconomiques» ne manque pas d’accentuer la vulnérabilité du pays en plombant la croissance et l’emploi au Maroc.
La caisse de compensation a toujours été une priorité pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens maisle règne du tout subventionné a vécu car la chargebudgétaire devient insoutenable.
Depuis peu, le gouvernement actuel s’est lancé dans une énième réforme en optant pour une indexation partielle des prix du carburant et en envisageant un système de soutien ciblé qui devrait profiter aux couches vulnérables.
Il sera extrêmement difficile pour le Maroc d’aller plus loin sur le plan économique etsocial si cette réforme n’aboutit pas en allégeant les dépenses publiques.
Dans la période 2004-2012, le déficit budgétaire a bondi de 2,2% à 7,3% avec une charge de compensation passée de 13 à 55 milliards de DH.
En situation hors compensation, le déficit budgétaire en 2012 aurait été de seulement 0,7%au lieu des stratosphériques 7,3%.
Le poste le plus onéreux pour l’Etat concerne la subvention des produits pétroliers.
Le nouveau système d’indexation partielle des prix des carburants est entré en vigueur depuis 16 septembre 2013.
Un nouveau barème répercute sur les consommateurs l’écart partiel par rapport au marché international aussi bien à la hausse qu’à la baisse. Hasard du calendrier ou efficacité de la disposition adoptée, ce mois d’octobre a vu le prix du super enregistrer une baisse de 32 centimes. Il faut noter que grâce à ce nouveau type de calcul, une économie conséquente de 400 millions de DH a été réalisée en un mois (16/9-16/10).
Malgré l’entrée en vigueur du nouveau système d’indexation partielle, la charge totale mensuelle des produits pétroliers est de l’ordre de 2,94 milliards de DH.
Le deuxième poste de compensation qui grève la caisse et donc les finances publiques concerne les produits alimentaires importés.
Le Maréchal Lyautey affirmait «Au Maroc, gouverner c’est pleuvoir». Tributaire de la pluie, le gouvernement accorde une attention particulière aux produits alimentaires dont l’autosuffisance n’est pas assurée par le Maroc.
Ainsi, la filière sucrière dans l’économie agricole est vitale car elle contribue à la sécurité alimentaire du pays, à la création d’emplois et à la garantie des revenus de plus de 80.000 agriculteurs.
Des conditions climatiques défavorables ont caractérisé ces dernières années et la production locale de sucre blanc a enregistré un maigre taux de couverture national de 30% en 2012 contre 47% en 2008.
Le renchérissement de 54% des cours du sucre brut sur le marché international et l’accroissement des importations de 39% au titre de la période 2008-2012 ont fait doubler la charge de compensation sucrière en la faisant passer de 2,4 à 5 milliards de DH.
La production nationale de céréales est encore plus sensible car le pain est un élément essentiel des repas marocains. Elle a toujours été très fluctuante et selon les années tel un yoyo, elle peut passer de 24,4 Millions de quintaux en 2007 à 103,6 MQ en 2009.
Là aussi, le Maroc est obligé d’importer des quantités comprises entre 10 et 32 MQ/an. Les prix mondiaux du blé tendre étaient jusqu’en août dernier à leur niveau le plus élevé soit 328$ la tonne.
Pour soulager ses citoyens, le soutien de l’Etat à la filière du blé tendre intervient à trois niveaux :
- En fixant le prix d’achat de la production locale ;
- En prenant en charge les frais de commercialisation de cette production prise ne charge du différentiel par rapport au prix cible entrée moulin et les frais de magasinage ;
- Au niveau de l’importationpar le biais de l’instrument de tarification et la restitution éventuelle en cas de dépassement du prix cible portuaire.
Malgré ces aides, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane n’a pas exclu une probable hausse future du prix du pain pour le consommateur final.
La charge de compensation pour 2013 s’élèvera à 6,3 milliards de DH pour les produits alimentaires et à 36,4 milliards pour les produits pétroliers.
La facture finale s’élève donc à 42,7 milliards de DH contre 40 milliards de crédits prévus dans la précédente loi de finances 2013.
Pour 2014, l’Etat poursuit son engagement de soutenir le pouvoir d’achat des citoyens en ouvrant un crédit de 35 milliards de DH pour la compensation. Cependant, la hausse des prix des carburants, du lait et celle probable du pain en boulangerie ne cessent d’inquiéter les Marocains.
Il faut croire que depuis les émeutes du pain de 1981, aucun gouvernement n’a osé se brûler les ailes en réformant une caisse de compensation qui contribue à assister indirectement nombre de ménages.
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