L’éducation de demain, version 2.0
Les nouvelles technologies peuvent venir au secours des difficultés rencontrées par l’Education nationale, notamment au Maroc où l’engouement pour le web est réel. Toutefois, l’école n’a pas vocation à se convertir au 100% numérique.
Le Maroc est l’un des pays les plus connectés d’Afriqueet pour le comprendre, il suffit de mesurer le nombre d’utilisateurs marocains des réseaux sociaux.
Comme au temps de la ruée vers la téléphonie mobile, le nombre d’abonnés aux opérateurs d’accès internet ne cesse d’augmenter.
Si le taux d’équipement en ordinateurs ou tablettes laisse encore à désirer, il n’en est pas moins patent que les Marocains présentent un vrai engouement pour le web.
Selon un intervenant du Colloque international su l’enseignement, qui s’est tenu à Casablanca les 4 et 5 octobre, « grâce au numérique, le savoir pourra bientôt être accessible à tous ».
Driss Chahir, directeur stratégique au sein du cabinet international T-Book,s’intéresse de près à l’innovation et à l’impact du digital sur notre quotidien.
A la question de savoir pourquoi l’école de demain se doit d’être numérique, il répond que « le digital est une composante inéluctable de notre avenir et surtout de celui de nos enfants. L'écarter de l'équation éducation de demain serait synonyme d'isolement ! ».
Il préfère parler de connaissance plutôt que d’éducation, et la société T-Book dont il est directeur-associé propose un accès permanent au savoir de n’importe où et n’importe quand grâce au « digital learning ».
Ce dernier appréhende le secteur de l’apprentissage dans sa globalité :
-l’enseignement de base ;
-l’enseignement scolaire ;
-l’enseignement supérieur ;
-la formation professionnelle.
C’est un modèle qui est tiré par la croissance de trois marchés :
-le marché de l’équipementen tablettes, PC et smartphones connectés ;
-le marché de la formationet de l’enseignement en ligne ;
-le marché de l’e-commerce.
Ainsi, cette innovation se doit d’être exploitée par les stratèges de l’Education nationale car le Maroc ne peut pas rater le cours de l’histoire. Il n’a d’autre choix que de prendre en marche le train de la modernité.
Pour certains détracteurs, le Maroc a d’autres chats à fouetter que de s’engouffrer a tout va dans cette brèche.
Cependant, Driss Chahir est bien placé pour savoir que le piège du tout digital est à éviter car inefficace. L’école ne peut devenir à 100% numérique car sans la présence physique de formateurs pour encadrer et évaluer les progrès, les apprenants sont besogneux.
La société T-Bookforme chaque apprenant (écoliers, étudiants …) pour un coût de 500 DH HT/an hors équipements (tablette, ordinateur) ce qui est de loin plus économique que les coûts actuels de l’enseignement publique.
Le numérique se veut être un accélérateur d’apprentissage et un facteur d’égalité des chances.
Selon M. Chahir, « l’éducation numérique peut permettre de réduire la fracture digitale entre le monde rural et le monde urbain, entre les plus riches et les moins riches, les plus âgés et les plus jeunes, les actifs et les chômeurs…».
La question n’est donc plus de savoir si nous allons entrer pour de bon dans l’ère numérique mais plutôt « quand » car l’éducation traditionnelle a failli. Notre pays est donc condamné à utiliser le numérique comme un levier de transformation et d’évolution sociale. Le Maroc a une carte maîtresse à jouer pour la démocratisation à l’accès au savoir car l’avenir de l’éducation sera numérique ou ne sera pas.
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