Les producteurs d’œufs font appel à l’art culinaire
La filière parie sur la diffusion de recettes à base d’œufs pour augmenter la consommation. A l’autre bout de la chaîne, la profession veut développer la culture du maïs pour nourrir les pondeuses.
Faire d’un ingrédient comme l’œuf un repas à part entière. C’est le défi que se lance l’Association nationale des producteurs d’œufs de consommation (ANPO). Pour cela, elle multiplie les initiatives de sensibilisation dans le but de faire évoluer la consommation moyenne par habitant et par an, aujourd’hui d’à peine 152 unités. Elle est de 250 en Europe et en Amérique du nord, de 360 au Japon et de 400 au Mexique.
Quoi de mieux alors que d’imaginer des recettes différentes et de les partager avec l’ensemble des Marocains ? Un concours sera organisé ce samedi 5 octobre pour récompenser les 10 meilleures idées de plats à base d’œuf. Lancée depuis une année, cette compétition culinaire a pu drainer 3.000 inscriptions.
Booster la production : une finalité
Encourager la consommation n’est pas une fin en soi. Elle justifiera une augmentation de la production annuelle, estimée à 5 milliards d’unités en 2012 et 2011, en provenance de quelque 233 fermes autorisées.
« Les professionnels sont prêts à investir davantage, mais il faut qu’il y ait un marché pour écouler la production supplémentaire », lance Abdellatif Zaïm, président de l’ANPO.
Notons qu’une ferme de taille moyenne (80.000 œufs produits par an) requiert un investissement d’environ 20 MDH.
Aujourd’hui, l’essentiel de la production est concentrée au niveau de la région du grand Casablanca (30%) et de Témara (30%). Le reste est produit au niveau de Fès-Meknès (15%), Rhamna (10%) et Agadir (10%).
Du maïs « made in Morocco », pourquoi pas ?
Autre combat pour les producteurs d’œufs de consommation : encourager la production nationale de maïs. Cet ingrédient intervient à hauteur de 60% dans l’alimentation des poules pondeuses.
« La production nationale représente à peine 2% des besoins »,selon Abdellatif Zaïm. Un état des lieux qui s’explique par des contraintes purement économiques.
En effet, avant 2008, année où le cours du maïs flambe, cultiver cette céréale au Maroc ne présentait pas un investissement rentable. Il était plus rationnel d’en importer. « Avec le revirement de la situation, nous espérons que le Maroc revoit sa position. D’autant plus que pour nous, producteurs, l’alimentation des poules pondeuses représente 75% du prix de revient qui est aujourd’hui de 72 centimes », ajoute la même source.
Dernièrement, quelques expériences isolées dans la région du Gharb et d’Oualidia font parler d’elles. « Nous sommes prêts à signer des conventions avec les agriculteurs qui souhaitent investir ce créneau. A l’avance, nous nous mettrons d’accord avec eux sur les prix de ventes annuels », précise M. Zaïm.
Le projet est au stade de l’idée. Aucune négociation officielle avec le ministère de tutelle n’est engagée.
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