Usage d’Internet: les disparités entre les sexes particulièrement fortes au Maroc
L’Unesco vient de publier une étude sur les disparités hommes/femme dans l’utilisation et l’accès à internet. Le fossé entre les sexes est encore plus important dans les pays arabes, notamment au Maroc.
Cette étude, intitulée «doubler les opportunités du numérique : renforcement de la participation des femmes et des filles dans la société de l'information », révèle les disparités dans l'accès aux technologies de l'information et de la communication (TIC) selon le sexe.
En effet, on compte 2,8 milliards d’utilisateurs d'Internet dans le monde, parmi lesquels 1,3 milliard de femmes, et 1,5 milliards d’hommes, soit un gap de 200 millions.
Cette étude a rassemblé des éléments auprès des agences des Nations Unies, des membres de la commission, des partenaires industriels, du gouvernement et de la société civile, afin de créer le premier aperçu global approfondi sur l'accès à internet selon le sexe.
En outre, l’étude appelle à de nouvelles politiques pour rendre internet plus accessible, tout en rendant le contenu plus localisé et pertinent pour les nouveaux utilisateurs dans les marchés émergents.
Dans ce sens, certains géants des nouvelles technologies ont déjà lancé un plan pour développer internet au niveau mondial, notamment avec Internet.org, une organisation à but non lucratif gérée par Facebook, Qualcomm, Samsung, Ericsson, Nokia, Opera et MediaTek.
D’autre part, l’écart entre les sexes dans les services d’Internet est particulièrement perceptible dans les principaux pays arabes.
Au Maroc, 18,1 % d'hommes utilisent internet, 10,2% de femmes.
Alors qu’en Egypte, 22,3% d’hommes, 23,3% de femmes.
En Jordanie, 25,4% d’homme, 22,1% de femmes.
En Arabie Saoudite 64% d’hommes, 49% de femmes.
Plusieurs facteurs contribuent à l'écart entre les sexes sur l’utilisation d’internet. L’étude mentionne tout particulièrement le harcèlement et les menaces en ligne fréquemment destinées aux femmes.
Sur Facebook, le sexisme est devenu tellement important que début 2013, le géant américain a mis en place des procédures pour réprimer les contenus qui «ciblent les femmes avec un contenu qui incite à la violence ou à la haine et qui est fondé sur le sexe».
Par ailleurs, l'Unesco estime qu’une plus grande présence des femmes en ligne pourrait avoir un impact économique global important.
En effet, dans les pays en développement, chaque augmentation de 10% dans l'accès au web se traduit par une croissance de 1,38% du produit intérieur brut (PIB), souligne cette étude qui cite à son tour la Banque mondiale.
Cela signifie que «l’utilisation du web par 600 millions de femmes et de filles supplémentaires pourrait augmenter le PIB global de près de 18 milliards de dollars».
A noter que cette étude a été réalisée sous la direction d’Helen Clark, administrateur du programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
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