Casablanca : les foyers démunis n’auront plus accès à l’eau potable gratuite
Le conseil de la ville de Casablanca a décidé la fermeture progressive de toutes les sources publiques d’approvisionnements en eau potable. La décision concerne 434 fontaines publiques, principaux points de ravitaillement en eau pour les foyers défavorisés.
Le conseil de la ville a commencé son projet de fermeture des fontaines publiques. Sur les 434 fontaines que compte la capitale économique, plusieurs ont déjà cessé de fonctionner. Ahmed Brija, vice président du conseil de la ville de Casablanca, explique : « la décision de fermeture des fontaines se fera en plusieurs phases. La première concerne 70 à 80 sources d’approvisionnement ».
Les raisons avancées sont d’ordre financier. « Le conseil de la ville ne peut plus prendre en charge les dépenses en eau que génèrent les fontaines» déclare M. Brija, en précisant que « chaque année, 3 milliards de centimes (30 millions de DH) sont versés par le conseil de la ville à la Lydec pour alimenter ces points d’eau ».
Motif ou prétexte ?
Question budget, la ville de Casablanca s’en sort bien. Les chiffres de l’exercice 2012 révèlent que la ville a réalisé un excédent budgétaire de 61 millions de DH.
Si le souci majeur du conseil est effectivement celui de faire des économies, il existe une autre piste pour renflouer les caisses (déjà pleines) de la ville : le recouvrement des créances. En effet, ce ne sont pas moins de 2,6 milliards de DH (soit 260 milliards de centimes) de créances que la ville tarde à recouvrer ; il s’agit de montants cumulés depuis 2003.
En définitive, la dépense relative aux fontaines publiques ne risque pas de faire couler le budget de la ville.
Quelle alternative?
Nous ignorons pour le moment le nombre de foyers qui seront impactés par l’arrêt de fonctionnement des fontaines publiques. Qu’importe pour le conseil de la ville qui appelle les foyers à se doter de compteurs individuels. «Nous informons les habitants des quartiers 20 jours avant l’arrêt des fontaines. Et nous les appelons à se doter de compteurs auprès de la Lydec,» explique A. Brija, en fermant les yeux sur les formalités strictes à remplir pour se doter de tels équipements.
A ce propos, les points d’eau se trouvent, généralement, à proximité des bidonvilles. Zones qui ne remplissent pas les conditions requises pour le branchement ou l’abonnement en eau. En effet, la régie pour l’alimentation des locaux demande un justificatif de l’occupation du local ; un contrat d’achat, une attestation du notaire ou un contrat de bail, en plus d’une autorisation de construire ou d’un permis d’habiter. Autant dire que les bidonvillois sont acculés à quémander l’eau auprès de leurs voisins.
À découvrir
à lire aussi
Article : Deux soldats américains disparus au Cap Draa : l’un d'eux a plongé pour sauver l’autre
Les opérations de recherche se poursuivaient ce mardi 5 mai 2026 après la disparition de deux soldats de l'armée américaine au niveau d’une falaise au Cap Draa dans la région de Tan-Tan.
Article : Casablanca. Ces démolitions qui menacent de faire tomber tout un pan de l’industrie marocaine du marbre
À Lissasfa et dans d’autres secteurs de la région casablancaise, des unités de marbre autorisées depuis plus de vingt ans sont rattrapées par la reconfiguration urbaine de la métropole. Faute de solution de relocalisation immédiate, les démolitions engagées par les autorités exposent les entreprises concernées à une rupture brutale d’activité, avec des marchés publics à honorer, des fournisseurs à payer et plusieurs centaines d’emplois en suspens. Désormais, les marbriers redoutent qu’une opération d’aménagement ne se transforme en crise industrielle.
Article : CAN 2025. Premiers pas au TAS, le Maroc prépare sa riposte
Le recours du Sénégal contre la décision de la CAF ayant donné la victoire au Maroc sur tapis vert évolue dans la discrétion à Genève. Selon nos informations, la partie marocaine finalise son mémoire en réponse.
Article : Saisie de 8,6 tonnes de cannabis près de Boujdour
La police de Laâyoune, en coordination avec les services de la Direction générale de surveillance du territoire (DGST), a mis en échec, tôt ce mardi 5 mai, une tentative de trafic de 8 tonnes et 600 kg de chira, et interpelé trois individus soupçonnés de liens avec un réseau criminel s'activant dans le trafic international de stupéfiants et de psychotropes.
Article : Révolution dans l'assiette : ce que les réseaux sociaux révèlent de la nouvelle conscience alimentaire marocaine
Une analyse massive de plus de 121.000 données collectées entre avril 2025 et janvier 2026 dresse un portrait inédit des mutations alimentaires au Maroc. Entre l’explosion du véganisme, la radicalité du régime carnivore et le retour des superaliments locaux, les Marocains réinventent leur rapport à la santé, principalement en Darija et sur TikTok.
Article : Céramique : la filière marocaine veut s’imposer comme un levier industriel stratégique
Le 15 mai 2026 à Casablanca, l’APIC organise la première Journée nationale dédiée au secteur, sous l’égide du ministère de l’Industrie et du commerce. Industriels, architectes, designers, experts et représentants institutionnels y débattront du "Made in Morocco", des standards de qualité et des perspectives de développement d’un matériau au cœur des enjeux de construction et de compétitivité