Hamidou Benmassoud tire son ultime révérence: Adios Amidou

Une star s'est éteinte. Hamidou Benmassoud, plus connu par son nom de guerre «Amidou» n'est plus. Il était hospitalisé depuis près de trois mois à l'hôpital parisien de Beaugeon. Il a rendu l'âme, jeudi à l'âge de 78 ans.  

Hamidou Benmassoud tire son ultime révérence: Adios Amidou

Le 20 septembre 2013 à 15h48

Modifié 20 septembre 2013 à 15h48

Une star s'est éteinte. Hamidou Benmassoud, plus connu par son nom de guerre «Amidou» n'est plus. Il était hospitalisé depuis près de trois mois à l'hôpital parisien de Beaugeon. Il a rendu l'âme, jeudi à l'âge de 78 ans.  

Digne dans la souffrance, sa famille n'a communiqué que récemment sur son état de santé devenu critique pour, dit-on, «partager la nouvelle avec son public qui l'aime tant, que ce soit au Maroc ou à l'international, pour qu'il s'associe à nos prières et implore le Très Haut d'accorder prompt rétablissement».

Le destin était plus prompt. La nouvelle est tombée comme un couperet. Avec sa disparition, le cinéma mondial perd un acteur à la fois prolixe, polyglotte et aguerri. Fort et farouchement fier de ses origines marocaines, il aura marqué de son empreinte une filmographie de plus d'une cinquantaine de longs métrages et téléfilms.

De ces multiples pérégrinations, son épouse retient l'image d'un grand homme «qui aimait son Roi, son pays d'origine et le peuple marocain», dira-t-elle dans une déclaration à la MAP.

Mieux, de son vivant déjà, le défunt, connu pour son sens de l'humour et son franc-parler, déclarait à un quotidien marocain «Vous savez la politique et moi ça fait deux. mon parti à moi c'est le Maroc, mon roi est Mohammed VI et ma religion c'est l'islam».

Le Roi Mohammed VI a d'ailleurs adressé un message de condoléance et de compassion aux membres de la famille de cet acteur émérite «qui compte parmi les stars du cinéma et du théâtre que le Maroc a connus et qui ont enrichi les scènes artistiques nationale et internationale par des œuvres indélébiles dont se réméreront toujours les adeptes de l'art authentique, grâce aux qualités humaines nobles connues au regretté, à ses rôles distingués, à son goût artistique raffiné et à sa sensibilité».

Les nombreux fans de Hamidou, qui l'on vu camper une foultitude de rôles sur les planches et à l'écran, ne seront, eux, pas prêts de sitôt d'oublier son talent et sa gueule à la Belmondo. Car, lui Hamidou, qui dit avoir aspiré son «H» pour faciliter la communication, est aussi le dépositaire d'un legs cinématographique français.

Et il y a de quoi. «Amidou le Marocain», né le 2 août 1935 à Rabat, a quitté son pays natal pour l'Hexagone en 1952 à l'âge de 17 ans pour des études au Conservatoire de Paris, avant de se lancer dans une carrière artistique au théâtre où il a incarné, entre autres, le rôle de Said dans «Les Paravents» de Jean Genet, une pièce sur la guerre en Algérie. Tout un symbole !

A la faveur d'une rencontre avec Claude Lelouch, Hamidou allait faire son apparition dans «La femme spectacle» (1963), puis dans «Les grands moments» (1965), puis encore à l'affiche du «Voyou» (1970). Au total, il aura tourné neuf fois pour Lelouch, qui est «mon réalisateur fétiche ! J'ai adoré travailler avec lui et ses films sont d'une importance singulière pour moi», dira encore Amidou comme pour narguer ceux qui le considèrent comme étant l'acteur fétiche de Lelouch.

Le feu au ventre comme n'importe quel artiste-né, Hamidou allait s'embarquer dès les années 80 dans une aventure outre-Atlantique d'où il revient avec une impressionnante moisson dans des films comme «Ronin» du cinéaste américain John Frankenheimer (1998), «L'Enfer du devoir» de William Friedkin (2000) ou encore «Spy Game» de Tony Scott où il a donné la réplique à Robert Redford et Brad Pitt.

En 1969, il tourne pour la première fois dans un film marocain : «Soleil de printemps» de Latif Lahlou. Suivront d'autres participations dans au moins six productions nationales, notamment le rôle principal dans «Lalla Hobbi» de Mohamed Abderrahmane Tazi (1997).

Lauréat du Prix d'interprétation masculine du Festival international de Rio pour son rôle dans «La Vie, l'amour et la mort» de Claude Lelouch (1969), le défunt, qui a reçu un trophée en son honneur lors de la cérémonie d'ouverture du Festival international du film de Marrakech, a participé au quatrième téléfilm de la série française à succès «Aïcha», réalisée par la cinéaste et actuelle ministre déléguée française chargée de la Francophonie Yamina Benguigui.

La dépouille de feu Hamidou Benmassoud, qui n'est autre que le père de la comédienne Souad Hamidou, sera inhumée en France «à son souhait pour être plus proche du souffle de son fils mort en France», assure-t-on auprès de la famille.

Toujours à cheval sur ses origines marocaines, feu Hamidou eut cette réponse une fois interrogé s'il ne comptait pas rentrer au Maroc: «Mais, je ne rentre pas, je suis là!». Que son âme repose en paix !

(MAP)


 

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