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Le groupe OCP base sa nouvelle stratégie sur la recherche et l’innovation

Les premières assises nationales de la recherche & développement autour des phosphates se sont ouvertes jeudi 12 septembre à Skhirat en présence du Chef du gouvernement, du PDG de l'OCP et de plusieurs ministres.  

Le groupe OCP base sa nouvelle stratégie sur la recherche et l’innovation
Najat Sghyar
Le 12 septembre 2013 à 20h05 | Modifié 12 septembre 2013 à 20h05

Lahcen Daoudi, ministre de l'Enseignement supérieur a ouvert le bal en insistant sur le rôle primordial de la recherche scientifique dans le développement économique du Royaume, au vu des impératifs conjoncturels liés à la mondialisation et à la concurrence internationale.

Il rappelle que ces assises s'inscrivent dans une stratégie globale de collaboration entre chercheurs et industriels de tous secteurs, et qu'il est dans l'intérêt national de renforcer ce partenariat.

Le Chef du gouvernement insiste quant à lui sur le retard du Maroc en matière de recherche scientifique et salue la tenue de l'évènement. “Les universités doivent profiter de l'expérience des grandes institutions économiques pour se rapprocher de la réalité économique et répondre aux besoins nationaux”, ajoute-t-il.

Mostafa Terrab poursuit en présentant les grands axes de la nouvelle stratégie du groupe OCP qui souhaite, à terme, accroître sa compétitivité pour asseoir son rôle international. “Il s'agit d'un début, mais également d'un aboutissement puisqu'un travail préparatoire a déjà été effectué par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, celui de l'énergie et des Mines ou encore du ministère du Commerce et de l'Industrie”.

Il explique également que l'OCP a une tradition de recherche en collaboration avec l'université marocaine : “Nous allons signer très rapidement un accord de coopération stratégique en terme d'innovation avec le MaScIR ou encore avec l'IRESEM. Ces opérations s'accompagneront d'un soutien financier et constituent l'aboutissement d'une vision : celle de créer un écosystème d'innovation”.

Un projet de recherche d'envergure nationale

Pour cela, OCP mise sur le renforcement de pôles de recherche à travers le Royaume : “L'université Polytechnique Mohammed VI qui ouvrira ses portes en 2014 sera une université de recherche à l'architecture ouverte”, précise M. Terrab. “Il ne s'agit pas de créer une forteresse isolée mais de multiplier les partenariats nationaux et internationaux. L'école des mines se situe à Benguerir, à moins de 10 km d'un front minier ouvert et dédié à la recherche. L'école de commerce elle, sera à Casablanca, celle de la gouvernance économique à Rabat et la formation industrielle sera prodiguée à El Jadida en partenariat à chaque fois avec les universités de ces régions”.

Il ajoute que les sites chimiques de Safi et de Laâyoune seront entièrement dédiés à la formation et à la recherche. “Cet écosystème d'innovation sera d'abord nourri par le fonds de recherché alloué (90 millions de DH), mais également par les politiques publiques d'accompagnement et par les partenariats avec les centres de recherche nationaux”.

Sécurité alimentaire mondiale

Rappelant que le Maroc détient 50% des réserves mondiales de phosphates (85% selon une étude géologique américaine), M. Terrab insiste sur leur rôle fondamental dans les préoccupations touchant à la sécurité alimentaire.

Cette denrée non renouvelable est en effet utilisée pour fabriquer des engrais (eux-même à la base de 40% de la production alimentaire mondiale).

“L'expansion démographique pourrait provoquer un décroissement des terres arables par habitant. La demande en céréales sera d'autant plus grande qu'il faudra renforcer la productivité agricole dont 80% proviennent des engrais”.

Pour le PDG de l'OCP, qui insiste sur la grande responsabilité du Maroc et de l'Office, “il s'agit d'augmenter les capacités de production pour obtenir des capacités installées au Maroc à la hauteur de ses réserves”.

En effet, si le Maroc détient actuellement 30% de parts de marché de l'export international, il possède au moins la moitié des réserves mondiales de phosphates. Une mise à niveau s'impose donc pour combler ce déficit, et se fera à travers la réduction des coûts. “Il ne s'agit pas d'une question de marge, mais simplement de compétitivité des coûts”, précise M. Terrab. A cela, il faut ajouter l'impératif d'une flexibilité de production et de commercialisation pour optimiser la vente sur ces marchés.

Mais si le Maroc ambitionne d'augmenter sa productivité phosphatière, il vise également la croissance pour la fabrication d'engrais. “L'engrais est un marché totalement différent de la roche phosphatière : il est oligopolistique et demande une grande agilité industrielle qui passe par l'innovation et la recherche & développement. Il y a dix ans, le Maroc détenait 10% de parts de marché. Nous visons d 40% du marché mondial dans quelques années,” précise M. Terrab.

Pour créer cet écosystème, l'OCP souhaite que l'innovation ne soit plus le monopole d'une quelconque institution. “C'est la clé de notre compétitivité : l'ADN de l'OCP est en train de migrer vers une autre identité dans laquelle les engrais constituent une niche importante. Sans oublier les sous-produits des phosphates que nous développons”. L'Office est en effet sur le point de conclure plusieurs partenariats de production d'uranium.

L'investissement de plus de 130 milliards de DHdans l'augmentation des capacités devrait permettre au Maroc de former un champion africain de sa sécurité industrielle.

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Najat Sghyar
Le 12 septembre 2013 à 20h05

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