Pékin va intensifier ses réformes et traiter «équitablement» les firmes étrangères
Le Premier ministre chinois Li Keqiang a réaffirmé mercredi sa volonté d’engager des réformes économiques profondes, et a promis aux entreprises étrangères un environnement où elles seraient traitées «équitablement».
«La Chine va continuer d’encourager les entreprises étrangères à réaliser des investissements et des affaires» dans le pays et «créer un environnement où tous les acteurs auront un accès égal à la production, au marché et aux protections légales», a déclaré Li.
«Tous les pays doivent s’ouvrir plus largement aux autres pays, prendre clairement position contre le protectionnisme et œuvrer de concert à élargir le gâteau de l’économie mondiale», a poursuivi le dirigeant, qui s’exprimait à l’occasion d’une session du Forum économique mondial.
«De nos jours, aucun pays ne peut vivre isolé à la façon de Robinson Crusoé», a asséné le Premier ministre.
Ces remarques interviennent alors que la Chine, impliquée dans nombre de différends commerciaux avec l’Europe et les Etats-Unis, a récemment lancé une salve d’enquêtes contre des firmes multinationales pour corruption ou entente sur les prix.
Le géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) est notamment sous le coup d’une vaste enquête pour corruption, dans laquelle une vingtaine de personnes ont été interpellées depuis début juillet.
La Chambre de commerce de l’Union européenne avait exprimé ses inquiétudes la semaine dernière sur «une impression de grande disproportion» dans la manière d’agir des autorités chinoises, et mis en garde contre un risque «de mise en oeuvre injuste et inconsistante» des règles anti-corruption.
Li Keqiang s’est par ailleurs saisi mercredi de la tribune pour réaffirmer la volonté de réformes de l’administration du nouveau président Xi Jinping, investi en mars, qui affiche son souhait de «rééquilibrer» l’économie chinoise au profit la demande intérieure.
«La Chine est à présent à un moment crucial (...) et si nous ne poussons pas suffisamment les réformes structurelles, il sera difficile de parvenir à une croissance durable», a-t-il affirmé, disant préférer ces réformes à «un plan de relance à courte vue».
Dans le secteur financier, «nous allons continuer la réforme des taux d’intérêts (...) et parvenir graduellement à la convertibilité totale du renminbi (ou yuan, la devise chinoise, ndlr) sur les comptes de capitaux», a-t-il ajouté.
La Banque centrale chinoise avait annoncé en juillet la levée des contrôles sur les taux d’emprunt, mesure que des analystes avaient salué comme «un pas» vers la libéralisation du secteur financier -- mais les taux auxquels sont rémunérés les dépôts bancaires restent toujours strictement encadrés.
Par ailleurs, la Chine pourrait pour la première fois autoriser une libre convertibilité complète de sa monnaie dans une zone franche commerciale qu’elle prévoit d’ouvrir à Shanghai, selon un projet consulté la semaine dernière par l’AFP.
Les médias officiels ont rapporté début septembre que les hauts dirigeants du Parti communiste chinois (PCC) devraient entériner en novembre un ambitieux programme de réformes économiques, notamment dans les domaines de la finance et de la fiscalité, lors de leur troisième réunion en plénum depuis un an.
Pour Li Keqiang, cela va de pair avec «une réforme du système administratif»: «Le gouvernement laissera le marché et la société faire ce qui est dans leurs capacités, et se concentrera sur ce qui relève de son domaine», avait-il avancé dans une tribune publiée en début de semaine dans le Financial Times.
L’Etat reste très engagé dans le contrôle de l’économie chinoise, notamment via les grandes entreprises publiques, mastodontes jouissant de confortables monopoles sur des secteurs entiers.
Enfin, le Premier ministre a salué mercredi la récente série de statistiques plus encourageantes que prévu (notamment une accélération de la production industrielle et des ventes de détail chinoises en août), en estimant que les objectifs fixés par les autorités pour 2013 -- dont une croissance économique de 7,5% -- seraient atteints.
Un net ralentissement de la croissance chinoise, à 7,5%, au deuxième trimestre avait ravivé les craintes d’un essoufflement de l’activité, et poussé Pékin à annoncer fin juillet des «mesures d’ajustement» dont des réductions d’impôts, des simplifications administratives et une ouverture des investissements dans le secteur ferroviaire.
«Depuis un certain temps, certains commentateurs s’inquiètent du ralentissement économique et se demandent si (le pays) va connaître un atterrissage brutal. Ce que je veux leur dire, c’est que l’économie chinoise, à un stade crucial de sa transformation, va de l’avant de façon satisfaisante», a souligné Li.
Connu comme le «Davos estival», le sommet organisé chaque année en Chine par le Forum économique mondial rassemble cette semaine durant trois jours à Dalian (nord de la Chine) quelque 1.600 participants, parmi lesquels dirigeants politiques et économiques, ainsi que des experts et des représentants d’ONG.
La séance plénière d’ouverture du Forum mercredi a été comme les années précédentes consacrée à un discours du Premier ministre chinois en exercice.
(Par AFP)
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