Une petite polémique au sujet d’abattoirs privés repose la problématique de la filière viandes
L’un des dossiers les plus chauds, les plus ardus, les plus polémiques de la réforme du secteur agricole est celui de la sécurité sanitaire. Les réformes réveillent les lobbies. Démonstration par le cas de Viande Adarouch.
Comment monter en gamme, exporter, augmenter la valeur ajoutée de chaque filière sans sécurité sanitaire drastique ?
A contrario, comment appliquer des règles drastiques dans des filières comme l’abattage où a toujours régné l’anarchie, l’opacité et le populisme, voire les caisses noires des communes?
La viande rouge est l’exemple-type de cette situation. Le Maroc compte 180 abattoirs municipaux et 700 tueries rurales, où l’hygiène, le contrôle et la traçabilité laissent parfois à désirer. A Casablanca, le tiers du marché de la viande rouge est approvisionné à partir de l’abattage clandestin.
La réorganisation de la filière viandes rouges, malgré et contre les intérêts des lobbies bien installés, est une œuvre difficile.
Les deux dernières années ont vu l’élaboration d’une demi douzaine de projets d’abattoirs privés. Le premier d’entre eux à voir le jour fut «Viande Adarouch» dans le village de Moul Kifane dans la région de Meknès. Et ce, il y a deux ans.
Il y a environ deux semaines, les autorités sanitaires ont interdit l’abattage dans plusieurs tueries rurales de la région de Meknès. Une partie de l’activité a donc été transférée aux abattoirs privés qui en plus d’être propres et traçables, ont le défaut d’appartenir au groupe Othman Benjelloun.
Or, certaines de ces régions sont des fiefs PJD. Abdallah Bouanou, président du groupe parlementaire de la Lampe est donc monté au créneau, avec son vocabulaire aussi affûté qu’une lame.
Conformément au décret de janvier 2012, la circulation entre communes des viandes rouges issues des abattoirs agréés a été autorisée dans les régions concernées. Cette libéralisation accroit la concurrence, fait baisser le prix de l'abattage et oblige les communes à investir dans la modernisation des abattoirs municipaux.
Mardi 3 septembre, au cours d’une réunion de commission parlementaire consacrée à la fiscalité locale, il a interpellé le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur Charki Draiss, au sujet de la décision des autorités locales de «favoriser des abattoirs privés, laissant sur le carreau plusieurs dizaines de familles» … et autant d’électeurs, bien sûr.
Lundi 9 septembre, il récidive. A l’occasion de la réunion de la commission parlementaire des secteurs productifs, il interpelle le ministre de l’agriculture : «combien de subventions ces abattoirs privés perçoivent-ils de la part de l’Etat?»
Pour un homme politique, poser la question est parfois plus important que d’écouter la réponse.Ce que l’on doit à ses électeurs, c’est la question, pas la réponse. M. Bouanou pose donc sa question et se tire. Il avait certainement plus urgent à faire. Ce qui ne l’empêche pas de passer quelques de fil à des journalistes pour se plaindre de ne pas avoir reçu de réponse.
La réponse a bien été donnée sur place par le ministre de l’agriculture, avons-nous appris de source informée.
Oui, Viande Adarouch perçoit bien une subvention. Il s'agit de la prime à l'investissement octroyée à tous les projets d'abattoirs intégrés ou d'abattoirs communaux à donner en gestion déléguée et qui s’élève à 10% comme le prévoient les textes de loi dans le cadre du fonds de développement agricole. Tous les projets ou autres investisseurs postulants pour le même type d'activité peuvent en profiter comme le prévoit la loi.
La commune de Boufekrane investit 3 millions de DH
À découvrir
à lire aussi
Article : Gouvernance de la CGEM : les sortants et les entrants du nouveau Conseil d'administration
La nouvelle gouvernance de la Confédération, installée lundi 22 juin, ne relève pas d’un simple jeu de chaises musicales, comme certains auraient pu le penser. Vingt commissions au lieu de dix-huit, un bureau renouvelé à plus de 80%, plusieurs figures historiques ont quitté l’organigramme et d'autres l'ont intégré... Lecture.
Article : Festival Gnaoua : la nouvelle génération de Maâlems prend sa place à Essaouira
Un an après l’appel des grands Maâlems à préparer la relève, la 27e édition du Festival Gnaoua met en lumière une nouvelle génération d’artistes qui s’impose progressivement sur les scènes d’Essaouira.
Article : Banques cotées : pourquoi le secteur garde un potentiel de redressement
Entre le recul des activités de marché et la baisse des valeurs bancaires en bourse, le secteur connaît un début d'année moins favorable. Les analystes estiment toutefois que cette évolution ne remet pas en cause les fondamentaux des banques cotées. Analyse.
Article : Épisode 9. Le silence de l’avion : pourquoi les supporters ne chantaient pas en route vers Santiago
Après avoir observé la manière dont les supporters marocains se sont progressivement constitués en communauté transnationale, puis comment cette mobilisation a été vécue comme une aventure collective par les joueurs eux-mêmes, une autre scène attire l’attention durant le voyage vers Santiago. Elle peut sembler anodine au premier regard, mais elle révèle probablement beaucoup de l’état d’esprit qui animait les passagers à quelques heures de la finale de la Coupe du monde U20.
Article : Interconnexion Maroc-Allemagne : Sila Atlantik accélère la cadence pour se rapprocher de sa décision finale d'investissement
Après l'épopée Xlinks, le projet d'interconnexion électrique Sila Atlantik s'offre un nouveau départ stratégique. Porté par un contexte européen favorable à la recherche de souveraineté énergétique, Sila Atlantik accélère la cadence en vue d’aboutir à sa décision finale d’investissement (FID) pour exporter l’énergie renouvelable du Maroc vers l’Allemagne à travers deux câbles sous-marins. Révélations.
Article : Prévisions météo pour le lundi 29 juin 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 29 juin, établies par la Direction générale de la météorologie.