Lutte contre les incendies : le dispositif en place au Maroc
Alors que l’incendie d’Amskroud a fait près de 1.000 hectares de dégâts, Médias 24 fait le point sur les moyens disponibles pour lutter contre les flammes. La flotte de Canadair, Turbo Thrush et C130 peut parfois être renforcée par des avions étrangers.
Plusieurs centaines d’hectares ont été ravagés par le feu qui s’est déclaré samedi 10 août 2013, dans les forêts de Mesguina et d'Admin dans la commune d'Amskroud, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Agadir. Un jeune de 15 ans est à l’origine de cet énorme incendie involontaire. Le mineur était en train d’enfumer une ruche avant que le feu prenne une dimension importante, a déclaré à Médias 24, Fouad Assali, chef de service de la protection des forêts au Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification. Joint par téléphone vendredi 16 août dans la matinée, Fouad Assali était en pleine opération d’extinction, celle-ci se poursuit encore dans la région.
Le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification met en œuvre annuellement un programme d’action de prévention et de lutte contre les incendies de forêts, en partenariat avec l’ensemble des intervenants concernés : la Protection civile, la Gendarmerie royale, les Forces armées royales, les Forces auxiliaires, les Autorités locales, le ministère de l’Equipement et des transports et l’Office national des aéroports. Ce programme s’articule autour des trois composantes à savoir la prévention, la détection et l’alerte et la lutte, précise le Haut commissariat.
En matière d’intervention, les moyens déployés dépendent de la gravité des incendies. En effet, la stratégie d’intervention contre les incendies de forets repose sur un système, gradué à quatre niveaux.
Le premier niveau repose sur une gestion rapide, et une prise en charge du départ de feux par les services du Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification, moyennant des véhicules de premières interventions (VPI) et les éléments de la Protection civile.
Le deuxième niveau est renforcé, en cas de besoin, par le recours aux avions bombardiers (Canadair) et Turbo Thrush possédant respectivement des capacités de 5 tonnes et de 3 tonnes pour étouffer les feux à leur naissance. Le renforcement de la mobilisation des équipes au sol pour circonscrire le feu, protéger les populations, les biens et les équipements sensibles font partie des objectifs de ce niveau de protection. Dans ce cadre, le Maroc dispose de 4 Canadair opérationnels, souligne M. Assali. Si le feu est d’importance plus grave, les avions C130, interviennent au 3e niveau en appliquant des produits retardant et permettre aux équipes au sol de maîtriser les foyers actifs.
Quand il s’agit d’incendies de 4e niveau, comme c’est le cas de l’incendie d’Amskroud, les autorités font appel aux interventions des pays voisins dans le cadre de la coopération internationale, note M. Assali.
Les incendies font des ravages
Selon des statistiques du Haut commissariat, du 1er janvier au 2 août 2013, 173 incendies de forêts ont été déclarés au niveau national touchant une superficie de 429 ha. Cette superficie est repartie en 92 ha de formations arborées, 75 ha d'essences secondaires et 262 ha de tapis herbacé et d’alfa (graminée), relève le Haut commissariat dans un communiqué en attendant un nouveau bilan dans les prochains jours.
En terme de répartition géographique des superficies touchées, la région du Rif (Tétouan, Tanger, Chefchaouen, Larache et Ouazzane) arrive en première place avec 49 incendies et 107 ha brûlés, suivi de la région Nord-Est (Al Hoceima, Taounate, Taza, Guercif) avec 22 incendies touchant 86 ha, puis la région de l’oriental (Oujda, Nador, Jerada, Berkane, Taourirt, Figuig) avec 34 incendies touchant 68 ha.
Selon les autorités, la quasi-totalité des déclenchements des feux de forêts sont dus à l’homme et à ses activités.
L’incendie de la forêt d’Amskroud vient donc alourdir le bilan avec de plus de 960 ha détruits jusqu’à présent. Actuellement, les interventions continuent encore pour maîtriser les feux qui auront des conséquences sur la biodiversité et la zone de pâturage ainsi que sur la conservation des eaux et des sols de la région.
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