Dépénalisation du cannabis: le Maroc sur les pas de l'Uruguay?
L’Uruguay a franchi le pas pour devenir le 1er pays à contrôler la vente du cannabis. Le texte de loi devra être soumis au Sénat avant fin 2013. Mais qu’en est-il du Maroc, premier producteur mondial de résine de cannabis ?
Traçant son propre modèle économique, l’Uruguay se dirige vers une réglementation garantissant à l’Etat le contrôle, la régulation de l’importation, de l’exportation, de la plantation, de la culture, de la récolte, de la production, de l’acquisition, du stockage, de la commercialisation et de la distribution du cannabis et de ses dérivés, selon le projet de loi.
Au Maroc, un collectif naissant prévoit de remettre le dossier sur la table des négociations. Conjointement avec la «coalition marocaine pour l’utilisation du cannabis à des fins médicinales et industrielles», le groupe parlementaire du PAM entend porter son message devant le parlement, comptant sur l’adhésion d’autres formations telles que l’Istiqlal et l’USFP, qui ont dit soutenir cette démarche.
Contacté par Médias 24, Mehdi Bensaïd, député PAM, déclare: «nous tiendrons une journée d’études en accord avec les différents groupes parlementaire, afin d’expliquer les raisons de notre démarche. En effet, nous proposons une limitation de l’usage du cannabis pour, et uniquement, des raisons médicales et industrielles… sans oublier les multiples bénéfices sur le plan économique». L’objectif est aussi de dépénaliser la détention de cannabis, tout en mettant en place des institutions garde-fous, qui protègent les Marocains contre les différentes dérives. Ainsi, la consommation de cannabis serait conditionnée par l’obtention d’une autorisation délivrée par un médecin, et la possession par une instance étatique.
Pour rappel, les derniers chiffres de l’Organe international de contrôle des stupéfiants, montrent que 72% de la quantité de résine de cannabis saisie dans le monde provient du Maroc. Et drainerait, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, quelques 2 milliards de DH annuellement. Selon la même source, les exportations sont, quant à elles, évaluées à 114 milliards de DH par année.
Il est à noter que, légalement, seule la région de Ketama bénéficie d’une autorisation d’exploitation, et ce, conformément à un Dahir qui date du 19e siècle, englobant cinq douars de la région.
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