Ce matin au Maroc
Politique. Les dirigeants de l’Istiqlal se comportent désormais comme s’ils n’étaient plus dans l’attente d’une réponse royale. Le parti a-t-il reçu une fin de non-recevoir à sa demande d’arbitrage ? Lui a-t-il été signifié qu’il n’y aurait aucune intervention dans un différend entre deux partis ? En tous les cas, le parti n’en parle plus et semble engagé sur la voie du retrait du gouvernement. Amazigh , langue officielle : encore une promesse. Abdelilah Benkirane promet que le gouvernement adoptera une approche « participative » pour l’élaboration de la très attendue loi organique officialisant l’amazigh. S'exprimant lors de la séance d'ouverture d'un colloque national organisé par l'Institut royal de la culture amazigh (IRCAM) sur "l'officialisation de l'amazigh dans la Constitution marocaine: quelles stratégies et quelles mesures", M. Benkirane a ajouté que la Constitution 2011 constitue une étape historique dans la consécration de l'amazigh, qui fait partie du patrimoine commun de tous les marocains, en tant que langue officielle du pays.
Il a souligné que l'officialisation de la langue amazighe est le couronnement d'un processus amorcé depuis le discours royal d'Ajdir en octobre 2001 qui apporté une nouvelle vision au sujet de l'identité marocaine, selon l’agence MAP.
L’officialisation de l’amazigh signifie son utilisation dans la vie publique, son intégration dans l’enseignement et sa promotion.
EGYPTE
La présidence rejette l'ultimatum fixé par l'armée. La présidence égyptienne a rejeté mardi matin l'ultimatum de l'armée donnant 48 heures à Mohamed Morsi pour satisfaire les "demandes du peuple" faute de quoi elle imposerait une feuille de route, marquant une escalade dans la crise politique où se trouve plongé le pays le plus peuplé du monde arabe, annonce ce matin une dépêche de l’AFP. La présidence égyptienne annonce qu’elle poursuivra sur le chemin tracé par le président élu et qu’aucun retour en arrière n’est plus possible, l’Egypte désormais un « Etat démocratique, civil et moderne ».
De son côté, l’agence égyptienne de presse annonce la démission du ministre des Affaires étrangères qui rejoint ainsi cinq autres de ses collègues ainsi que plusieurs parlementaires.
L’opposition a appelé à la désobéissance civile totale et à des sit-ins dans les places publiques et devant le palais présidentiel.
Que va-t-il se passer ?Un an après son élection, Mohamed Morsi apparaît totalement isolé. Sa marge de manœuvre est extrêmement limitée. Quelle que soit l’issue du bras-de-fer, c’est la fin d’une étape, celle où les Frères musulmans ont eu carte blanche pour gérer le plus grand pays arabe, en se parant d’un langage politique moderne. Echec de gouvernance, échec politique, échec social, échec économique, échec de leadership.
Le bras-de-fer avec l’opposition est devenu un bras-de-fer avec l’armée. Cette dernière ne mettra pas au premier plan pour se confronter à Morsi mais s’appuiera sur la grogne populaire qui a vu la mobilisation des plus grandes manifs de l’histoire de l’Egypte.
Et après Morsi, quelle alternative ? L’opposition est absolument divisée. Le peuple qui est descendu dans la rue est hétéroclite : salafistes, couches défavorisées, chômeurs, démocrates libéraux, couches moyennes. On a du mal à imaginer quel est l’attelage qui pourrait en sortir.
Quelle que soit l’issue du bras-de-fer, la stabilité n’est pas pour demain.
Sahara. Une délégation marocaine participe, les 2 et 3 juillet à Genève, à la 4ème réunion d'évaluation des mesures de confiances (CBM).
Cette réunion, organisée sous les auspices du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), se tient en présence des délégations du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie et du "polisario", indique lundi un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération.
La réunion vise l'évaluation des deux composantes de ce programme humanitaire, à savoir les visites familiales par voie aérienne et les séminaires apolitiques, sur la base du plan d'action actualisé et agréé en janvier 2012, selon la même source.
Ecoles coraniques. Le siège de l’association de Cheikh Maghraoui à Marrakech a été évacué hier par la force publique, ainsi que les alentours des écoles coraniques relevant de cette association. Cheikh Maghraoui, leader salafiste connu par sa fatwa autorisant le mariage des petites filles de 9 ans, a créé une dizaine d’écoles coraniques ne respectant ni les procédures ni les méthodes ni les contenus du ministère des Habous.
Le ministère des habous a founi hier lundi les premières explications concernant cette affaire. Dans un communiqué, il rappelle à propos des locaux gérés par cette association et dits "Dour Al Koraan", que la décision de fermeture de ces espaces a été prise "conformément à la loi", sachant que "tout enseignement destiné au public et portant sur la religion, tant en ce qui concerne l'apprentissage du Coran que l'enseignement des disciplines théologiques, est régi par la loi relative à l'enseignement originel, abstraction faite de la partie qui en prend la charge ou du lieu où ils sont dispensés".
La même source précise que les gérants de ces lieux objet de fermeture "ont refusé de régulariser leur situation auprès des autorités supervisant l'enseignement originel dans les délais prescrits" et qu'ils "n'ont pas accepté que ces lieux soient soumis, conformément à la loi, à la tutelle de l'autorité en charge de l'enseignement originel et ce, malgré les mises en demeure répétées qu'ils ont reçus depuis l'expiration des délais fixés par l'article 25 de la loi no 13-01 relative à l'enseignement traditionnel". Pour lire le communiqué, cliquer ici.
A méditer. « Je ne crois ni en la nécessité de la révolution, ni en ses bienfaits dans l’absolu. Une révolution advient quand toutes les voies du changement deviennent impossibles, quand toutes les portes se ferment ». Abdelmajid Charfi, penseur tunisien, historien de la pensée islamique. In « Révolution, modernité, Islam ». Sud Editions.
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