Kénitra : Le programme de lutte contre les bidonvilles réalisé à hauteur de 60%
Le taux de réalisation du programme «Villes sans bidonvilles» a atteint près de 60% à Kénitra, qui compte parmi les villes les plus touchées par le phénomène des bidonvilles au Maroc, avec une population concernée de plus de 15.000 ménages, soit 4,3% du programme national (362.000 ménages) et 47% du programme de la région du Gharb-Chrarda-Beni-Hssen (33.039 ménages).
Selon des statistiques publiées par l'inspection régionale du ministère de l'Habitat, de l'urbanisme et de la politique de la ville, le nombre des ménages dans la ville devant bénéficier du programme national «Villes sans bidonvilles» est passé de 13.442 en 2004 à 15. 652 en 2010, soit une augmentation de 16%.
Depuis le lancement de ce programme, 25 projets ont été initiés à Kénitra, dont 16 ont été réalisés totalisant 8349 unités de recasement, 1.147 autres unités achevées en Zone d'Aménagement Progressif (ZAP) et huit projets sont en cours de travaux pour la construction de 3.788 unités.
La réalisation et la programmation de ces projets ont nécessité la mobilisation de 522 ha et un investissement de 2190 millions de DH.
En termes d'exécution du programme, indique l'inspection régionale du ministère, Kénitra a réalisé un taux de près de 60%, soit 9.311 ménages traités sur les 15.652 concernés par le programme, et ce suite à la redynamisation, à partir de 2012, du processus de démolitions et de transferts au niveau d'importants noyaux de bidonvilles, soit environ 1.376 ménages traités durant cette période.
Le programme, indique-t-on de même source, se heurte toutefois à certaines difficultés ayant trait en particulier à l'insuffisance du foncier pour la programmation des ménages issus de l'actualisation du recensement de juin 2010, en plus des difficultés liées au manque d'adhésion des ménages cibles qui refusent, dans certains cas, la démolition de leurs baraques, ou à l'existence des familles composées au sein des baraques recensées.
Pour palier ces contraintes, un scénario d'intervention a été mis en place dans le cadre d'une vision globale du programme, dont le but est d'arrêter un mode opératoire efficient et un planning d'exécution optimal pour l'achèvement de ce programme. Ce scenario, actuellement en cours d'approbation, fixe les nouvelles opportunités foncières à mobiliser pour accueillir le reliquat des ménages dans le cadre d'une approche globale, prônant les principes d'intégration et de mixité urbaine.
Ainsi, les ménages non encore traités, indique l'inspection régionale, vont être pris en charge en partie, au niveau des secteurs en phase finale de résorption (Saknia, Le vallon et Haddada), au niveau des quatre opérations en cours de travaux dans le secteur Ouled Mbarek et au niveau des opérations de recasement en phase d'études dans le cadre de cette vision globale qui, une fois approuvée, arrêtera l'horizon de déclaration de la ville de Kénitra sans bidonvilles.
Initialement, la ville de Kénitra devrait être déclarée sans bidonville en 2007, mais le programme a été retardé d'année en année pour différentes raisons liées notamment à l'augmentation du nombre des familles visées, à leur déménagement, au changement du mode d'intervention en passant de la restructuration au recasement. Ces contraintes ont poussé les responsables à une révision des opérations programmées pour accueillir davantage de candidats et la mobilisation du foncier nécessaire avec les problèmes techniques et urbanistiques y afférents.
En juin 2010, une réunion regroupant des responsables de l'administration territoriale, des collectivités locales, le wali de la région, les gouverneurs des provinces concernées, les président des assemblées urbaines et rurales et les chefs des services extérieurs, s'était tenue à Kénitra pour déterminer les problèmes de blocage et les mesures nécessaires pour déclarer la région sans bidonvilles avant fin 2011.
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