Omar Alaoui ou la politique génération M6
A tout juste vingt ans, Omar Alaoui concilie ses études à Londres et son engagement politique au Maroc. Conseiller national du PAM, il se fait le porte-voix d'une génération en mal d'identification politique.
Entre deux conférences, le jeune R'bati n'est pas homme à faire attendre les journalistes. Il semble avoir déjà tout compris de la communication politique. S'il soigne son image médiatique, ce n'est pas sans un certain naturel qui installe de suite la confiance.
Issu d'une famille habituée aux arcanes du pouvoir, Omar Alaoui porte ses vingt printemps et son patronyme avec une humilité citoyenne. Avant de verser dans la politique, il avait fait ses armes dans le milieu associatif, en créant et dirigeant à Descartes, la branche lycéenne du Mouvement pour tous les Démocrates. Franc monarchiste, villepiniste dans l'âme, il revendique sa marocanité dans son acception patriote, au-delà des clivages ethniques qui émaillent la société : «Je ne suis pas arabe, je ne suis pas berbère ni même andalou : à l'a une d'une jeunesse plurielle, je suis simplement Marocain».
Il veut réconcilier les jeunes et la politique
Et c'est justement cette exception culturelle qui trame son idée de la politique. Selon lui, l'avenir du Maroc repose sur la valorisation d'un système socio-politique unique porté par douze siècles d'histoire et autant jalousé par ses alliés que ses rivaux. Il en appelle à la conscience collective de ses pairs qu'il sait davantage concernés par la chose publique, et se promet de réconcilier les jeunes et la politique.
D'emblée, la tâche ne semble pas aisée; les universités où il s'exprime sont le repaire longtemps assuré d'une gauche radicale et d'un islamisme politisé. Pour autant, Omar Alaoui semble faire la part des choses entre les inimitiés partisanes et l'importance du dialogue national. S'il a trouvé au sein du parti du tracteur la structure idoine, il encourage tous les engagements politiques, pourvu qu'ils s'habillent des couleurs d'un progressisme nécessaire.
En attendant, il porte les oripeaux d'une génération qui n'a pas connu les années de plomb. Son regard sur l'histoire est pudique ; il se veut avant tout visionnaire pour avoir grandi dans le Maroc de Mohammed VI. Conscient des récents bouleversements qui animent la scène politique, Omar Alaoui est à l'image de sa jeunesse : connecté au monde extérieur, nourrissant son influence culturelle triple et allergique à la langue de bois. Il défend l'idée d'une politique nouvelle, en phase avec les attentes des jeunes qui, comme il se plait à le rappeler, composent 66% de la population.
Ces adultes de demain ne seront pas pour autant faciles à convaincre. Leur déterminisme social est dépendant d'un contexte sociopolitique transitoire, lui-même caractérisé par un printemps habilement avorté et des espoirs en suspens. Il semble qu'ils développent une exigence beaucoup plus forte envers leurs représentants que n'auraient pu le faire leurs aînés. Et dans cette conjoncture nouvelle, l'engagement politique se jouera cartes sur table.
Rendez-vous pour les élections de 2016
S'il souhaite rompre avec une conception carriériste de la politique, le jeune PAMiste n'en nourrit pas moins une grande ambition professionnelle: Féru de politique étrangère, il se rêve diplomate et poursuit pour l'heure des études de relations internationales dans la capitale britannique. La question d'un retour au Royaume ne se pose pas pour celui qui n'a jamais eu le sentiment d'être réellement parti.
D'aucuns voient en lui l'étoile montante du Makhzen. En tout cas, l'arène du pouvoir a sans nul doute besoin de nouvelles têtes formées à la néo-politique. L'avenir, Omar Alaoui le considère avec confiance. Il croit en la volonté populaire de faire avancer le pays et s'insurge contre l'autre génération, celle qui appartient désormais à une époque révolue, et qui continue selon lui de creuser le fossé entre jeunes citoyens et politique.
Pour le moment, Omar Alaoui a au moins le mérite de susciter l'envie de s'engager. Rendez-vous est donc pris pour les élections législatives de 2016. Pour trouver son public, il lui faudra s'armer d'une vraie stratégie de communication politique autour d'un programme solide, car un carnet d'adresses fourni ne suffira sans doute pas à convaincre. S'il réussit le pari de bien présenter ses idées novatrices, Omar Alaoui a toutes les chances de réussir. Il paraît qu'en politique, innover c'est toujours trahir.
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