Foire internationale d’Alger : participation symbolique du Maroc
Seules deux entreprises marocaines ont fait le déplacement pour la 46e Foire internationale. Rencontre avec Oléoplant qui croit au potentiel de ce marché.
Les entreprises marocaines ont-elles désespéré du marché algérien ? La 46ème édition de la Foire internationale d’Alger (FIA), qui baisse pavillon aujourd’hui lundi 3 juin, n’a pas du tout attiré le monde marocain de l’entreprise. Seuls deux entreprises étaient représentées, histoire certainement d’entretenir vaille que vaille le rêve incertain mais têtu d’une intégration économique maghrébine qui se fait désirer.
Petite consolation : le Maroc a fait mieux que l’année dernière quand il était représenté par une seule et unique entreprise. Il faut dire que lors de ces deux dernières éditions, le Maroc n’est pas représenté officiellement. Que paraît si lointain le souvenir de la 38ème édition quand le royaume, alors invité d’honneur après une absence à la FIA longue de 14 ans, a envoyé plus d e 100 entreprises exerçant dans divers secteurs !
Les Marocains étaient deux
A la décharge du Maroc, cette année une grande partie des pays arabes, soit 12 sur les 19 que compte le monde arabe, a carrément fait l’impasse sur cette plus grande manifestation économique maghrébine.
Pourtant, cela valait vraiment la peine d’y participer et de tenter de grignoter quelques parts dans un marché vierge et prometteur que se partageaient Français et Chinois, essentiellement. Jugez-en : près de 1000 exposants (406 algériens et 534 étrangers) repartis sur une superficie de 46.000 m2, ont fait étalage de leurs meilleurs produits. Et trouver les deux mousquetaires marocains dans cette forêt d’hommes et de machines qu’est devenu le Palais des expositions Pins Maritime, revient à chercher une aiguille dans une botte de foin !
Oleaplant, l’hirondelle qui fait le printemps ?
L’on a tout de même réussi à dénicher l’un deux : le groupe Oleaplant , un producteur de plants d’olivier et de vigne, qui a trouvé asile dans un pavillon réservé aux Français et aux Italiens. Il a pris ses quartiers dans un petit stand qui ne paie pas de mine, au milieu duquel trône un grand téléviseur plasma et, tout autour, des plants sont exposés. « Réussir vos plantations, c’est notre engagement », annonce une affiche placardée devant le stand.
Le maître des lieux, Mirsad Barguig, responsable commercial du groupe, s’occupe seul des visiteurs du jour qui ont presque épuisé le stock de cartes de visites. «Durant ces trois jours, nous avons reçu beaucoup de monde», s’est félicité ce "connaisseur" de la FIA. «C’est notre deuxième participation à la foire d’Alger. L’année dernière on était seul», confie-t-il.
Son objectif en participant à la FIA ? «C’est une bonne occasion pour faire des affaires», rétorque-t-il. Pourquoi cette persévérance ? Réponse de Mirsad Barguig : «Le marché algérien est prometteur et surtout vierge. L’agriculture algérienne vient de redémarrer, on veut participer à son développement».
Objectif : s'implanter sur le marché algérien
Et son groupe qui est implanté dans trois villes marocaines (Marrakech, Meknès et Agadir) a l’ambition de prendre pied sur le marché algérien. La concurrence que ne manqueraient pas de lui imposer les pépinières algériennes ? Le jeune responsable commerciale n’en est pas du tout effrayé, convaincu qu’il est que les concurrents algériens «ne sont pas très compétitifs et travaillent avec des méthodes anciennes». Son assurance est aussi motivée par sa grande foi dans le savoir-faire de son groupe qui est leader au Maroc et qui a des débouchées en Espagne, au Portugal et en Libye.
En tout cas, Oleaplant est à la recherche d’un partenaire, c'est-à-dire un représentant en Algérie qui écoulera les produits de son groupe.
«Deux prétendants se sont affichés et on a convenu d’un rendez-vous au Maroc. Nous comptons signer une convention avec l’un d’eux», confie Mirsad Barguig qui a fait la promesse de revenir en Algérie à l’occasion d’un salon qui se tiendra l’automne prochain mais aussi lors de la prochaine FIA. La situation n’est finalement pas si désespérée que cela pour voir les entreprises marocaines revenir en force en Algérie.
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