… Et pendant ce temps, le déficit budgétaire explose (21,3 milliards de DH à fin avril)
Le déficit budgétaire continue à se creuser. Pour les quatre premiers mois de l’année, il a atteint 21,3 milliards de DH soit 2,5% du PIB et sans le concours des comptes spéciaux du Trésor ou du transfert de charges communes, il aurait été bien plus élevé. Les politiques se bagarrent, la coalition qui gouverne ne se réunit plus. Les réformes vont attendre…
Selon les chiffres publiés aujourd’hui mardi 21 mai par la Trésorerie générale du royaume, les recettes ordinaires des quatre premiers mois de l’année se sont élevées à 65,2 milliards de DH contre 64,1 milliards de DH à fin avril 2012.
Une légère hausse de 1,6% qui s’explique essentiellement par une amélioration des recettes non fiscales de 95% d’une année sur l’autre, en raison notamment de l’augmentation des recettes de monopoles et de participation. En effet, ces recettes ont été de 3,9 milliards de DH à fin avril 2013 contre 1,4 milliard de DH à fin avril 2012, soit une hausse de 172,2%. Une augmentation qui s’explique par le versement, durant le mois d’avril par l’OCP de 2 milliards de DH et par l’Agence nationale de la conservation foncière de 1 milliards de DH contre 500 millions de DH un an auparavant. En d’autres termes, on recourt à des recettes non récurrentes pour atténuer le déficit.
L’amélioration des recettes ordinaires se justifie également, selon les chiffres de la TGR, par l’augmentation des droits d’enregistrement et de timbre. Cette augmentation qui s’explique notamment par le réaménagement du barème de la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles à partir du 1er janvier 2013, par la réalisation d’une recette de 220 millions de DH au titre des droits d’enregistrement sur les opérations de cession d’actions de certaines sociétés non cotées en Bourse ainsi que par le fait que le relèvement du taux réduit de 3% à 4%, du droit d’enregistrement pour l’acquisition de locaux construits et de terrains à lotir ou à construire et le réaménagement du droit de timbre sur la première immatriculation des véhicules automobiles n’ont été appliqués en 2012 qu’à partir du mois de mai.
Par contre les recettes fiscales ont baissé de 3,7%, à 57,9 milliards de DH. Cette évolution résulte de la baisse des recettes douanières de 3,7% et de la fiscalité domestique de 3,8% notamment en matière d’impôt sur les sociétés IS. S’établissant à 12,8 milliards de DH à fin avril 2013 contre 15,9 milliards de DH un an auparavant, les recettes de l’impôt sur les sociétés sont en baisse de 3,1 MMDH, soit -19,7%. Ce recul résulte en grande partie de la diminution des versements effectués par certains gros contribuables notamment l’OCP (-2,3 milliards de DH), Maroc Télécom, certaines sociétés du secteur financier et certaines cimenteries. Les doits de douane proprement dits ont reculé de 19,3% ou 600 MDH.
Des dépenses en hausse
Les dépenses émises au titre du budget général, elles ont atteint 97,6 milliards de DH à fin avril 2013, en hausse de 8,9% par rapport à leur niveau à fin avril 2012. Cette hausse s’explique par une augmentation de 10,7% des dépenses de fonctionnement et de 35,5% des dépenses d’investissement conjuguée à une baisse de 14,5% des charges de la dette budgétisée.
En effet, les dépenses de fonctionnement ont atteint 68,1 milliards de DH, dont 33,9 milliards de DH ont concerné les traitements et salaires qui enregistrent une hausse de 4,7%. Les dépenses de matériel sont en hausse de 38,7% soit12, 7 milliards de DH contre 9,2 milliards de DH, et les charges communes ont augmenté de 7,7%, 21,5 milliards de DH contre 19,9 milliards de DH. Tandis que les émissions au titre de la compensation ont été de 16,5 milliards de DH, soit le même montant qu’à fin avril 2012.
Ainsi, à fin avril 2013, 52% de ces recettes ont été absorbées par les dépenses de personnel, 25,4% par les dépenses de la compensation et 14,3% par les charges en intérêts de la dette. Alors qu'une partie des dépenses ordinaires émises et la totalité des dépenses d'investissement ont été financées principalement par le recours à l'emprunt, explique la TGR.
Au total, le déficit budgétaire pour les quatre premiers mois de l’année, a atteint 21,3 milliards de DH soit 2,5% du PIB contre 11,2 milliards de DH un an auparavant, soit une hausse de 90%.
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