Financements, intervenants, vision globale, prochaines étapes: les détails du plan solaire

Le complexe Noor à Ouarzazate amorce le véritable démarrage du plan solaire marocain dévoilé en 2009.

Financements, intervenants, vision globale, prochaines étapes: les détails du plan solaire

Le 12 mai 2013 à 15h49

Modifié 27 avril 2021 à 22h17

Le complexe Noor à Ouarzazate amorce le véritable démarrage du plan solaire marocain dévoilé en 2009.

Ouarzazate. La centrale électrique Noor, dont les travaux ont été lancés vendredi 10 mai par le souverain, marque le véritable démarrage du programme solaire marocain et amorce le développement industriel du pays dans ce secteur. Ce programme prévoit, d’ici l’an 2020, l’installation d’une capacité de production d’électricité d’origine solaire d’au moins 2.000 MW de capacité.

Cette première tranche, celle de Noor, porte sur 160 MW, soit la plus grande centrale solaire jamais installée au monde selon la technologie CSP. Le site de Ouarzazate accueillera à terme une capacité de 500 MW, probablement en technologie CSP (centrale solaire thermique) et en technologie PV (photovoltaïque).

La technologie retenue pour cette première phase est celle dite de la « concentration solaire à miroirs paraboliques » (« Parabolic trough »). La conception de la centrale prévoit un dispositif de stockage de chaleur, de 3 heures, pour améliorer son rendement et l’insertion de sa production dans le mix énergétique du pays. Cette possibilité de stocker l’énergie après l’avoir produite a été un élément décisif du choix technologique.

En parallèle au déroulement des travaux, une plateforme de recherche & développement sera créée.

Un engouement mondial, le Maroc en pointe. L’Agence Internationale de l’Energie prévoit de nouveaux investissements dans le solaire pour un montant global de 1.245 milliards de dollars en PV et de 285 milliards de dollars dans le CSP, d’ici 2035.

L’économie verte. Tout commence en 2009 quand le Maroc fait le choix de l’économie verte. Les différents témoignages que nous avons recueillis montrent qu’il s’agit d’un choix effectué par le roi en personne. L’économie verte est, depuis cette date, le secteur qui monte.

L'environnement devient l’un des nouveaux moteurs de croissance. Il n’y aura pas que du solaire mais aussi de l’éolien. Et du développement durable, dans le tourisme, l’habitat, les ressources halieutiques, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la gestion des déchets….

Le projet Noor va promouvoir le tissu industriel en initiant une démarche volontariste par les contractants et MASEN. Les entreprises locales et régionales auront l’opportunité de répondre aux exigences des contractants. Le projet permettra d’améliorer la compétitivité des industries nationales et de développer l’expertise nationale dans les technologies utilisées. Cette expertise pourra être partagée dans la sous-région et dans d’autres régions d’Afrique.

Banque Mondiale. 3,7% du PIB par an, c'est le coût de la dégradation de l'environnement au Maroc, selon une étude de la Banque Mondiale publiée en 2003 (1,2 milliard de dollars à l’époque). L’institution internationale conclut que "la dégradation de l'environnement constitue une menace pour la santé publique et risque de limiter le développement futur du pays".

Réalisé en 2003, le rapport de la Banque mondiale au sujet des coûts de la dégradation de l'environnement au Maroc cite quelques exemples concrets des dégâts provoqués par l'absence d'une politique volontariste de protection de l'environnement:

-une distribution inégale de la croissance oblige les agriculteurs marocains à adopter des pratiques agricoles non durables qui épuisent le sol ;

-les forêts sont surexploitées en raison de l'accès limité des populations rurales au réseau d'électricité, ce qui les force à utiliser le bois pour se chauffer et cuisiner;

-les eaux usées et l'utilisation incontrôlée et intempestive des engrais el autres produits chimiques provoquent une salinité des sols et une pollution des nappes phréatiques.

Le plan solaire. C’est le 2 novembre 2009 que le plan solaire marocain est pour la première fois dévoilé dans ses grandes lignes: 9 milliards de dollars seront investis dans cinq sites pour une capacité de 2.000 MW qui entrera progressivement en activité entre 2016 et 2020.

En 2020, ce sont donc 42% de l’énergie électrique qui seront produits sous forme d’énergie renouvelable (14 % solaire, 14 % éolien, 14 % en hydraulique). Le nucléaire représentera pour sa part 7 % du total à la même date. Le plan solaire marocain prévoit cinq sites pour abriter les installations : Ouarzazate, Foum Al Oued, Boujdour, SebkhatTah et Aïn Béni Mathar.

L'ambition du Maroc dans le solaire ne se limite pas à la production. Elle porte surtout sur la recherche et l'effet d'entraînement industriel dans ce domaine. La stratégie énergétique nationale est désormais entièrement tournée vers les énergies propres et renouvelables, non seulement par souci de maîtriser la facture pétrolière mais aussi parce que la croissance verte, le développement durable et le bien-être de la population sont les nouveaux choix du pays.

Besoins énergétiques.La demande en énergie électrique s’accroît en moyenne de 6% par an au Maroc. En 2009, au moment où la décision de développer le solaire a été prise, les énergies renouvelables représentaient 33% du mix énergétique national, c’est-à-dire de la production locale d’électricité. D’ici 2020, cette part doit être portée à 42%.

Les 5 piliers de la nouvelle stratégie énergétique marocaine sont les suivants :

1.       la sécurité énergétique;

2.       la disponibilité de l’électricité à moindre coût pour tous les ménages et toutes les entreprises;

3.       la gestion de la demande d’électricité ;

4.       la promotion de l’expertise nationale et le développement d’un savoir-faire

technologique, en gros d’une industrie locale ;

5.       la protection environnementale et l’atténuation du changement climatique.

La facture pétrolière nationale devrait être réduite de 40% d’ici 2030.

Financement. Le financement international du projet Noor dépasse les 800 millions d’euros dans cette première phase. Le projet est cofinancé par le Fonds pour les Technologies Propres, la Banque Mondiale, l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Coopération allemande (KFW), la BAD, des banques commerciales et des partenaires privés.

Les travaux préliminaires d’aménagement du site, alimentation en eau, route d’accès et raccordement au réseau électrique, sont financés par Masen qui finance également et supervise l’exploitation, le développement local ainsi que la gestion et le suivi du projet.

Le projet sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) à travers une Société de projet.

ONEE. le Complexe solaire Noor à Ouarzazate qui bénéficiera d'un accompagnement de l'ONEE en matière d'infrastructures.
L'Office procédera ainsi à la réalisation d'ouvrages de raccordement du futur complexe au réseau électrique national (557 millions de dirhams), ainsi qu'à l'approvisionnement du complexe en eau industrielle et potable (202 millions dirhams).
L’éolien. Un ambitieux programme éolien intégré a été lancé en 2010 visant notamment à porter la puissance installée éolienne à 2.000 MW à l'horizon 2020.
Avec plus de 3.500 km de côtes, le Maroc possède un important gisement éolien avec un potentiel de 6.000 MW environ. Ce gisement se caractérise par des vents réguliers à des vitesses suffisantes pour développer des projets viables.
Les principaux acteurs. Dans le cadre d'un appel d'offres international portant sur la conception, le financement, la construction, l'exploitation et la maintenance de cette centrale thermo-solaire, le choix a été porté sur le groupement dont le chef de file est le groupe saoudien International Company for Water and Power (Acwa Power International) et dont les membres opérationnels sont Aries Ingenieria y Sistemas et TSK Electronica y Electricidad .
Dans le même cadre, Masen (The Moroccan Agency for Solar Energy) a contractualisé, avec l'accompagnement de l'Office national de l'eau et de l'électricité (ONEE), le programme d'achat et de fourniture d'électricité avec ledit consortium dans un délai particulièrement court post adjudication, grâce à la qualité du processus de sélection et de l'innovation de la structuration institutionnelle et financière de ce premier projet.
La contractualisation de l'ensemble des dons et prêts, dont le montant s'élève à plus de 800 millions d'euros, ainsi que les garanties d'Etat y afférentes, a été finalisée grâce à la forte mobilisation de multiples bailleurs de fonds.
En outre, l'Etat a de nouveau matérialisé son fort soutien au Plan solaire marocain avec l'attribution d'une enveloppe de 2 milliards de dirhams afin de contribuer aux besoins de financement dudit plan et notamment aux infrastructures électriques relatives à l'évacuation de l'électricité produite.
(Avec MAP et documents BAD, Banque Mondiale et Masen)


 

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