Comment la Banque Mondiale voit le Maroc
Vendredi 12 avril à Rabat, le Mouvement Populaire organisait un débat bienvenu au sujet de la situation économique et financière du pays. Un débat au-delà des clivages.
Grosso modo, Simon Gray, directeur du département Maghreb à la Banque Mondiale, a une vision qui recoupe celle du gouvernement. A moins que cela ne soit l’inverse. En tous les cas, pour lui, l’objectif doit être de placer « le Maroc sur le sentier d’une croissance forte et durable » et, pour cela, « il est nécessaire de continuer sur la voie des réformes ».
Les difficultés économiques et financières « deviendront de plus en plus aigües à l’avenir » ; or, les marges de manœuvres sont réduites, car « le Maroc a bénéficié des marges générées par les réformes passées pour atténuer les chocs des dernières années ».
La Banque mondiale voit deux faiblesses principales qui « mettent en danger la viabilité extérieure et budgétaire » : la faible transformation structurelle de l’économie d’une part ; la poursuite de politiques budgétaires et fiscales qualifiées de « coûteuses » (subventions et exonérations fiscales).
Pour aller dans le détail, le catalogue de réformes suggérées et qui selon l’institution, conditionnent les perspectives macro-économiques à moyen terme, comprend cinq points :
-consolider les finances publiques pour assurer leur viabilité,
-renforcer le potentiel d’exportation et la compétitivité,
-assurer l’efficacité des politiques sectorielles et leur cohérence,
-renforcer la gouvernance et la justice,
-approfondir la décentralisation.
Pour ce qui concerne les trois dossiers chauds, finances publiques, Caisse de compensation et balance des paiements, M. Gray présente une analyse technique et argumentée :
1. Finances publiques. Leur « viabilité », selon l’orateur, dépend des mesures suivantes :
a. La réforme du système de subventions universelles,
b. La réforme du système de rémunération et le plafonnement de la masse salariale,
c. La réforme fiscale et de retraite,
d. L’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques, notamment les investissements.
2. Caisse de compensation :
a. Chaque pays trouve sa propre formule, il n’y a ni recette miracle, ni solution universelle.
b. Parmi les options décidées dans d’autres pays, M. Gray rappelle la possibilité de « cibler les pauvres pour des transferts non-conditionnels limités dans le temps et associés à une baisse progressive et sélective des subventions » ; « développer en parallèle des programmes existants (Ramed et Tayssir) et des programmes nouveaux de transferts monétaires conditionnels pour le renforcement du capital humain ».
3. Balance des paiements : diversifier et dynamiser les exportations, redynamiser le secteur touristique et surtout « tendre vers un régime de change plus flexible ». En d’autres termes, dévaluer.
Dans une lecture purement technique et pour tout dire déshumanisée des chiffres, M. Gray a un raisonnement inattaquable. Il recommande d’investir dans le moyen terme. Seulement, les tensions sociales, les inégalités, les revendications prennent une certaine ampleur et exigent des solutions à court terme. Tout est là, dans l’arbitrage entre le moyen et le court termes.
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