Nadia Lyoussi raconte Agricolair
Nadia Lyoussi, DG d’Agricolair, fait un tour d’horizon de l’entreprise familiale. Elle revient sur l’épopée de la filiale Air Sud, pionnière du transport à la demande au Maroc.
Nadia Lyoussi entre dans le monde de l’aérien dès la fin de ses études en effectuant son service civil à la Royal Air Maroc. Elle rejoint ensuite son père, le colonel Hassan Lyoussi, qui préside Agricolair depuis son rachat en 1972. « Je voulais donner un coup de main et depuis, j’y suis », explique simplement Nadia Lyoussi, qui apprend le métier au contact de ses aînés et prend peu à peu son envol. Et lorsque la direction générale lui est confiée, elle réussit à souder ses équipes et à pérenniser l’activité de son entreprise malgré la conjoncture difficile.
Agricolair, le tracteur volant
« Notre principal client est le ministère de l’Agriculture à travers l’ONSSA, qui représente 80% de notre chiffre d’affaires. Nous travaillons également pour le ministère de l’Intérieur dans la lutte antiacridienne, au Maroc mais aussi à l’étranger.», précise Nadia Lyoussi.
Depuis sa création en 1958, Agricolair est, en effet, spécialisée dans la pulvérisation de produits phytosanitaires, d’engrais et de semences. Avec ses 15 avions et des pilotes spécialisés dans le vol rasant, elle participe à la protection des cultures et à la lutte contre les fléaux. Une activité saisonnière et dépendante de l’année agricole. « Il faut tenir le coup durant les années de vaches maigres et les charges fixes sont lourdes. Or, nous n’avons pas d’exonération de TVA et, bien qu’étant un tracteur volant, ne bénéficions ni d’aides ni de subventions. Heureusement que nous avons également une activité de maintenance d’avions», poursuit la directrice générale.
Air Sud, pionnier du transport à la demande
Parallèlement au travail agricole, la compagnie diversifie son activité à travers le transport à la demande. « Nous avons été les pionniers en créant Air Sud en 1976, qui a commencé par du transport de tourisme sur des monomoteurs. Puis, en 1995, la compagnie est devenue Casa Air Service et nous sommes passés aux biréacteurs pour opérer au niveau national mais également à l’international et pour l’évacuation sanitaire», précise Nadia Lyoussi. Elle conserve d’ailleurs avec fierté les photos de ses clients V.I.P à leur descente d’avion. Robert Redfort, Mike Jagger, Hicham El Guerrouj et même l’actuel PDG de la Royal Air Maroc Driss Benhima.
Puis il y a eu la concurrence et les frais de carburant de plus en plus élevés. « Il faut avoir les reins solides. Le marché est très petit et le point mort est de 30 heures de vol. Mais comme le transport à la demande commence à se démocratiser, nous n’avons pas totalement arrêté l’activité et sommes en discussion avec des partenaires étrangers pour du transport régulier », confie la DG d’Agricolair Maghreb.
Agricolair renforce ses équipes
Malgré les difficultés que traverse le secteur, Nadia Lyoussi garde confiance en l’avenir : « je suis sure que cela ne peut qu’aller de l’avant car les jeunes ont des idées et des solutions nouvelles et j’ai cette envie de passer le flambeau». Elle peut d’ailleurs déjà compter sur ses enfants, tous deux piqués par le virus familial : « Ma fille travaille aujourd’hui dans l’aérien et mon fils est là à son tour pour nous aider ».
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