Un rebond agricole tiré par la production et la croissance du PIB agricole
L’ouverture de la 18ᵉ édition du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) 2026 acte un net redressement de l’agriculture. Portée par un retour des pluies et des indicateurs en forte amélioration, la campagne 2025-2026 s’annonce sous de meilleurs auspices, avec une production céréalière attendue à 90 millions de quintaux et une hausse du PIB agricole estimée à 15%.
La 18ᵉ édition du Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) 2026 s’est ouverte sur une note résolument optimiste, lors de sa conférence inaugurale de haut niveau, placée sous le thème de la durabilité de la production animale et de la souveraineté alimentaire.
Intervenant à cette occasion, le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari, a dressé un état des lieux encourageant de la campagne agricole 2025-2026, marquée par un net redressement après plusieurs années de sécheresse.
Grâce à des précipitations significatives ayant concerné l’ensemble des régions agricoles, la superficie emblavée en céréales a atteint près de 3,9 millions d’hectares. La production céréalière devrait, quant à elle, avoisiner les 90 millions de quintaux, traduisant une amélioration notable des conditions de production.
Au-delà des céréales, les performances des filières arboricoles confirment cette dynamique positive. Les cultures d’olivier, d’agrumes et de dattes enregistrent des résultats jugés remarquables, contribuant à orienter la campagne vers des niveaux globalement satisfaisants. Dans ce contexte, une croissance du produit intérieur brut (PIB) agricole d’environ 15% est attendue par rapport à l’année précédente.
Sur le plan hydrique, les précipitations pluviales et neigeuses ont permis une reconstitution notable des réserves. Les barrages affichent un volume de 13 milliards de mètres cubes, correspondant à un taux de remplissage de 75,7%. Cette amélioration ouvre la voie à une relance progressive de l’agriculture irriguée, avec des capacités suffisantes pour couvrir les besoins des cultures de printemps et d’été.
Dans son intervention, le ministre a également inscrit ces résultats dans le cadre de la stratégie nationale "Génération Green 2020-2030", soulignant que la transformation des systèmes alimentaires et le développement de la production animale constituent des priorités structurantes pour le Royaume.
Le secteur de l’élevage, en particulier, reste un pilier de l’économie agricole. Il représente environ 35% du PIB agricole et génère près de 135 millions de journées de travail par an. Le cheptel national est estimé à près de 33 millions de têtes, permettant une production annuelle d’environ 530.000 tonnes de viandes rouges et près de 2 milliards de litres de lait.
La filière avicole, en forte croissance, assure quant à elle une production de 784.000 tonnes de viandes blanches et près de 6,5 milliards d’œufs, couvrant intégralement les besoins du marché national.
Face aux défis récents, notamment les effets prolongés de la sécheresse et les tensions internationales, le gouvernement a déployé plusieurs mesures de soutien visant à maintenir l’activité agricole et accompagner les professionnels. Dans cette continuité, un programme exceptionnel de reconstitution du cheptel national a été lancé, avec un appui direct aux éleveurs pour l’alimentation animale et la préservation des femelles reproductrices.
La stratégie du ministère s’articule désormais autour de plusieurs axes : renforcement de la production fourragère, amélioration de la santé animale, hausse de la productivité, développement des filières viandes rouges et cameline, modernisation des circuits de commercialisation et renforcement de la formation et de la recherche.
La session inaugurale a été marqué aussi par des interventions du ministre portugais de l'Agriculture et de la Pêche, José Manuel Fernandes, de la ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire de France, Annie Genevard, et du ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières de Côte d'Ivoire, Bruno Nabagne Kone.
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