L’agenda de Sintram, poids lourd du BTP, pour éviter la faillite
En difficulté, Sintram bénéficie d’un plan de continuation sur neuf ans. L’entreprise doit régler l’intégralité de ses dettes selon un échelonnement obligatoire. Ne pas respecter ses engagements, c’est s’exposer de facto à la liquidation judiciaire.
Jours difficiles chez Sintram. Créée dans les années 1980, l'entreprise, l'une des plus importantes sur le marché marocain des BTP, fait face à une dette déclarée de 3,4 milliards de dirhams. Depuis 2021, elle opère sous la protection du tribunal de commerce de Casablanca. Une procédure de redressement couronnée, une année plus tard, par l'adoption d'un plan de continuation.
Fixé en avril 2022, le plan astreint Sintram à régler l'intégralité des créances dans les neuf prochaines années. Avec un échelonnement qui diffère selon les montants en jeu. A titre d'exemple, les dettes inférieures à 100.000 DH doivent être obligatoirement payées la première année du plan. Celles supérieures à 5 MDH doivent l'être vers la neuvième année.
Le plan a été homologué par le tribunal, qui a estimé que la situation de l'entreprise pouvait être redressée. Sintram, qui emploie près de 600 salariés, invoque une trentaine de marchés en cours, d'un montant avoisinant les 5 milliards de dirhams. Le rapport évoque également près de 1 MMDH de marchés concernant des travaux n'ayant pas encore été achevés. Ce sont là les déclarations de l'entreprise, reprises par le syndic dans le rapport assorti à la proposition du plan de continuation.
Les praticiens le savent : le plan de continuation est facilement accordé, mais est tout aussi facilement résiliable. Son maintien dépend de la capacité de l'entreprise à honorer ses engagements. Un faux pas et c'est la "résolution", synonyme de liquidation judiciaire. Les statistiques marocaines ne rassurent pas en ce sens. Sur dix entreprises en redressement, neuf basculent dans l'irrémédiable.
L'Office des changes est le plus gros créancier avec 1,3 MMDH
Dans le cas de Sintram, 600 créanciers sont à l'affût. Parmi les principaux, des entités publiques, des établissements bancaires et de nombreuses sociétés de leasing. Des créanciers "privilégiés" qui totalisent à eux seuls 2,9 MMDH.
Sur le papier et sous réserve de validation par le tribunal, l'Office des changes est le plus gros créancier avec 1,3 MMDH. Comment expliquer une telle somme ? Ce volet mérite en soi un article.
La procédure est gérée par le syndic Samir Tabet. Son mandat consiste aujourd'hui à s'assurer du respect du plan par Sintram. Il doit adresser au juge-commissaire un rapport quadrimestriel dans lequel il décrit la situation de l'entreprise et, surtout, remonter toute violation en lien avec le paiement des créanciers dans les délais impartis.
Sintram est présidée par El Miloud Benhammane, ancien président de la Fédération nationale des bâtiments et travaux publics. Le dossier de son entreprise confirme la situation morose d'un secteur qui subit encore les effets de la période Covid-19. Même si Sintram explique plutôt ses difficultés par des dépenses importantes engagées depuis quatre ans, notamment en équipements acquis en leasing. A cela s'ajoute une créance-client non recouvrée dépassant les 600 MDH.
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