Tourisme: Face à l'Etat, des opérateurs brandissent la menace de licencier

Le Comité de veille économique CVE se réunit ce lundi avec sur la table, entre autres dossiers, ceux du tourisme, des transports, des travailleurs non déclarés et de l'informel, et des auto-entrepreneurs. Voici l'argumentaire des opérateurs du tourisme et des hôteliers.

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Tourisme: Face à l'Etat, des opérateurs brandissent la menace de licencier 500.000 employés du secteur touristique menacés par la crise du coronavirus

Le 22 mars 2020 à 15:16

Modifié le 22 mars 2020 à 18:46

L'impact sur le tourisme et l'hôtellerie est évident. Les hôteliers par exemple, ne reçoivent pratiquement plus aucun client marocain ou étranger et attendent impatiemment l'annonce d'aides publiques directes à leurs salariés. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls.

Le 1er avril sera déterminant

Contactés par Médias24, les présidents de la Confédération nationale du tourisme (CNT) et de la Fédération nationale de l'industrie hôtelière (FNIH) espèrent clairement un véritable soutien financier de l'Etat.

Se voulant positif, Lahcen Zelmat affirme qu’il n’y a pas encore de gros licenciements dans le secteur hôtelier mais que la majorité des employés ont été invités à prendre leurs congés jusqu’à fin mars.

"La question des licenciements se posera avec acuité à partir du 1er avril prochain. D’ici là, il faut qu’on y voie plus clair sachant que pour l’instant, la démarche du gouvernement est plutôt contradictoire.

Toujours aucune aide publique pour les hôtels travaillant à perte

"En effet, le gouvernement est prêt à accorder 2.000 dirhams d’indemnités mensuelles aux futurs licenciés mais rien n’est prévu pour ceux qui continuent de travailler dans des hôtels à zéro chiffre d’affaires.

"On nous dit qu’il faut sauvegarder les emplois mais comment faire quand on n’a plus aucune trésorerie disponible faute de clients? C’est pourquoi nous demandons à l’Etat de prendre en charge une partie des salaires de nos employés comme l’ont fait plusieurs pays européens.

"Certes, l’Etat n’a pas les mêmes ressources financières mais il faut travailler dans le même esprit car entre 100% de salaires pris en charge en France et 50-70% possibles au Maroc, il y a de la marge.

"Sachant cela, nous attendons avec impatience la réunion du comité de veille qui se tiendra lundi 23 mars pour connaître les décisions qui seront prises.

Une crise qui sera plus meurtrière à l’égard des entreprises que des humains

"L’Etat doit vraiment prendre ses responsabilités car en tant qu’hôtelier depuis plus de 40 ans, je n’ai jamais vécu une crise aussi meurtrière à l’égard des entreprises.

" En effet, s’il risque d’y avoir beaucoup de décès, il y aura certainement bien plus de morts sociales avec la vague de licenciements qui s’annonce avec de nombreuses entreprise qui ne survivront pas.

"C’est la semaine prochaine, quand il n’y aura plus aucun touriste étranger et marocain que l’on verra s’ils vont tous se mettre à fermer comme l’ont fait les hôtels en Espagne après la décision de confinement prise par les autorités ibériques", conclut le président des hôteliers marocains.

Des hôtels fermés coûteront plus chers que s’ils restent ouverts

Questionné sur l’aide que doit apporter l’Etat au secteur et aux hôteliers en particulier, le président de la CNT, Abdellatif Kabbaj, "remercie infiniment le comité de veille qui fait son maximum pour aider tous les secteurs d’activité touchés par la crise du coronavirus mais il doit faire un effort pour notre secteur sinistré.

"Il faut aussi saluer la décision des autorités de confiner la population mais nous ne pouvons pas fermer tous les hôtels car même déserts, cela nous coûtera plus cher de les fermer pendant plusieurs mois que de les garder ouverts avec un minimum de personnel qui travaillent en roulement". C'est en tous les cas, ce qu'il affirme.

Des mesures gouvernementales insuffisantes

M. Kabbaj estime que les entreprises du tourisme sont les plus touchées du Maroc.

"Pour l’instant, l’Etat n’a fait que reporter le paiement des crédits et des cotisations de la CNSS et mettre en oeuvre une indemnité de 2.000 DH pour les licenciés déclarés.

"Si nous sommes, aujourd’hui, à zéro client et zéro chiffre d’affaires, nous n’avons cependant pas le droit de licencier, et de jeter notre personnel à la rue.

L’Etat doit prendre en charge 50% des salaires

"Pour éviter ce scénario catastrophe qui mettrait des centaines de milliers de personnes au chômage, nous demandons à l’Etat de prendre en charge 50% de notre masse salariale pour alléger nos charges et pouvoir payer les 50% restants afin de sauvegarder un maximum d’emplois.

"S’il ne le fait pas, nous serons contraint et forcés de liquider notre personnel", prévient Kabbaj.

"J’espère vivement que la prochaine réunion du comité de veille, prévue lundi 23 mars à 8H45, on nous annoncera de bonnes nouvelles sans quoi ça sera la porte ouverte à des licenciements massifs", conclut le président du groupe hôtelier Kenzi en ajoutant que l’indemnité de perte d’emploi ne suffira pas à nourrir les familles de ses employés dont la moyenne salariale selon lui, était de 8.000 dirhams.

S’il est vrai que cette indemnité sera plutôt limitée pour des licenciés habitués à toucher beaucoup plus, il faut rappeler que l’Etat va reporter le remboursement de leur traites mensuelles de crédits personnels (logement ou consommation) qui feront donc une économie de 2.000 à 3.000 dirhams. Et si l'Etat prend en charge 50% des salaires, pourquoi le ferait-il uniquement pour le tourisme? Pourquoi ne pas pas le faire pour touts les secteurs sinistrés?

500.000 employés du secteur touristique menacés par la crise du coronavirus

Tourisme: Face à l'Etat, des opérateurs brandissent la menace de licencier

Le 22 mars 2020 à16:15

Modifié le 22 mars 2020 à 18:46

Le Comité de veille économique CVE se réunit ce lundi avec sur la table, entre autres dossiers, ceux du tourisme, des transports, des travailleurs non déclarés et de l'informel, et des auto-entrepreneurs. Voici l'argumentaire des opérateurs du tourisme et des hôteliers.

L'impact sur le tourisme et l'hôtellerie est évident. Les hôteliers par exemple, ne reçoivent pratiquement plus aucun client marocain ou étranger et attendent impatiemment l'annonce d'aides publiques directes à leurs salariés. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls.

Le 1er avril sera déterminant

Contactés par Médias24, les présidents de la Confédération nationale du tourisme (CNT) et de la Fédération nationale de l'industrie hôtelière (FNIH) espèrent clairement un véritable soutien financier de l'Etat.

Se voulant positif, Lahcen Zelmat affirme qu’il n’y a pas encore de gros licenciements dans le secteur hôtelier mais que la majorité des employés ont été invités à prendre leurs congés jusqu’à fin mars.

"La question des licenciements se posera avec acuité à partir du 1er avril prochain. D’ici là, il faut qu’on y voie plus clair sachant que pour l’instant, la démarche du gouvernement est plutôt contradictoire.

Toujours aucune aide publique pour les hôtels travaillant à perte

"En effet, le gouvernement est prêt à accorder 2.000 dirhams d’indemnités mensuelles aux futurs licenciés mais rien n’est prévu pour ceux qui continuent de travailler dans des hôtels à zéro chiffre d’affaires.

"On nous dit qu’il faut sauvegarder les emplois mais comment faire quand on n’a plus aucune trésorerie disponible faute de clients? C’est pourquoi nous demandons à l’Etat de prendre en charge une partie des salaires de nos employés comme l’ont fait plusieurs pays européens.

"Certes, l’Etat n’a pas les mêmes ressources financières mais il faut travailler dans le même esprit car entre 100% de salaires pris en charge en France et 50-70% possibles au Maroc, il y a de la marge.

"Sachant cela, nous attendons avec impatience la réunion du comité de veille qui se tiendra lundi 23 mars pour connaître les décisions qui seront prises.

Une crise qui sera plus meurtrière à l’égard des entreprises que des humains

"L’Etat doit vraiment prendre ses responsabilités car en tant qu’hôtelier depuis plus de 40 ans, je n’ai jamais vécu une crise aussi meurtrière à l’égard des entreprises.

" En effet, s’il risque d’y avoir beaucoup de décès, il y aura certainement bien plus de morts sociales avec la vague de licenciements qui s’annonce avec de nombreuses entreprise qui ne survivront pas.

"C’est la semaine prochaine, quand il n’y aura plus aucun touriste étranger et marocain que l’on verra s’ils vont tous se mettre à fermer comme l’ont fait les hôtels en Espagne après la décision de confinement prise par les autorités ibériques", conclut le président des hôteliers marocains.

Des hôtels fermés coûteront plus chers que s’ils restent ouverts

Questionné sur l’aide que doit apporter l’Etat au secteur et aux hôteliers en particulier, le président de la CNT, Abdellatif Kabbaj, "remercie infiniment le comité de veille qui fait son maximum pour aider tous les secteurs d’activité touchés par la crise du coronavirus mais il doit faire un effort pour notre secteur sinistré.

"Il faut aussi saluer la décision des autorités de confiner la population mais nous ne pouvons pas fermer tous les hôtels car même déserts, cela nous coûtera plus cher de les fermer pendant plusieurs mois que de les garder ouverts avec un minimum de personnel qui travaillent en roulement". C'est en tous les cas, ce qu'il affirme.

Des mesures gouvernementales insuffisantes

M. Kabbaj estime que les entreprises du tourisme sont les plus touchées du Maroc.

"Pour l’instant, l’Etat n’a fait que reporter le paiement des crédits et des cotisations de la CNSS et mettre en oeuvre une indemnité de 2.000 DH pour les licenciés déclarés.

"Si nous sommes, aujourd’hui, à zéro client et zéro chiffre d’affaires, nous n’avons cependant pas le droit de licencier, et de jeter notre personnel à la rue.

L’Etat doit prendre en charge 50% des salaires

"Pour éviter ce scénario catastrophe qui mettrait des centaines de milliers de personnes au chômage, nous demandons à l’Etat de prendre en charge 50% de notre masse salariale pour alléger nos charges et pouvoir payer les 50% restants afin de sauvegarder un maximum d’emplois.

"S’il ne le fait pas, nous serons contraint et forcés de liquider notre personnel", prévient Kabbaj.

"J’espère vivement que la prochaine réunion du comité de veille, prévue lundi 23 mars à 8H45, on nous annoncera de bonnes nouvelles sans quoi ça sera la porte ouverte à des licenciements massifs", conclut le président du groupe hôtelier Kenzi en ajoutant que l’indemnité de perte d’emploi ne suffira pas à nourrir les familles de ses employés dont la moyenne salariale selon lui, était de 8.000 dirhams.

S’il est vrai que cette indemnité sera plutôt limitée pour des licenciés habitués à toucher beaucoup plus, il faut rappeler que l’Etat va reporter le remboursement de leur traites mensuelles de crédits personnels (logement ou consommation) qui feront donc une économie de 2.000 à 3.000 dirhams. Et si l'Etat prend en charge 50% des salaires, pourquoi le ferait-il uniquement pour le tourisme? Pourquoi ne pas pas le faire pour touts les secteurs sinistrés?

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