Un sondage VQ-Médias24: Les Casablancais semblent résilients face à la crise sanitaire
Les pics atteints par la Covid-19 dans la ville les inquiètent fortement. Mais cela ne les empêche pas d’envisager l’avenir avec un certain optimisme. Sondage de "VQ" - Médias24.
Ce sondage a été réalisé par le bureau d’études VQ, créé par Jelel Sakhri, très connu dans le secteur des études et de la recherche marketing au Maroc malgré sa discrétion. Les réponses ont été recueillies par téléphone.
Voici d’ailleurs sa lecture très synthétique des conclusions de ce sondage :
“La tendance générale est à l’inquiétude chez les Casablancais. Pour des raisons sanitaires bien sûr, mais surtout pour la gestion de cette crise, jugée non maîtrisée.
“Cette inquiétude est davantage relevée auprès des personnes à pouvoir d'achat élevé (csp AB).
“Les plus défavorisés sont paradoxalement davantage optimistes ! Ils subissent bien entendu, mais le supportent sans doute davantage et sont plus confiants. La pandémie leur fait plus peur que le risque économique. La précarité ne leur est pas inconnue. lls ont l’habitude de vivre au jour le jour. Le virus, lui, est perçu comme une menace.
“De manière globale, l'analyse transversale des scores laisse à penser que la peur du risque sanitaire l’emporte sur tout le reste. Les Casablancais sondés sont plutôt en général patients et confiants, même si un confinement à l'image de celui du printemps leur paraît inenvisageable.
“Une autre particularité est à relever auprès des plus jeunes des sondés : ils ont davantage peur que leurs aînés. Trop conscients ? Trop raisonnables même ! C’est une génération qui sait que son avenir est incertain et que la précarité économique peut faire partie de leur vie“.
Pour 40% à 45%, la situation économique et personnelle va s'améliorer après la crise
Lorsqu’on leur demande de se projeter dans l’avenir, les Casablancais sont généralement optimistes (86,5%). D’ailleurs, 40% à 45% pensent que leur situation personnelle et la situation économique vont s’améliorer après l’épidémie. Au pire (18,5% à 34,5%), elles seront stabilisées.
Mais quand et comment sortirons-nous de cette situation de crise sanitaire ?
71% prévoient une sortie du tunnel au plus tard en juin 2021. Seuls 29% prévoient une année ou plus. Et 20,5% se déclarent résolus à ne pas se faire vacciner.
Et le vaccin ? Son avènement marquera-t-il la fin de la crise ? Oui pour la moitié des sondés. Non, pour l’autre moitié qui estime qu’on devra vivre avec. Seul un sondé sur deux est déjà convaincu de se faire vacciner. 13% n’ont pas encore d’opinion sur cette question.
Pour 64,5% des sondés, la crise sanitaire locale va baisser ou se stabiliser. Seuls 35,5% prévoient son aggravation. Seuls deux Casablancais sur 5 (39%) font d’ailleurs confiance au gouvernement dans la gestion de cette crise
Pour 63%, la situation sanitaire à Casablanca n'est pas maîtrisée
9 Casablancais sur 10 (92% des sondés) sont d’ailleurs inquiets. Ils jugent la situation sanitaire “mauvaise“. 70% sont “très“ inquiets. 86,5% d’entre eux jugent, à raison, que la situation sanitaire est “pire“ que dans les autres villes. La situation sanitaire à Casablanca n’est pas maîtrisée (63% des réponses).
Et voici pourquoi nous en sommes arrivés à cette situation (plusieurs réponses possibles par sondé):
-Les habitants sont indisciplinés et ne respectent pas les gestes barrières (69,5%).
-Les autorités ne contrôlent pas suffisamment, laissent faire (42%), d’ailleurs, elles ont toujours délaissé cette ville (12,5%) où il y a plus de pauvreté (9,5%).
-La ville est grande, très peuplée (48,5%), elle a plus d’activités que les autres (19,5%), elle a plus de visiteurs extérieurs (8%).
Et les mesures restrictives actuelles, comment sont-elles évaluées ?
Près de 9 sondés sur 10 (87,5%) les trouvent insuffisantes face à la crise sanitaire : insuffisantes car non appliquées (46,5%) ou insuffisantes tout court (41%).
40,5% accepteraient le reconfinement
Alors, un reconfinement est-il envisageable ? Quels en seraient les effets possibles ?
-les Casablancais patienteront, se feront une raison (40,5% des réponses).
-mais souffriraient sur le plan économique (30%) et/ou psychologique (29,5%).
Dans l’esprit de notre panel, le risque sanitaire ET le risque économique sont jugés inquiétants. Seule une personne sur 5 s’inquiète d’abord du risque sanitaire ; et 8% du risque économique.
En plus des autorités locales, le gouvernement en prend pour son grade : 3 sondés sur 5 (61%) ne lui font pas confiance dans la gestion de cette crise.
Notons que pour la scolarité, 71% des personnes interrogées préfèrent le présentiel.
88% des sondés estiment que la crise les a changés
Cette pandémie et ses conséquences ont créé une situation inédite dans l’histoire. Devant la crise, l’introspection et l’inquiétude nous ont tous conduits à relativiser les situations et réviser les échelles de priorités. L’humanité en sortira probablement différente, si elle n’a pas la mémoire trop courte.
Et à Casablanca ? 9 sondés sur 10 (88%) “ont le sentiment d’avoir changé“. Cette proportion est plus élevée chez les femmes ainsi que les 18-24 ans et les 35-44 ans. On se sent plus proche des autres ; on prend soin de ses proches plus que par le passé ; on profite mieux de la vie ; on fait attention à ses dépenses ; on épargne davantage ; on fait preuve davantage de civisme ; on suit davantage l’actualité marocaine.
LA FICHE TECHNIQUE DE VQ
Sondage VQ pour Médias24 réalisé par téléphone entre le 1er et le 3 octobre 2020, auprès de 306 personnes de 18 ans et plus, de la province de Casablanca.
Echantillon construit par la méthode des quotas. Composé de femmes et d’hommes, de toutes les catégories socioprofessionnelles (csp).
L’échantillon de 306 personnes, au seuil de confiance de 95 %, permet d’obtenir un intervalle de confiance de ± 5.6%.
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