Rareté des profils IT au Maroc: l'Apebi et l'Anapec se mobilisent
L’Apebi et l’Anapec ont récemment signé une convention pour faire face à la rareté des profils IT au Maroc. Deux solutions retenues : recruter des étrangers et former plus de compétences marocaines.
Le Maroc produit 8.000 profils IT par an. 600 d'entre eux quittent le pays chaque année. Selon les grands opérateurs IT au Maroc, 3 entreprises étrangères viennent tous les 15 jours pour recruter une dizaine d’ingénieurs marocains.
Cette fuite des ingénieurs conjuguée à la forte demande de profils IT au Maroc en pleine période de transformation digitale peut conduire à la baisse de la compétitivité des entreprises au niveau local et à l'effritement de l’attractivité du Maroc en tant que destination d'investissement.
Dans ce contexte, l’Anapec (Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences) et l’Apebi (Fédération marocaine des technologies de l'information de télécommunication et de l'offshoring) se sont unies pour trouver des solutions. Deux axes ont été retenus : la facilitation du recrutement des compétences étrangères et la formation de plus de profils marocains.
En effet, l'Anapec a décidé d'accorder des mesures de flexibilisation au marché IT, suite à une demande formulée par l'Apebi, pour l’intégration des compétences étrangères, qui disposent d’un bac+5 en informatique, lorsqu’il y a un manque de compétences marocaines.
Cette mesure est régie par un cadre légal qui répond au besoin du Maroc en compétences étrangères nécessaires au développement de son économie, mais qui protège en parallèle la main-d’oeuvre marocaine contre toute concurrence que pourrait lui opposer la main-d’œuvre étrangère, à qualifications professionnelles égales.
Pour le recrutement des compétences étrangères, un processus bien déterminé doit être suivi sur le site Taechir.travail.gov.ma pour l'obtention de l'attestation d’activité de l'Anapec et le visa du ministère du Travail.
Deuxième axe: renforcer les capacités d’emploi du marché marocain à travers la formation, avec le lancement du certificat de qualification professionnelle (CQP) de développeur en nouvelles technologies.
L’Anapec s’engage à chercher et sélectionner les candidats, à financer des actions de formation (formation des formateurs, reconversion des développeurs...) et à suivre l'insertion professionnelle des bénéficiaires. L'Anapec supportera un coût de 40 DH par heure et par personne dans la limite de 24.000 DH par personne, payable à hauteur de 80% pendant la formation et 20% à l'insertion des bénéficiaires.
De son côté, l’Apebi se chargera de valider les programmes des formateurs, tuteurs et stagiaires, de certifier les centres de formation et leurs formateurs et de délivrer le certificat de qualification professionnelle aux candidats.
Le CQP développeur en nouvelles technologies
Ce certificat permet aux fédérations professionnelles, ayant des métiers sous tension, de produire des compétences pour répondre à leur marché. Il permet également d’apporter une réponse immédiate aux besoins identifiés au sein des entreprises.
Cette certification est dédiée aux jeunes issus du système scolaire universitaire Bac+3 diplômés des filières scientifiques et les demandeurs d'emploi inscrits à l'Anapec.
Notons qu’au Maroc, 2.000 diplômés BAC+3 scientifiques sont disponibles immédiatement, selon un recensement de l’Anapec.
Le CQP est un parcours de 9 mois en alternance entreprise/formation présentielle et distancielle (6 mois en formation + 3 mois en entreprise). Il comprendra 5 unités : Systèmes d'information et langages ; méthodes, techniques et normes ; Développement spécifique et projet ; services (assistance, sécurité des SI, maintenance...) ; connaissances transverses (veille technologique, droit informatique...).
Cette certification sera disponible dans 12 régions au Maroc, dont 5 prioritaires pour un démarrage rapide (Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Sous Massa, Fès-Meknès et au Nord).
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